Wifi, RFID, téléphonie mobile : les ondes qui font peur

Le déploiement d’équipements émetteurs de champs électro-magnétiques se multiplient et… le doute subsiste. 85 % des lecteurs du MagIT estiment que les précautions nécessaires n'ont pas été prises. Et rien dans l’attitude des pouvoirs publics n’est là pour les rassurer. Jusqu’au cafouillage dans la publication des études censées nous éclairer.

Les champs électro-magnétiques sont ils dangereux ? Rien n’est encore prouvé mais la multiplication des technologies sans fil – Wifi, RFID, téléphonie mobile – inquiète. Mi septembre, une passe d’arme importante a opposée la Ville de Paris aux syndicats représentants les salariés de l’Hôtel de ville à propos du déploiement de bornes Wifi dans les lieux publics. La mairie est passée outre la requête des salariés pour finalement rouvrir l’accès dans quatre bibliothèques où un conflit important avait débouché sur un moratoire, l’étude sanitaire ayant conclu à « des niveaux de 80 à 400 fois inférieurs au seuil réglementaire ».

Mais la méfiance dépasse largement un conflit local. Dans son dernier sondage, LeMagIT a interrogé ses visiteurs sur le niveau des précautions prises en matière de santé publique avec ces technologies. Le résultat est sans appel : près de 85 % des internautes (135 votants) considèrent que toutes les précautions n’ont pas été prises. Le fossé se creuse donc entre des politiques qui estiment respecter le cadre légal et faire le maximum pour protéger les citoyens et ces derniers, qui pensent au contraire que le principe de précaution n’est pas suffisamment appliqué. Alors même que les déploiements se multiplient.

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Surtout que la transparence n’est pas de mise. Pour les mobiles – le problème jusqu’alors le plus médiatisé – une étude fait foi : Interphone. Lancée en 2000, elle réunit treize pays et porte sur 14 000 personnes. De quoi tirer quelques conclusions. Les résultats tardent cependant à être publiés. Plusieurs fois reportée, cette publication devait intervenir en septembre. Et rien ne vient sans qu’aucune raison à ce délai ne soit communiquée.

L'UE avance, sans se poser de questions

De quoi entretenir la psychose jusque dans des cercles souvent favorables au développement technologique. Le très sérieux The Economist revient sur l’embroglio Interphone dans un article titré « la folie mobile » et très clairement orienté sur les supputations autour des risques de cancer que feraient naître ces technologies. En France, Le Monde vient de consacrer un article au sujet, et notamment aux craintes de scientifiques américains.

En Europe, le questionnement sur les conséquences des ondes sur la santé ne freine pas les déploiements, ni la volonté politique. La mairie de Paris a bien prévu une consultation et un large débat dont les tenants et aboutissants devraient être connus au printemps 2009, mais sans juger utile de proposer un moratoire sur les déploiements. Au niveau de la commission européenne, même absence de prise en compte de la dimension sanitaire. Ces jours ci, Viviane Reding – commissaire européen en charge de la société de l’information – lance bien une consultation sur l’Internet des objets, dont RFID est l’une des pierres angulaires. Mais rien sur la santé. Il s’agira pour les intervenants de donner leur avis sur les architectures, les infrastructures, la sécurité des données, les applications émergentes, les standards ou encore la régulation. A quand les premiers doutes officiels ou du moins une prise en compte de l’anxiété manifeste des citoyens face à la multiplication des ondes ?

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