Santé : Roselyne Bachelot tente de ranimer le DMP

Réapparition d’un fantôme de l’informatique de santé : le dossier médical personnel. Après des années d’atermoiements de reports en rapports, Roselyne Bachelot exhume le DMP pour mieux le dénaturer. De pierre angulaire du système de santé et d’assurance, il devient... une option, au choix du patient. Reste maintenant à le déployer.

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Le DMP de nouveau sur les rails ? C’est ce que semble indiquer la ministre de la Santé Roselyne Bachelot qui a confirmé que le « dossier médical personnel » (DMP) verrait bien le jour d’ici 2012. Avec une nuance de taille par rapport au projet initial : il deviendra de fait facultatif. Le principe de la sanction financière en cas de non ouverture, contenu dans le projet initial mis en place en son temps par Philippe Douste-Blazy, est aboli. Roselyne Bachelot souhaite visiblement lever les critiques en provenance de ceux qui craignaient pour la protection des données personnelles. La ministre estime désormais que l’accès au service doit relever « d’un libre choix ».

Pris de vitesse par les hôpitaux

Elément clé de l’optimisation des soins – notamment hospitaliers – mais également de la réforme de l’assurance maladie – avec la promesse d'une gestion plus efficace –, le DMP devient donc un simple outil optionnel à la disposition du patient. Loin du projet ambitieux censé faire économiser chaque année des milliards aux organismes de sécurité sociale. Ue façon également pour le pouvoir politique de se sortir d'un dossier qui a viré au bourbier.

D'autant que les résistances et nombreux reports l’ont rendu obsolète en l’état. Différentes études récentes montrent que, finalement, plutôt qu’un dossier national, il vaudrait mieux mettre en place un référentiel général susceptible d’harmoniser des pratiques qui seraient déjà en place ou en passe de l’être. Au niveau hospitalier par exemple, les choses se sont organisées avec certes un peu de retard, mais elles progressent rapidement. Dans son rapport 2007, le groupement pour la modernisation du système d’information hospitalier estimait que le dossier du patient (données médicales, données de soins et données d’identification) était « en cours d’automatisation puisque seulement 35,8 % des établissements déclarent l’avoir réalisée de manière complète pour le dossier médical et 17,3 % pour le dossier de soins ».

Markess - cabinet d’étude ayant récemment produit un rapport sur l’informatique de santé - confirme cette tendance affirmant que « des initiatives ont pris forme au sein des établissements interrogés et signent ainsi le dynamisme de ces structures, au détriment du DMP national dont la mise en œuvre est actuellement en cours de redéfinition. » Bref, le DMP a un train de retard au bas mot.

Occuper partiellement le terrain dès 2009

Même si Roselyne Bachelot semble vouloir accélérer le mouvement, en promettant pour 2009 le déploiement d’une version appelée « socle » sur tout le territoire, il s’agira juste de prendre le train en route et de tenter d’imposer sa norme avant un projet finalisé en 2011 ou 2012. Une tentative de sauvetage qui apparaît vaine dans la mesure où le rapport Gagneux, sur lequel s’appuie Roselyne Bachelot, juge "difficile d'envisager un fonctionnement généralisé et partout efficace du DMP avant une dizaine d'années". D'ici là, le pouvoir politique aura le loisir d'imaginer d'autres pirouettes.

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