Ascannio - stock.adobe.com
OpenAI annonce une levée de fonds de 110 milliards de dollars auprès d’Amazon, Nvidia et Softbank
Amazon à lui seul prévoit d’investir 50 milliards de dollars dans la société dirigée par Sam Altman. Il gagne ainsi l’exclusivité d’OpenAI Frontier et coentraînera, entre autres, des modèles d’IA infusés dans sa plateforme d’e-commerce. OpenAI sécurise ses finances et une forme d’indépendance envers Microsoft et Nvidia.
Le ciel s’éclaircit pour OpenAI. En janvier 2026, Bloomberg révélait que la « startup » était en discussion pour lever 50 milliards de dollars. Des échanges avec des fonds émiratis étaient en cours. En février 2026, CNBC évoquait non plus 50, mais 100 milliards de dollars pour une valorisation estimée à 830 milliards.
OpenAI annonce finalement collecter 110 milliards de dollars auprès d’« usual suspects » pour une valorisation de 730 milliards de dollars « pre-money », c’est-à-dire avant l’obtention de fonds. Le jeune groupe en valait 500 milliards en octobre. L’OpenAI Foundation, elle, est désormais valorisée 180 milliards de dollars. Pas de banqueroute, donc (et OpenAI a emporté une première bataille judiciaire face à Elon Musk).
75 milliards de dollars supplémentaires déjà sécurisés
Les principaux investisseurs sont le Japonais Softbank qui y injecte 30 milliards de dollars supplémentaires, Nvidia (30 milliards également) et Amazon, lui, promet 50 milliards de dollars. L’entreprise fondée par Jeff Bezos investit d’abord 15 milliards de dollars. Elle lui confiera 35 milliards supplémentaires dans les mois à venir, « lorsque certaines conditions seront atteintes », sans préciser lesquelles. Le groupe japonais Softbank est clair, net et précis. Il indique à ses partenaires financiers qu’il versera ses 30 milliards en trois fois : le 1er avril, le 1er juillet et le 1er octobre 2026.
Cette collecte n’est pas terminée. « D’autres investisseurs financiers devraient se joindre à ce tour de table au fur et à mesure de son déroulement », indique OpenAI, dans un communiqué. Le montant de 110 milliards représente sans doute la levée la plus importante à ce jour pour une entreprise non cotée en bourse. Un record que l’entreprise détenait déjà.
Pour mémoire, Softbank avait participé à la réunion de 40 milliards de dollars pour l’entreprise dirigée par Sam Altman. La banque japonaise a elle-même déjà fourni 34,6 milliards de dollars à OpenAI. Elle totalisera une participation de 64,6 milliards de dollars, l’équivalent de 13 % de ses parts.
Nvidia, le moins clair des trois
En septembre, Nvidia avait annoncé préparer un investissement de 100 milliards de dollars en faveur d’OpenAI, avant que Jensen Huang explique que l’entreprise ne tiendrait pas totalement cet engagement. Il faut dire que ses tenants et aboutissants semblaient particulièrement flous. Selon Reuters, CNBC et le Financial Times, l’opération financière de 30 milliards est à distinguer de la précédente annonce.
Dans le cadre de la levée annoncée ce jour, OpenAI « prolonge » son partenariat avec Nvidia. Il utilisera l’équivalent de 3 Gigawatts de puissance de calcul dédiés à l’inférence. Deux gigawatts de systèmes Vera Rubin (et non 10 GW, comme promis) seront utilisés pour l’entraînement. Le fournisseur assure que ce sont là de nouvelles capacités de calcul. « Cela s’ajoute aux systèmes Hopper et Blackwell déjà en service chez Microsoft, OCI [Oracle Cloud Infrastructure, N.D.L.R] et CoreWeave [Neocloud populaire chez les acteurs de l’IA, N.D.L.R] », assure OpenAI.
OpenAI se rapproche d’Amazon pour moins dépendre de Nvidia et de Microsoft
Avec AWS, le fournisseur diversifie ses engagements. OpenAI accédera à l’équivalent de 2 GW de capacités de calcul sous la forme de puces Trainium 3 et 4. « Trainium 4, dont la livraison est prévue pour 2027, offrira un gain de performances supplémentaire significatif, notamment des performances de calcul FP4 nettement supérieures, une bande passante mémoire étendue et une capacité mémoire accrue afin de prendre en charge des systèmes d’IA de plus en plus performants à grande échelle », affirme la startup.
Cette puissance de calcul servira à exécuter des « charges de travail avancées », la plateforme agentique Frontier, qui cible les entreprises, et le « Stateful Runtime Environment ». Dans le cadre de ce partenariat pluriannuel, AWS sera l’hébergeur « exclusif » d’OpenAI Frontier.
« Les deux fournisseurs anticipent une demande significative, ce qui explique l’expansion de la capacité d’exécution avec les engagements Trainium », comprend Holger Mueller, analyste chez Constellation Research.
Cet espace d’exécution réservé aux agents IA sera intégré à Amazon Bedrock, mais s’appuiera sur des technologies fournies par OpenAI. Comme son nom l’indique, il s’agit de passer d’API stateless à un environnement qui stocke les états, les invocations d’outils et les erreurs, puis les gère. Une liste d’attente est ouverte, sans date de disponibilité.
« Cet environnement stateful est nécessaire dans le domaine de la programmation assisté par IA et créera une forte adhérence pour AWS », poursuit Holger Mueller. « Le seul inconvénient est que certains développeurs souhaitent en bénéficier avec l’autre partenaire d’Amazon : Anthropic », nuance-t-il. « L’on peut s’attendre à un accord similaire avec [le fournisseur de Claude] dans un avenir proche ».
En outre, Amazon et OpenAI co-entraîneront des modèles de langage pour « alimenter les applications exposées aux clients d’Amazon », affirme Matt Garman, CEO d’AWS, dans un billet sur LinkedIn. Les 50 milliards de dollars que le géant du e-commerce et du cloud promet de confier à OpenAI seraient « un signal fort de [son] engagement à long terme », ajoute-t-il. En novembre dernier, OpenAI avait annoncé un partenariat « stratégique » avec AWS en signant un contrat d’une valeur de 38 milliards de dollars. La facture grimpe à 100 milliards de dollars pour huit ans.
Cela n’annule pas les précédents accords avec Microsoft. La firme de Redmond s’est assuré plusieurs garanties avant de lâcher la bride à OpenAI. Entre autres, le géant du cloud s’est réservé l’exclusivité temporaire des modèles accessibles par API. OpenAI a signé un accord cloud à 250 milliards de dollars et Microsoft récupère 20 % de son chiffre d’affaires jusqu’en 2032.
Quatre ans pour devenir un (très) grand
Pour rappel, la société cofondée par Sam Altman a promis d’investir 1 400 milliards de dollars dans la construction de datacenters.
OpenAI revendique 900 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires de ChatGPT, dont 50 millions d’abonnés payants, soit 5,56 % de ce volume total (si l’on considère que les abonnés utilisent l’application toutes les semaines). « La dynamique des abonnements s’est considérablement accélérée en début d’année, les mois de janvier et février étant en passe de devenir les mois les plus importants de notre histoire en termes de nouveaux abonnés », affirme OpenAI.
Du côté des entreprises et des organisations, petites et grandes, le fournisseur de LLM revendique 9 millions de clients. Codex, le concurrent de Claude Code, serait utilisé par 1,6 million de personnes, trois fois plus qu’en début d’année. OpenAI prétend pouvoir réaliser un chiffre d’affaires de 20 milliards de dollars en 2026. CNBC cite un informateur anonyme qui révèle que la société prévoit d’engranger 280 milliards de dollars en 2030. Dans un même temps, elle pourrait dépenser 218 milliards de dollars entre 2026 et 2029, soit 111 milliards de plus que prévu, selon The Information.
En face, Anthropic qui vient d’annoncer une levée de 30 milliards de dollars, prévoit de réaliser un CA de 14 milliards de dollars et affirme que 80 % de son chiffre d’affaires provient de la vente de volumes de tokens et de solutions aux entreprises. Claude Code, à lui seul, aurait rapporté 2,5 milliards de dollars en six mois. Google, avec ses modèles et ses applications Gemini, gagne du terrain à la fois chez les entreprises et les particuliers.
