Services : les spécialistes du décisionnel confiants... au moins à court terme

La concentration du marché du décisionnel, avec presque tous les spécialistes passés aux mains de plus gros poissons, ne perturbe pas les intégrateurs spécialisés. C'est en tout cas le discours rassurant que tiennent Micropole Univers, qui vient d'annoncer ses résultats pour 2007, et Business & Decision.

BO dans les mains de SAP, Cognos happé par IBM, Hyperion croqué par l'insatiable Oracle. En quelques mois, trois grands éditeurs spécialistes du décisionnel sont passés entre les mains de gros poissons, couvrant un spectre de fonctionnalités plus étendu. Un mouvement qui pose question pour les sociétés de services spécialisées dans le décisionnel, notamment les deux Français Micropole Univers et Business & Decision. Avec, à terme, le risque de voir les "deals" chez les grands comptes dépasser le seul volet décisionnel. Ce qui aurait pour conséquence probable de faire de ces spécialistes au mieux des sous-traitants pour des mastodontes du service capables de se positionner sur des dossiers plus globaux.

"Au contraire, le rachat de BO par SAP est pour nous une fantastique opportunité", plaide le Pdg de Micropole Univers, Christian Poyau, qui affirme être le seul intégrateur en France à disposer de compétences sur l'ensemble des gammes SAP-BO (dont Cartesis, ASG et OutlookSoft). "On a aujourd'hui une marche d'avance sur nos concurrents. Notre stratégie consiste à accompagner SAP ou à nous encapsuler sur des projets plus gros". La SSII, qui vient d'annoncer ses résultats annuels (CA de 78,5 millions d'euros en hausse de 13 %, résultat net de 1,7 million), assure par exemple des formations en Russie pour accompagner l'éditeur allemand et a fait d'un rachat outre Rhin l'une de ses priorités.

Des projets plus gros... qu'il faut accompagner

Selon Christian Poyau, la SSII hexagonale, qui réalise 60 % de son activité à Paris, est bien identifiée par SAP, l'état-major de Micropole Univers ayant été récemment reçu à Walldorf, le siège de l'éditeur, par le patron européen du géant allemand. Il n'empêche : la SSII, dont plus de la moitié de l'activité dépend du décisionnel, a lancé en 2007 une activité autour des PGI (SAP et Qualiac) et des offres verticales dédiées au marché de la santé. Une façon d'assurer ses arrières si, dans deux ou trois ans, le marché se révélait moins favorable pour un spécialiste du sujet une fois que les grandes SSII auront structuré leurs offres sur le sujet.

L'optimisme est partagé par Business & Decision. Jean-Michel Franco, directeur des solutions de cet intégrateur réalisant 62 % de son activité dans le décisionnel, estime que la fusion SAP-BO notamment a même rendu les spécialistes plus crédibles. "Les entreprises sont engagées dans une démarche de consolidation de leurs propres outils et de rationalisation de leurs déploiements. L'idée de recourir à un spécialiste pour ces sujets reste d'actualité, mais nous devons être capable de mener des projets internationaux, de proposer des prestations comme la TMA et d'avoir une option de délocalisation en offshore." Selon Jean-Michel Franco, sur certains projets, cette délocalisation a atteint les 10 % du volume total. "Et le potentiel est plus important", souligne-t-il. Sont concernées les mises à jour de produits, les tests, le développement de tableaux de bord... L'option offshore est par contre écartée chez Micropole Univers.

Le 31 mars, Business & Decision a annoncé un chiffre d'affaires 2007 de 202 millions d'euros, en progression de 43 % (24 % seulement à périmètre constant). Le résultat s'est lui replié, passant de 9,2 millions en 2006 à 6,9. En cause : l'intégration plus difficile que prévu de l'Américain Inforte. Business & Decision est aujourd'hui plus tournée vers l'international (48 % de son CA) que son concurrent Micropole Univers (22 %).

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