Bouygues Telecom s’en prend à Free devant le parlement

Quelques mois après le lancement explosif de l’offre mobile Free l’affrontement entre les opérateurs sur le marché français vient de prendre un tour nouveau.

Quelques mois après le lancement explosif de l’offre mobile Free l’affrontement entre les opérateurs sur le marché français vient de prendre un tour nouveau. Et la fronde des concurrents est tout d’abord le fait du n°3 du marché – cible directe donc du dernier entrant : Bouygues Telecom. Quelques jours après avoir annoncé la suppression de 556 postes directement imputés à l’arrivée de Free, Martin Bouygues – patron de la maison mère de l’opérateur – en appelle aux parlementaires. Fort de l’orientation « Emploi » du nouveau gouvernement il s’est fendu d’une lettre de 7 pages envoyées aux députés et sénateurs pour dénoncer le contrat d’itinérance passé – sous contrôle de l’Arcep – entre Free et Orange. Selon le texte : « la principale explication du déséquilibre actuel du marché mobile réside dans le fait que le quatrième entrant est le premier et le seul opérateur en France à bénéficier, grâce au contrat d'itinérance 3G qui le lie à Orange, de la possibilité de n'investir dans son réseau mobile que là où il est sûr que c'est rentable. Cet opérateur n'a donc pas les mêmes contraintes d'investissement que ses trois concurrents. Il a pu n'investir dans son réseau mobile que 142 millions d'euros en 2011 alors qu'il aurait du être en phase d'investissements intense. Pendant cette même période, un opérateur comme Bouygues Telecom a consacré près de 600 millions à son propre réseau pour simplement le compléter et le moderniser ».

Martin Bouygues souhaite donc l’intervention de l’Etat pour rétablir l’équilibre des chances entre les différents acteurs du secteur. Et en premier lieu la non reconduction – à son termes – du fameux accord d’itinérance afin d’obliger Free à investir dans son propre réseau.

L’accord d’itinérance représente tout de même un coup conséquent pour Free, autour du milliard d’euros. Et si le dernier opérateur arrivé sur le marché investit moins que Bouygues en son temps c’est aussi le fait de technologies nouvelles moins onéreuses et de son savoir faire éprouvé en tant que FAI.

Reste que Martin Bouygues prend date et semble décidé à inverser la pression en amenant l’Etat – tout à la fois actionnaire de France Télécom qui profite du milliard de l’accord d’itinérance et promoteur de l’ouverture du marché à une 4ème licence d’exploitation – sur le terrain de l’emploi, particulièrement sensible ces temps ci. Le succès de la manœuvre devrait notamment dépendre de l’attitude de SFR, n°2 du marché également atteint par l’arrivée de Free.

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