Gel des actifs de Satyam

Celle qui fut une fois la quatrième SSII indienne ne semble pas réussir à sortir du bourbier dans lequel son ancien Pdg, Ramalinga Raju, l’a faite tomber il y a plus de deux ans.

Celle qui fut une fois la quatrième SSII indienne ne semble pas réussir à sortir du bourbier dans lequel son ancien Pdg, Ramalinga Raju, l’a faite tomber il y a plus de deux ans. Une cour de justice indienne vient en effet d’ordonner le gel des actifs de Satyam, estimant que celle-ci doit 137 M$ aux services fiscaux indiens. L’administration locale a rejeté une récente demande de la SSII pour la suspension du paiement de cette dette. Le gel des actifs de Satyam a été ordonné jusqu’au 31 mars, date à laquelle une nouvelle audience est prévue. 

Alors que cette annonce a généré une forte inquiétude sur la capacité de la SSII à payer salariés et fournisseurs, celle-ci indique avoir accès à suffisamment de liquidités pour faire face à ses échéances immédiates en matière de frais de fonctionnement : la direction des ressources humaines de Satyam indique disposer, en banque, de plus que nécessaire pour régler la somme réclamée par l’administration fiscale indienne.  

A l’automne 2008, Satyam avait été bannie pour 8 ans des marchés publics de la Banque Mondiale. Après ce mini-scandale, tout était allé très vite : dès la fin décembre, le gouvernement indien avait ouvert une enquête sur les pratiques de gouvernance à la tête de la SSII, à la suite d’une tentative avortée de rachat d’entreprises du BTP laissant planer des soupçons de conflit d’intérêts : il s’agissait, pour le PDG de Satyam, Ramalinga Raju, de faire racheter par la SSII deux entreprises de BTP à des membres de sa famille pour 1,6 Md$. Très vite, le conseil d’administration de Satyam s’est vidé de ses membres ; le 30 décembre, Ramalinga Raju en appelait à ses employés pour le soutenir. Trop tard : début janvier, le PDG de la SSII était contraint à la démission. De fait, Ramalinga Raju avait alors reconnu avoir gonflé artificiellement la trésorerie de Satyam de près de 800 000 euros. Le rachat prévu des deux entreprises de BTP devait permettre de dissimuler ces malversations en transformant des actifs fictifs en actifs réels… Au final, les aveux initiaux de Ramalinga Raju étaient toutefois loin du compte. Les manipulations comptables du flamboyant PDG de Satyam pourraient en effet avoir dépassé le montant de 1,7 milliard de dollars, selon le Central Bureau of Investigation indien chargé de l’enquête depuis près d’un an. En juin 2009, Mahindra Satyam, la SSII née du rachat de Satyam par Tech Mahindra, reconnaissait ainsi une dette de 1,5 Md€.

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