Firefox devant IE en Europe : Firefox dit merci à Chrome

Après de longues années à batailler pour s’imposer comme sa principale alternative, Firefox a fini par détrôner IE sur le marché européen des navigateurs, aidé par une progression de Chrome qui a éteint petit à petit les parts du navigateur Microsoft sur le Vieux Continent. Partout ? Non, IE reste encore largement n°1 dans nombre de pays en Europe, mais connait une déconvenue plus forte dans les pays de l’Est notamment.

“La perte de la couronne”. C’est ainsi que Statcounter, société irlandaise spécialisée dans les analyses du marché IT, qualifie la perte par Internet Explorer de la place de premier navigateur en Europe, s’appuyant sur les derniers chiffres de son baromètre. Le navigateur historique de Microsoft est doublé d’une très courte tête par un Firefox qui depuis de longues années mène une croisade sans relâche dans le royaume des navigateurs, essayant de se présenter comme véritable alternative Open Source et Libre.

C’est aujourd’hui chose faite et si en décembre 2010, aux Etats-Unis, le navigateur de Microsoft occupe toujours la place de n°1 du marché avec 48,92% de parts de marché contre 26,7% pour Firefox, sur le Vieux Continent, le navigateur de Mozilla atteint les 38,11%, détrônant le roi IE qui ne totalise plus que 37,52%.

Un différentiel minime, certes, mais qui vient confirmer une tendance très marquée : celle de l’érosion progressive et continue des parts de marché d’IE en Europe. En octobre dernier, le même Statcounter indiquait que le navigateur de Microsoft passait sous la barre fatidique des 50 % (à 49,87%) de parts de marché dans le monde. Preuve que l’érosion l'atteint partout, IE affiche 46,94 % de parts de marché mondial en décembre 2010. En France, le navigateur était déjà passé sous la barre des 50% en mars 2010, un mois après la mise en place du “Ballot Screen”, une mesure imposée à Microsoft par la Commission européenne pour juguler la position dominante de l’éditeur sur le marché européen des navigateurs. Pour mémoire, le “Ballot Screen” est un écran proposé dans Windows qui permet aux utilisateurs de choisir son navigateur (parmi 12 applications dont IE) par défaut lors du premier démarrage.

Statcounter évoque justement ce “Ballot Screen”, pour justifier la baisse d’IE en Europe. “Nous assistons probablement à l’impact de l’accord passé en mars dernier entre les autorités de la concurrence de la Commission européenne et Microsoft, qui prévoit d’offrir aux utilisateurs européens le choix du navigateur parmi une liste”, affirme Aodhan Cullen, Pdg de Statcounter, dans un communiqué de presse. Certes, cela n’a pas dû aider IE.

Une victoire qui vient de Google

Mais Olivier Rafal, consultant senior du cabinet d’analystes Pierre Audoin Consultants, tient à nuancer cette progression du navigateur de Mozilla. S’il qualifie de “victoire” cette avancée de Firefox sur le Vieux Continent, il rappelle toutefois que Firefox doit célébrer aujourd’hui cette première place avec Google. “Cette victoire de Firefox est due principalement à Google, qui rappelons le, finance étroitement le navigateur Mozilla. Surtout, cette avancée de Firefox en Europe est notamment expliquée par une progression de Chrome qui prend de nombreuses parts de marché sur la période”. Si l'on regarde attentivement les chiffres, Firefox prend certes la tête, mais il a néanmoins lui aussi perdu de la vitesse sur la fin de l’année, mais moins rapidement qu’Internet Explorer. En novembre 2010, la navigateur Open Source et IE étaient au coude à coude, 38,5% de parts de marché pour le premier, 38,91% pour le second. De son côté, le navigateur de Google a progressé de 13,09% à 14,58% en un mois - loin derrière, Safari et Opera se hissent chacun à 4,6% du marché. Google prend donc des parts de marché à tout le monde, mais davantage à Microsoft.

De plus rien est acquis définitivement pour Firefox, longtemps un moteur d’innovation pour les autres acteurs, qui semble être victime du syndrome “grosse machine qui a du mal à avancer”, souligne encore Olivier Rafal. Le navigateur étant aujourd’hui concurrencé, voire détroné, sur ce terrain par Chrome, notamment dans le domaine de la sécurité de fonctionnement. “Google a par exemple été le premier à implémenter un sandbox par onglet dans son navigateur”, ajoute-t-il. Avant Firefox.

Une Europe encore divisée

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En difficulté au delà du simple symbole IE demeure néanmoins encore le choix de nombreux pays en Europe. Selon Statcounter, le navigateur enregistre des parts de marché toujours supérieures à 50% au Royaume-Uni (50,37%), au Danemark (54,54%), en Belgique (52,53%), aux Pays-Bas (61%) et au Portugal (52,56%). Il affiche également un bon score en Italie (47,63%), en Irlande (47,63%) et en Norvège (42,33%). En France, Internet Explorer totalise tout de même 41,19 % du marché sur décembre. Au total, IE devance Firefox dans 11 pays d’Europe (ceux du tableau au-dessus).

Mais alors d’où vient cette décrue ?  Si IE connait une belle déconvenue en Allemagne (21,99% pour IE, et 61,11% pour Firefox), la Hongrie, la Croatie, la Lettonie, la République Tchèque, la Serbie, et l’Ukraine se sont également largement écartés du navigateur de Microsoft. Dans ces pays, IE est en dessous des 30%, altérant très fortement les bons résultats que peut réaliser le navigateur dans d’autres pays.

Un marché 2011 redistribué ?

Et pour l’année 2011 alors ?  Internet Explorer 9 (actuellement en bêta) devrait contribuer à faire de nouveau progresser les parts de marché d’IE, “une progression somme toute  linéaire et peu élevée, résume Olivier Rafal, et qui suivra sensiblement le rythme des ventes de PC Windows et du renouvellement des parcs”. En revanche, le marché pourrait selon lui connaitre un nouvel arrivant sur le terrain actuellement miné des navigateurs : Facebook. “Aujourd’hui pour nombre de personnes, le Web se résume à Facebook et Google, explique-t-il. Le réseau social et ses quelque 600 millions d’utilisateurs ont déjà mis un pied dans la messagerie email, pourquoi pas attaquer ce créneau en sortant un navigateur intégrant étroitement les fonctions du réseau social”. Ce serait ainsi presque 600 millions d’utilisateurs potentiellement intéressés. Un vrai trublion pour Chrome, IE et Firefox.

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