Wikileaks : Pékin, responsable du piratage de serveurs américains depuis 2002

La publication par Wikileaks de 250000 télex diplomatiques US apporte une confirmation que le gouvernement chinois serait à l’origine du piratage des serveurs Google et d'une trentaine d’entreprises en décembre dernier. Selon une source chinoise citée par les diplomates US dans leurs câbles à Washington, cet acte de piraterie s’inscrirait dans une vaste campagne “coordonnée” que Pékin mènerait depuis 2002 contre les intérêts occidentaux

Depuis au moins 2002, la Chine a multiplié les actions de cyber-espionage voire de cyber-guerre contre le reste du monde existait depuis 2002. C'est en tout cas ce que confirme la publication par WikiLeaks de près de 250 000 télex diplomatiques américains ce Week-End (telex abondamment exploités en France par LeMonde). WikiLeaks, qui n'en est pas à son coup d'essau, s’était déjà illustré il y a quelques semaines pour avoir publié, en partenariat avec de grands titres mondiaux (comme Le Monde et Owni.fr en France), les fameux “War logs” ( des documents confidentiels de l’armée américaine lors de la guerre en Afghanistan et en Irak).

WikiLeaks, cette fois-ci, partage avec plusieurs journaux mondiaux les communications et les memorandum plus ou moins secrets des diplomates américains et de l’administration Obama. Les quelque 250 000 documents  révèlent le fonctionnement quotidien de la machine diplomatique américaine et ses relations avec les autres diplomaties mondiales. Et c'est peu dire que cette communication publique constitute une véritable onde de choc pour des administrations cultivant traditionnellement le secret.

Parmi les plus juteuses révélations des documents révélés par WikiLeaks, figure la confirmation que la très médiatisée attaque des systèmes informatiques de Google opérée en décembre 2009 (contre les comptes Gmail de dissidents chinois et de 33 entreprises US) a été commanditée directement par le gouvernement chinois.  “Le hacking des serveurs de Google fait parti d’une campagne de sabotage informatique coordonnée, menée par des responsables chinois, des experts en sécurité issus du privé, et des cyber-criminels recrutés par le gouvernement chinois”, explique le New York Times qui cite une note dévoilée par WikiLeaks.  Cet épisode qui, rappelons-le, avait poussé Google à contourner la censure chinoise en reroutant le trafic sur les serveurs de sa filiale de Hong-Kong, ne représenterait pourtant qu’un fait d’arme isolé dans une longue bataille que mènerait la Chine contre les Etats-Unis et ses alliés. L’Empire du Milieu aurait ainsi mené des opérations de piratages informatiques contre les réseaux américains et ceux de ses alliés et contre le Dalai Lama depuis 2002, explique le quotidien anglais, The Telegraph, qui note que ce sabotage aurait été rapporté à l’Ambassade américaine par “une source chinoise”.

Depuis l’affaire Google, la Chine et les Etats-Unis se regardent en chiens de faïence. Le 22 novembre dernier, un rapport d’une commission américaine révélait qu’un important pan du trafic de données des Etats-Unis avait été re-routé vers des serveurs chinois opérés par China Telecom le 8 avril 2010. Si l’opérateur chinois affirme sans relâche qu’il s’agit d’une erreur humaine, rejetant toute forme d’acte intentionnel de piratage, le gouvernement américain demeure de son côté très sceptique. Il est vrai que la perspective d'une analyse en profondeur de 18 minutes de trafic internet américain par des services chinois fait froid dans le dos au vu des informations qu'elle pourrait permettre de collecter...

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