France-ix veut doper le peering Internet en France

Opérationnel depuis la fin juin, France-ix vise à fournir une nouvelle structure de peering en France capable d'attirer des opérateurs internationaux jusqu'alors hésitants à venir se raccorder sur les points de présence des structures existantes. Fondée par Neo Telecoms, Interxion, Jaguar Network et Akamai, avec le soutien de Google et de Bouygues Telecom, la structure devrait opérer une dizaine de POP d'ici la fin de l'année

Une nouvelle structure de peering Internet a vu le jour en France, au mois de juin, avec pour but d’attirer de nouveaux opérateurs et opérateurs de services jusqu’alors réticents à venir se connecter en France.

Le projet France-ix est né des réflexions d’un groupe de travail au sein de FRNog (FRench Network Operators Group), baptisé Pheon-ix, dont l’objectif était de déterminer si il y avait un intérêt pour un nouveau point d’échange permettant de rationaliser le peering sur la place de Paris. Au sein de la communauté FRnog, une enquête a été menée auprès d'une centaine d’opérateurs qui se sont largement prononcés en faveur de la mise en oeuvre d’une nouvelle structure de peering - en plus de celles existantes tels que le PanAP (un point de partage gratuit opéré par Bouygues Telecom) ou le SFINX (un point payant opéré par RENATER, la structure réseau de la recherche et de l’enseignement supérieur).

Comme l’explique son directeur général, il a fallu un an pour consolider le projet France-ix et choisir la forme juridique opérationnelle pertinente pour les opérateurs, en l’occurence une structure associative loi 1901 pilotant une SAS en charge des aspects opérationnels. Les membres fondateurs sont Neo Telecoms, Interxion, Jaguar Network et Akamai. Ils ont notamment le soutien de Google et de Bouygues Telecom.

Des points de présence à Paris et à Marseille

A ce jour, France-IX dispose de six points de présence dans Paris - dans les datacenters d’Interxion, de Telehouse et de Telecitygroup - et devrait en opérer une dizaine dans la capitale d’ici la fin de l’année (grâce à l’ouverture de nouveaux POP dans des datacenters en cours d’achèvement). L’objectif est de transférer rapidement les opérateurs présents sur le PanAP sur France-IX, ce qui supposera de les convaincre de payer pour un service qu’ils obtenaient jusqu’alors gratuitement.

Selon le directeur général de France-IX, cela devrait se faire sans problème pour la plupart : «la plupart des points d’échanges à Paris pratiquent le best effort conjointement à la gratuité. PanAP a eu un succès certain avec ce modèle mais, à un moment, l’infrastructure a du mal à faire face - PanAP gère plus de 140 opérateurs connectés - et elle doit être renouvelée. Le problème est que, du fait de la gratuité, investir dans l’infrastructure devient problématique. Les modèles gratuits sont donc en fin de vie. Il faut être rentable pour pouvoir réinvestir».

Une des originalités de France-ix est l’ouverture d’un POP à Marseille dans le «netcenter» de SFR (où Jaguar Networks est présent). «Le choix de Marseille n’est pas une problématique régionale. A Marseille arrivent une multitude de câbles sous-marins desservant l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique. On y trouve donc de nouveaux acteurs que l’on ne connait pas, à la fois des nouveaux entrants, mais aussi des acteurs africains et asiatiques. En consolidant Marseille et le renouveau du peering à Paris, on fait de la France une place d’interconnexion qu’elle n’était pas jusqu’alors.»

Globalement, le principe de peering sur France-ix est simple : «dès que vous prenez un port -gigabit ou 10 Gigabit - il n’y a aucune régulation des flux. Les opérateurs qui se connectent établissent des connexions BGP et la régulation des flux se fait en fonction des adresses IP qu’ils annoncent l’un à l’autre » (ce qui permet des interconnexions publiques et privées, NDLR). France-IX propose une gamme complète de services comprenant notamment de l’unicast et du multicast IPv4 et IPv6. L’infrastructure s’appuie pour l’instant sur des commutateurs Force10  avec une architecture en double étoile redondante. Deux châssis assurent le coeur de réseau et les autres, présents dans chaque POP, assurent le raccordement des opérateurs.

Une trentaine d'opérateurs raccordés à la fin juillet

Concrètement, les raccordements d’opérateurs ont débuté à la mi-juin. Dix opérateurs sont déjà connectés et une vingtaine est en cours de raccordement; une opération qui devrait être terminée à la fin juillet. Ensuite, France-ix débutera la migration des opérateurs présents sur PanAP sur son infrastructure.

Signalons pour terminer qu’en France, la politique de peering privé est bien plus répandue que dans les autres grands pays européens et notamment aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, deux des plaques tournantes de l’internet européen. Certains des plus gros opérateurs, dont France Télécom, ne sont soit, pas connectés aux points d’échanges, soit pratiquent des politiques de peering si exigeantes que le peering direct avec eux est impossible pour des opérateurs de taille moyenne.

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