Cet article fait partie de notre guide: Guide de l’infrastructure en cloud hybride

Infrastructures Internet : France-IX fusionne avec Rezopole

Les entreprises auront désormais plus de débit à l’échelle régionale et un meilleur accompagnement au niveau national.

France-IX, la structure qui interconnecte les réseaux des opérateurs, des fournisseurs de contenus et des entreprises au niveau national, fusionne avec Rezopole, son équivalent de la région Rhône-Alpes. Le second va bénéficier des infrastructures du premier. C’est-à-dire que les acteurs du quart sud-est de la métropole – opérateurs alternatifs, hébergeurs de datacenters, entreprises – accéderont aux services des géants du cloud et aux salles informatiques des sièges parisiens via des liens directs en 100 Gbit/s, alors qu’ils passaient jusqu’ici par des liens indirects avec 10 Gbit/s de bande passante.

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« Nous sommes convaincus que ce rapprochement est synonyme de pérennité. Il s’inscrit dans une suite logique pour Rezopole qui s’appuiera sur l’expertise technique de France-IX pour continuer d’offrir un service de proximité à l’ensemble des membres de la nouvelle entité tout en poursuivant son développement sur le marché français », déclare Philippe Duby, le président de Rezopole, dans un communiqué.

De son côté, France-IX, qui se contentait de vendre des connexions, hérite du savoir-faire de Rezopole en matière d’accompagnement.

« Rezopole a su très tôt attirer des professionnels qui n’étaient pas des acteurs Internet. »
Franck SimonPrésident, France-IX

« Rezopole a su très tôt attirer des professionnels qui n’étaient pas des acteurs Internet. Outre vendre de la connectivité, son équipe accompagne les entreprises dans toutes les démarches, elle les conseille sur les équipements à déployer pour s’interconnecter, propose de les héberger elle-même, monte pour elles les dossiers auprès des télécoms pour être raccordées aux centres d’interconnexion », dit au MagIT Franck Simon, le président de France-IX.

« Grâce à cela, en quelques semaines, des SARL, des hôpitaux sont reliés aux services qui leur permettent de faire de la visioconférence, de travailler en haut débit sur les applications SaaS. Alors que, chez nous, qui ne proposions aucun accompagnement, de tels projets pouvaient prendre deux à trois ans », ajoute-t-il, en précisant que les clients historiques de France-IX, hors acteurs Internet, sont plutôt des grands comptes. Il cite SNCF, Thalès, Saint-Gobain, Schneider Electric et quantité d’autres grands industriels.

Des liens physiques dédiés vers les fournisseurs de service

À l’instar d’AMS-IX aux Pays-Bas ou DEC-IX en Allemagne, France-IX est l’un des principaux points d’échange européens. Les opérateurs et les entreprises louent de la bande passante sur ses infrastructures d’interconnexion pour communiquer plus rapidement entre eux, avec des liens plus directs. Ces infrastructures sont en l’occurrence de nombreux équipements de routage réseau, installés dans les principaux datacenters en colocation à Paris et à Marseille, où se trouvent les serveurs locaux des acteurs du cloud et des fournisseurs de services sur Internet. Pour bénéficier d’un lien direct vers ces acteurs, les entreprises n’ont qu’à installer leurs serveurs dans les mêmes datacenters.

« Les datacenters en colocation commercialisent eux aussi des liens directs entre les opérateurs et les entreprises qu’ils hébergent. Mais il ne s’agit pas de la même chose. De notre côté, nous louons des liens physiques qui ont toujours le même débit, tandis qu’eux revendent une connexion privée parmi la bande passante totale d’un opérateur présent dans leur datacenter », explique Franck Simon.

Et de prendre un exemple : avec France-IX, une entreprise peut acheter un lien pour avoir une bande passante permanente de 100 Gbit/s vers l’ensemble du cloud Azure, par exemple, alors qu’en passant par l’offre d’un hébergeur, elle aura plutôt un lien sécurisé par protocole réseau vers uniquement un service, par exemple Office 365. L’offre d’un hébergeur peut par ailleurs passer par plusieurs liens physiques pour conserver un certain niveau de bande passante ou, au contraire, souffrir de baisses de débit lorsque plusieurs de ses clients utilisent les mêmes liens.

Souvent, les clients de France-IX sont d’ailleurs les hébergeurs eux-mêmes, ou les prestataires associés, qui louent un lien physique et ajoutent par-dessus des protocoles réseau pour y faire passer plusieurs connexions privées. « Nous garantissons le débit et l’absence de latence sur notre plateforme aux acteurs qui achètent nos liens. En revanche, nous ne maîtrisons pas la manière dont ils redistribuent la bande passante à leurs propres clients », précise le président de France-IX.

De son côté, Rezopole offre les mêmes capacités de connectivité, mais ses équipements sont installés dans les datacenters en colocation de l’agglomération lyonnaise, où ils ne communiquent directement qu’avec les serveurs des acteurs du tissu économique local.

« Désormais, les datacenters de Lyon auront des équipements France-IX qui seront directement connectés par des fibres aux équipements France-IX de Paris et de Marseille, ce qui garantira à une entreprise hébergée à Lyon d’avoir une bande passante de 100 Gbit/s avec un fournisseur de services hébergé à Paris ou à Marseille », argumente Franck Simon.

Multiplier les points d’échange français

Rappelons que certains fournisseurs de services Internet ne sont pas présents à Paris, car ils considèrent qu’ils peuvent diffuser leurs contenus en France depuis Amsterdam ou Francfort. Mais ils sont présents à Marseille, car c’est là que se trouvent les câbles sous-marins qui leur permettent d’adresser l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Inde et l’Asie du Sud.

« Notre volonté d’expansion consiste à repositionner la France sur la scène internationale en matière d’infrastructures numériques. »
Franck SimonPrésident de France-IX

Or, justement. Au-delà d’une meilleure desserte locale, l’ambition de France-IX est de montrer aux fournisseurs de contenus que la France est riche en points d’échanges pour desservir d’autres endroits de la planète.

« Notre volonté d’expansion consiste à repositionner la France sur la scène internationale en matière d’infrastructures numériques. Nous allons bien évidemment étendre notre capillarité sur le territoire, avec l’ambition de déployer nos infrastructures d’interconnexion dans les datacenters de deux nouvelles villes par an. Outre le tissu économique local, le Sud-ouest, par exemple, donne accès aux câbles sous-marins qui desservent l’Afrique de l’Ouest. »

« Nous parlons-là de la métropole, mais nos ambitions couvrent aussi les Antilles et La Réunion. À terme, nous voulons également nous déployer dans les pays francophones, en Afrique où il n’existe pas encore de structures comme la nôtre et avant que nos concurrents européens, ou d’ailleurs, ne le fassent », indique Franck Simon en défendant que France-IX agrège déjà de nombreux contenus francophones.

À date, France-IX compte environ 400 clients et Rezopole une centaine. France-IX a réalisé un CA de 5 millions d’euros en 2020, avec un investissement d’un million d’euros dans ses équipements. En 2021, ses investissements en routeurs devraient être de 1,5 million d’euros.

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