Avec Activiti, Alfresco glisse progressivement vers la licence Apache

Tout à sa stratégie de conquête de parts de marché, Alfresco monte le projet Activiti, une plate-forme de BPM reposant sur BPMN 2.0 placé sous licence Apache. L’éditeur open source abandonne en chemin son soutien à jBPM dont il récupère les créateurs chez Red Hat. Objectif : soulager sa stratégie OEM tout en proposant une licence Open Source moins restrictive et ouvrir un peu plus le BPM Open Source aux entreprises.

Le couteau entre les dents, le spécialiste de l’ECM (Enterprise content management) Open Source Alfresco a décidé de poursuivre tout azimuts sa stratégie de ralliement aux standards du marché. Après CMIS (Content Management Interoperability Services), norme Oasis intégrée peu après son approbation par le consortium, Alfresco s’attaque aujourd’hui au segment du BPM (Business Process Management).
Le trublion de la gestion de contenu Open Source inaugure Activiti, un projet sous licence Apache 2.0 de gestion de processus métier qui repose sur le standard BPMN 2.0 - une norme définissant une notation graphique de modélisation de processus métier toujours en cours de finalisation - de l’OMG (Object Management group). Pour soutenir cette initiative dont il sera lui-même le moteur principal, Alfresco est allé recruter deux spécialistes du genre : Tom Baeyens, fondateur et architecte du projet JBoss jBPM - moteur de workflow déjà intégré à l’offre d’Alfresco - et son collaborateur Joram Barrez. Deux cadres du BPM débauchés de chez Red Hat, donc, qui prendront en charge les développements d’Activiti, “from scratch”, précise John Newton sur son blog, indiquant ainsi à demi-mot que le code de jBPM ne sera pas repris dans Activiti.

Outre le fait de formaliser une des premières implémentations de BPMN 2.0 - dont un des objectifs est de rendre compréhensible la modélisation et la gestion des processus métier à tous les utilisateurs de l’entreprise - , Activiti propose 4 composants dans sa version Alpha :  Activiti Engine, un fichier JAR contenant la machine virtuelle de processus et l’implémentation du langage de processus BPMN ;  Activiti Probe, une console d’administration système permettant de commander le moteur Activiti ;  Activiti Explorer, une application utilisateur permettant de gérer facilement les listes de tâches et d’exécuter les tâches de processus ;  et Activiti Modeler, un outil de modélisation des processus BPMN 2.0 via un navigateur, basé sur Ajax, destiné aux analystes métier, comme l’indique un communiqué de presse.
Acitivi est également conçu pour s’adapter au monde du Cloud Computing (et donc de la mise à l’échelle) grâce au support des technologies de bases de données issues du mouvement NoSQL ainsi que de celui des langages de scripting, comme l’indique John Newton, CTO et président d’Alfresco sur son blog.

Le projet est soutenu notamment par Springsource, désormais une division VMware, mais également Signavio - qui apportera notamment son outil de modélisation de processus (Process Editor) - , et Camunda. Alfresco compte au final soumettre Activiti à la fondation Apache.

Apache pour dégeler ses OEM

Mais le point clé d’Activiti, c’est sa licence Apache 2.0. Une décision en ligne avec la stratégie d’Alfresco qui poursuit  progressivement la mutation de son modèle de licence, passant de la GPL vers la LGPL, pour aujourd’hui embrasser petit à petit une des licences Open Source les plus libérales et plus permissives.
Gelés par les restrictions imposées par "les licences Open Source avec un G dedans", pour reprendre les propos de John Newton,  Alfresco et sa stratégie OEM restaient à la porte des grandes entreprises, effrayées par ce type de licence. "Une licence Apache peut porter le BPM où le BPM est une nécessité, c’est à dire partout", souligne le directeur technique d’Alfresco.

Activiti a donc été créé parce que la mutation de jBPM vers une licence Apache 2.0 demeurait impossible, "probablement à cause du refus de Red Hat", commente Matthew Aslett, analyste au 451Group, sur son blog. Pour se libérer des contraintes, quoi de plus naturel que de débaucher les concepteurs et de construire soi-même son modèle.
John Nexton évoque également la présence d’Hibernate au sien d’Alfresco, une technologie gérant la persistance des objets dans un environnement relationnel, également sous un licence LGPL, comme autre frein vers une migration Apache.

Une fois, Activiti implémenté dans la solution d’Alfresco - le code du projet devrait être finalisé fin 2010, date à laquelle Activiti deviendra le moteur de BPM par défaut de l'éditeur -, restera alors à troquer Hibernate contre iBatis, projet identique mais sous une licence Apache, comme l’indique Matthew Aslett. "A ce stade, Alfresco sera en mesure de placer l’ensemble de sa Community Edition sous une licence Apache, ou une autre licence plus libérale [NDLR, comme BSD]", commente-t-il. Une griffure sur la joue de Red Hat, en somme. Et une bouffée d’air pour Alfresco.


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