Techdays : Office 2010 de plus en plus près des outils serveurs

Fin de cycle : le futur d'Office passera moins par une avalanche de nouvelles fonctions intégrées à Word, Excel ou PowerPoint que par des intégrations poussées à SQL Server ou SharePoint. Pour répondre aux besoins des utilisateurs les moins avancés - un argument régulièrement mis sur la table par les DSI pour négocier les licences de la suite -, Microsoft promet également une version basique de la suite en mode Saas.

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Le barnum des lancements Office, avec sa batterie de nouvelles fonctions censées doper la productivité individuelle des utilisateurs, c'est fini. Avec la version 2010 de la suite bureautique - en bêta 2 en ce moment et dont la disponibilité est annoncée pour juin -, Microsoft joue davantage la carte du continuum technologique avec ses outils serveurs, à commencer par la base de données SQL Server 2008 R2 et le portail SharePoint 2010. Une complémentarité illustrée par la fonction PowerPivot, permettant d'importer dans Excel des données des bases SQL (mais l'éditeur propose aussi des connecteurs vers les produits Oracle ou SAP BW par exemple), de créer un cube Olap sur le poste client (Microsoft fait des démos avec jusqu'à 100 millions de lignes, via une technologie de stockage en colonnes), puis de publier l'analyse effectuée par l'utilisateur en un clic dans le portail SharePoint. "Pour la première fois, on a eu une vraie collaboration en profondeur entre les équipes de SQL Server, SharePoint et Office", explique Lionel Billon, chef de produit SQL au sein de la filiale française. Les esprits chagrins ajouteront que cette intégration renforcée ne fait qu'augmenter l'adhérence d'Office avec le système d'information, rendant toute tentative de migration vers une autre suite très complexe. Voire impossible.

Office soigne le Backstage
Si Office 2010 amène quelques fonctions dédiées à la créativité (comme des fonctions de retouche photo et vidéo dans PowerPoint), les utilisateurs bureautiques trouveront certainement dans ce que Microsoft a baptisé Backstage l'apport le plus intéressant de Office 2010. Cette fenêtre permet de préparer le document en fonction de sa destination, rendant plus conviviale la fonction d'enregistrement.
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Une offre 100 % online pour les utilisateurs les moins avancés

Si Microsoft réserve ces intégrations et quelques nouveautés (voir encadré) à ce qu'il appelle les Information Workers (autrement dit les utilisateurs avancés), le premier éditeur mondial commence aussi à entendre le discours des DSI, qui expliquent qu'une bonne partie de leurs utilisateurs n'ont pas besoin d'une suite aussi riche qu'Office. Une façon, évidemment, de négocier les tarifs de licences pour les donneurs d'ordre. Et un discours que tentent d'exploiter des concurrents de Microsoft, comme IBM ou Google, avec des offres moins riches, ciblant précisément ces besoins. Un créneau pour lequel Microsoft prépare une réponse, via ses offres en Saas, Online Services. Comme nous l'a expliqué Jean-Christophe Pitié, directeur de la division Office au sein de la filiale française, l'éditeur mitonne une offre 100 % online comprenant un accès à la suite bureautique en mode Saas (les Office Web Apps), une messagerie et un accès à SharePoint. Cette évolution d'une offre actuellement appelée Deskless (littéralement sans bureau) sera vendue contre une redevance mensuelle par utilisateur (actuellement limitée à une boîte Exchange et à SharePoint, Deskless coûte 2,5 € par mois). Aucune date de disponibilité n'a toutefois été communiquée.

Version mobile et Web Apps sur les smartphones

Cette consommation des applications Office dans un navigateur, mais aussi depuis un terminal mobile, figure d'ailleurs parmi les autres évolutions de la suite bureautique. Pour les entreprises, la licence Office 2010 comprendra ainsi un accès aux Web Apps, désormais enrichis de fonctions d'édition basiques. Idem pour le grand public, sauf que les Web Apps seront alors ornés de publicités. Côté mobilité, la suite sera accompagnée d'une application dédiée pour Windows Mobile et bientôt sur Symbian (l'OS de Nokia). Et d'un accès en mode Web Apps depuis ces mêmes plates-formes, mais aussi pour iPhone et BlackBerry. Selon le blog de Mary-Jo Foley, sur ZDNet, ce mode sera toutefois limité à la visualisation de documents, contrairement bien sûr à l'application Mobile Office 2010.

En complément :

- Office 2010 : Microsoft zappe les tarifs de mise à jour

- Office 2010 se met à l’heure du Web

Migrations : les entreprises traînent des pieds

Comme l'ensemble de l'industrie logicielle, Microsoft peine à amener ses utilisateurs, notamment en entreprises, à migrer vers les dernières versions de ses technologies. Selon Jean-Christophe Pitié, directeur de la division Office au sein de la filiale française, si environ un utilisateur sur deux emploie Office 2007 dans le grand public, "les taux sont plus faibles dans les entreprises, et se situent probablement entre 30 et 50 %. Avec les taux les plus faibles chez les grands comptes".

Selon le dirigeant, les migrations sont déclenchées par les renouvellements de parcs de PC (avec dans ce cas, des parcs hétérogènes), les mises à jour logicielles des masters chez les grands comptes ayant une politique très structurée en la matière (PSA, L'Oréal) ou par des migrations de la messagerie vers Exchange, accompagnées de montée de versions sur la suite bureautique (Total, Vinci, Alcatel-Lucent). Plusieurs grands comptes français, comme Sanofi-Aventis, SFR ou Bouygues, figurent également dans le programme de déploiement rapide, mis en place par Microsoft pour accélérer les déploiements de Office 2010.

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