SAP veut bâtir le réseau social de l'administration française

Retenu dans la liste des 44 projets sélectionnés par le gouvernement pour le "Web Innovant", SAP, associé à la start-up Euclyde et à l'école Centrale, doit mettre sur pied le futur outil d'analyse des réseaux sociaux de l'administration. Un projet baptisé Arsa qui s'appuie sur les travaux initiés par les labos de feu-BO.

Retenu parmi les 44 projets sélectionnés par le gouvernement dans le cadre du "Web innovant", Arsa (analyse des réseaux sociaux à destination du monde des administrations) vise à développer un nouvelle vision des organigrammes souvent touffus de l'administration. Conclu avec Euclyde (pour l"hébergement) et l'école Centrale de Paris (pour le volet recherche), le projet est avant tout coordonné par SAP, qui amène dans la corbeille un outil issu des laboratoires de Business Objects (BO) - aujourd'hui dans le giron de l'Allemand -, SNA (Social Network Analyzer). Un outil conçu pour traiter les relations entre les membres d'une organisation comme les données d'un cube décisionnel et les présenter dans des interfaces adaptées (voir capture ci-dessous).

sna

"L'idée est de partir de SNA, déjà exploité en interne chez SAP, pour aller plus loin en le spécialisant et en l'enrichissant pour coller aux besoins de l'administration", résume Cédric Ulmer, directeur de recherche au sein des SAP Labs à Sophia Antipolis. Les labos de l'éditeur prévoient de travailler tant sur l'interface, pour proposer de nouvelles vues d'une organisation correspondant aux attentes du secteur public, que sur le volet administration de SNA.

La ville d'Antibes en éclaireur

Le dossier présenté par SAP, Euclyde et Centrale - retenu par la DGCIS (Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services) - vise, dans un premier temps, à fournir en 24 mois à des utilisateurs tests (la ville d'Antibes, un ministère, etc.) des outils pour analyser leurs réseaux sociaux internes, mais aussi capables de recenser les citoyens actifs par exemple sur des blogs. "Il y aura une dimension relation avec le public, via l'exposition sur le Web d'une partie des réseaux sociaux de l'administration", ajoute Cédric Ulmer. Pour SAP, qui investira environ 700 000 euros sur le projet, il s'agit de mettre sur pied une offre packagée dédiée pour l'administration, avec pour premier client potentiel l'Etat français.

Début janvier, les travaux démarreront avec la ville d'Antibes, avec laquelle "les efforts se focaliseront sur l'aspect cloud", précise Gilles Logeais, directeur du centre de recherche SAP à Sophia Antipolis. Un enjeu qui relève d'Euclyde, une PME spécialisée dans l'hébergement de haute sécurité. Cette dernière sera chargée de porter SNA sur une architecture multitenant (où une seule instance logicielle sert plusieurs clients), afin de proposer des niveaux de mutualisation plus élevés - donc des coûts réduits. Le prototype développé pour le ministère test (dont le nom n'a pas été dévoilé) se concentrera, lui, sur les aspects relatifs au dimensionnement.

Centrale travaille sur les algorithmes

Un chantier où, Centrale Paris, chez qui SAP a récemment ouvert une chaire dédiée à la BI, est chargée de faire avancer les algorithmes d'analyse des réseaux sociaux "afin d'assurer la montée en charge sur des réseaux importants", précise Cédric Ulmer. Pour l'instant, SNA a été déployé en interne chez SAP où il couvre une population de 48 000 personnes. L'école d'ingénieurs est également chargée de réfléchir aux usages de l'outil suite aux premiers prototypes.

Un outil né dans les labos de BO

Ce développement de SNA, qui devrait conduire SAP à lancer un produit packagé dédié au secteur public, illustre la démarche du laboratoire de co-innovation de l'ex-BO. Regroupant 15 personnes en France (à Levallois-Perret), auxquelles il faut ajouter des chercheurs au Canada, en Irlande, en Chine ou en Inde, cette structure vise à accélérer la mise sur le marché de nouvelles solutions. "On travaille sur les nouvelles tendances technologiques et métiers. Pour chaque sujet, on identifie un champion en interne, chargé d'élaborer un cahier des charges, raconte Alexis Naibo, qui dirige la structure. Ensuite l'idée est de travailler sur un prototype qu'on place en téléchargement libre sur notre site Web afin d'avoir des retours d'utilisateurs très en amont et d'affiner la solution".

SNA (Social Network Analyzer), l'outil au centre du projet Arsa, en est ainsi à sa troisième itération (en version 1.1). "On s'intéresse depuis 2007 aux outils permettant de trouver des experts dans une organisation, précise Alexis Naibo. Le parti pris a été de traiter les réseaux sociaux comme un type spécifique de datawarehouse et d'y appliquer des modes de visualisation spécifiques". SNA "digère" ainsi les données issues des annuaires LDAP, des systèmes RH, du CRM ou des listes d'intervenants sur des projets. Et met pour l'instant en lumière trois types de relations (est placé sous la responsabilité de, est client de, est membre de). Une version 2.0 de SNA est attendue pour début 2010.

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