Small Business Server : chronique d’une mort annoncée

Le célèbre évangéliste bien connu des revendeurs Microsoft, Alex Huart, revient pour Channelnews sur l’arrêt programmé de SBS. S’il déplore la disparition de la marque, il voit des atouts indéniables dans son successeur.

Nous savions depuis la sortie de SBS 2011 standard qu’il serait le dernier de la série. Ce que personne n’avait prévu c’est que Microsoft abandonne la marque Small Business Server.  Pour nous les revendeurs T/PME qui, depuis 1996, avions construit notre offre produit et services autour de SBS, le choc a été rude et nous nous sommes sentis orphelins. 

Toutefois, il convient de relativiser l’impact réel de l’abandon de la marque SBS, d’un point de vue commercial d’abord et d’un point de vue technique, ensuite. 

Sur le plan commercial, le cloud attire beaucoup les clients PME. Qu’ils choisissent ensuite d’opter pour une solution traditionnelle ou dans les nuages est un débat sur le sexe des anges. L’important c’est qu’ils achètent soit l’un soit l’autre. Il est plus facile de prendre un rendez-vous en clientèle pour parler Cloud que pour parler serveur. L’usage commercial de la marque « Small Business Server » n’est donc plus vraiment porteur. 

Les serveurs ne disparaissent pas chez les clients 

Le fait de déporter la messagerie vers le cloud ne signifie pas non plus que les serveurs disparaissent chez les clients.  Il en faut toujours pour les applicatifs métiers et il est infiniment moins cher d’avoir du stockage sur site que du stockage en ligne. 

Il est toujours possible de disposer d’une messagerie sur site, SBS 2011 Standard sera encore disponible jusqu’à octobre 2013. Si le client souhaite passer à Windows Server 2012, il aura deux choix serveurs: 

  • Windows Server 2012 Essentials, pour les TPE de moins de 25 utilisateurs, connectable à tout service Cloud (disponibilité inconnue) Office 365 ou Exchange hébergé. 
  • Windows Server 2012 Standard, pour toute organisation sans réserve de taille, qui souhaitera  un serveur Active Directory, un serveur de fichiers, un serveur applicatif et un serveur Exchange sur site (deux machines virtuelles logiques sur un serveur physique), ou un serveur Active Directory connecté au cloud pour Office 365/Exchange hébergé et un serveur pour ses applicatifs métiers avec ou sans les services RDS (Terminal Server). 

Reste la problématique du coût : SBS 2011 Standard offrait une combinaison unique pour un prix particulièrement attractif, cette offre disparaîtra définitivement dans 15 mois.  Au-delà, la formule prix pour une PME sera la formule cloud ; la formule sur site demandera plus de services, plus de configuration et paramétrage et coûtera logiquement plus cher.  Clairement, le choix sera dans les mains du client : ou le prix uniquement, et il accepte le compromis Office 365, ou la confidentialité, la sécurité, le contrôle absolus sur site, et la facture sera plus salée. 

Une agressivité tarifaire à retrouver 

Quoi qu’il en soit, la disparition réelle de SBS Standard c’est pour Octobre 2013, il reste encore un an à Microsoft pour proposer une solution financière acceptable pour les PME qui souhaitent un Exchange sur site.  Dans la formule actuelle, en 2013, une PME devra payer un Windows Server Standard, un Exchange Server et les CAL pour Windows Server et Exchange Server, c’est effectivement lourd à digérer. En un an, de l’eau coulera sous les ponts et MS a entendu le cri de milliers de revendeurs SBS par le monde.  Microsoft jusqu’à aujourd’hui a toujours été à l’écoute de ses revendeurs et clients, rien ne nous permet donc d’affirmer que d’ici là aucune proposition constructive n’émerge… 

Sur le plan technique, SBS a toujours été un parent pauvre des mises-à-jour et de la compatibilité.  Les solutions tierces pour Windows Standard tournent mal sous SBS et la stratégie stabilité technique c’est de joindre un serveur Standard au domaine SBS pour y installer les applications métier.  Tout au long des briefings techniques que j’ai pu donner depuis 96 sur SBS j’ai martelé un slogan : « SBS : la boîte, toute la boîte, rien que la boîte » et pour s’éviter des soucis, n’utiliser que la console SBS, déporter le côté exotique vers un second serveur. 

Vers une meilleure stabilité 

Je sais qu’il est possible de tout faire sur un seul serveur. Mais à quel prix et avec quels risques : les forum sont pleins de malheureux qui essaient de remettre en état un SBS après avoir tripoté l’Active Directory ou le serveur Web IIS en direct. Que de temps et de tracas facilement évités en évitant mon conseil. 

Au final, le client PME souhaite une solution unique et stable. La façon dont techniquement le revendeur règle le problème ne l’intéresse pas. Il négociera un prix forfaitaire pour tout. La rentabilité d’un revendeur c’est de minimaliser les interventions techniques non facturables (fixing ou post fixing). 

Avec 2012, le code Windows Server est commun aux quatre distributions, ce qui tournera sur l’un tournera sur tous les autres, pas de Service Packs, pas de « hotfix » (correctif) particulier, pas de roll-up (correctifs cumulatifs) spécifiques à SBS.  Quel soulagement! 

Côté simplicité de déploiement pour TPE, Windows Server 2012 Essentials offre tout ce que pouvait offrir un SBS Standard, à ceci près que la messagerie sera dans le cloud. Console simplifiée, sauvegarde en ligne, configuration assistée, poste de travail à distance… tout y est.  En une demi-journée maximum l’installation d’un nouveau serveur peut être terminée et les postes clients W7/W8 connectés. 

La migration restera de la dentelle 

La migration d’un environnement antérieur sera toujours longue et fait toujours l’objet d’un devis particulier car chaque situation est particulière et les outils de Microsoft ne migrent que Microsoft (Active Directory / Exchange). Rien ne change, il en a toujours été ainsi, migrer un environnement, SBS ou non, c’est de la dentelle. 

En conclusion, orphelin de cœur, sans doute car « Small Business Server » c’est toute une époque mais, pratiquement, un revendeur ne se définit pas par rapport à un produit mais par rapport à ses clients et leurs besoins.  Nos clients sont des PME et les produits ou services qui leurs correspondent le mieux évoluent, nous aussi.  En 30 ans (je vieillis), j’en ai connu des mutations technologiques et des disparitions de produits, les revendeurs qui ont survécus sont ceux qui ont suivi le mouvement et intégrés les évolutions parfois brutales, ce sont ceux qui comme les requins sont toujours en mouvement… 

Alex Huart 

Patron d’un revendeur spécialiste PME, le belge Alex Huart est aussi évangéliste indépendant pour le compte de Microsoft France, dont il anime la plupart des road-shows partenaires depuis plusieurs années. Il participe à ce titre au prochain Connectik 2013, qui démarre ce 2 octobre à Vélizy, et au cours duquel il animera pas moins de trente sessions. Plébiscité par les revendeurs français, il est apprécié pour son humour, sa clarté et son indépendance d’esprit.

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