Standards ouverts : le gouvernement britannique fait machine arrière

Une forte campagne de lobbying de Microsoft et de la BSA ont poussé le gouvernement à revoir sa politique en matière de standards ouverts. Une consultation publique est lancée par le Cabinet Office afin de «clarifier» certains points. Une note annule clairement la précédente circulaire qui prônait l’ouverture.

La toute rutilante politique d’implémentation de standards ouverts et d’ouverture du gouvernement britannique a pris du plomb dans l’aile en novembre. Le Cabinet Office de sa Gracieuse Majesté a décidé d’ouvrir une consultation publique censée confronter sa politique d’ouverture auprès de la communauté des développeurs et en déterminer des besoins précis. Cette consultation, initiée en novembre dernier, marque un revirement de position du gouvernement, laissant en lambeaux la politique d’ouverture initiée en janvier par le gouvernement de David Cameron. Le hic : cette initiative aurait été le résultat d’une forte campagne de lobbying orchestrée par Microsoft et le BSA (Business Software Alliance), comme nous le révèlent nos confrères de Computerweekly.

Début 2011, le gouvernement britannique s’est lancé dans un vaste programme de rationalisation de son infrastructure informatique avec la volonté de mettre l’accent sur l’Open Source, les standards ouverts et le Cloud, notamment. Cette politique suivait ainsi la décision du Premier Ministre David Cameron qui, en mai 2010, entama des coupures budgétaires drastiques au détriment du département IT du gouvernement. En février, par exemple, le DSI du gouvernement anglais Bill Mc Cluggage avait convoqué ses fournisseurs et partenaires leur demandant de privilégier l’Open Source dans leur réponse aux appels d’offres pour l’administration. Il souhaitait également procéder à une évaluation systématique des solutions Open Source dans les appels d’offres.

Une note avait notamment été publiée en janvier, édictant la politique en matière de standards ouverts. Celle-ci recommandait aux départements administratifs de déployer des standards ouverts «à chaque fois que cela est possible». Cette note comportait une nuance qui indiquait que le recours aux standards était privilégié «à moins qu’il soit clairement démontré d’un point de vue commercial que ceux-ci sont inappropriés».

Une «clarification» peu claire

C’est justement cette note que le gouvernement remet clairement en cause en lançant cette consultation publique. La note publiée le 30 novembre dernier indique qu’elle «met à jour et remplace» la note précédente (de janvier 2011 donc). Il faut dire qu’une première consultation publique avait été lancée en février, dont les résultats avaient certes conforté le gouvernement dans sa position. Mais selon le Cabinet Office, certains points nécessitaient toutefois d’être clarifiés, sans indiquer leur nature.

«L’étude s’est avérée être une source riche en informations. Toutefois, elle a  soulevé de nombreuses questions qui nécessitent d’être considérées plus en détail afin de s’assurer que la politique en matière de standards ouverts est solide et donne les résultats recherchés par le gouvernement dans le but de fournir des services à moindre coût», rapporte cette dernière note. Plus loin, elle explique : « une consultation publique formelle sera publiée afin de réunir les preuves et faire évoluer la politique en matière de standards ouverts. La consultation sera publiée sur le site Web du Cabinet Office. PPN 3/11 [la circulaire du 31 janvier, NDLR] est donc annulé.»

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