Une base de données Cloud européenne contre le Patriot Act

Severalnines et City Networks, deux entreprises suédoises, entend proposer une offre de base de données relationnels dans le Cloud 100% européenne afin de protéger les entreprises contre les rouages du Patriot Act. City Cloud Database Service est dès alors accessible gratuitement pendant ses phases de bêta.

"Une alliance européenne offre un refuge contre le USA Patriot Act." L'argument marketing poussé par les sociétés européennes Severalnines et City Networks, pour lancer leur service de base de données dans le Cloud est d'une clarté absolue : se positionner en frontal aux offres américaines de DBaas qui fleurissent sur le marché.

Severalnines, une société suédoise née des mains d'ex ingénieurs de MySQL - et partenaire de SkySQL - , et City Network, un hébergeur - également suédois -  d'environnement Cloud, ont ainsi inauguré la version bêta de leur offre commune de base de données as a service baptisé City Cloud Database Service. L'offre s'adosse ainsi à un socle MySQL, couplé à  Severalnines DataCloud, la plateforme d’automatisation et de gestion de base de données de Severalnines ainsi que sur les services City Cloud  de City Network. Ce service DBaas est gratuit pendant les phases bêta (fixées jusqu'au début 2012).

"Le City Cloud Database Service est exploité dans l'Union Européenne et offre aux clients européens une pleine conformité avec la directive 95/46/CE concernant la protection des données, et un refuge contre de possibles répercussions du Patriot Act américain", martèlent les deux partenaires dans un communiqué. Essayant de prendre le contre-pied des offres américaines et d'exploiter la brèche sécuritaire ouverte, malgré lui, par un responsable de Microsoft en juillet dernier. Gordon Frazer, directeur général de Microsoft Royaume-Uni avait publiquement admis que les données stockées en Europe dans le cloud, sur des plates-formes américaines, pouvaient être, sur demande expresse, transmises aux autorités US dans le cadre du USA Patriot Act, Et ce même si elles sont stockées sur des serveurs européens, et concernent des clients européens.

Le Parlement européen avait alors demandé à la Commission prendre position, pour savoir si oui ou non les lois européennes prévalaient sur les lois américaines. Face au mutisme de l'institution, le gouvernement hollandais avait brandi la menace d'exclure purement et simplement les offres Cloud américaines de ses appels d'offres et de ses politiques d'achats. Le dossier est semble-t-il encore à l'étude.

« Nous pensons qu'un service basé et exploité localement dans l'UE, entièrement compatible avec la législation européenne de protection des données, sera tout particulièrement intéressant pour les entreprises européennes. Les entreprises américaines avec des opérations européennes dans l’UE pourront également bénéficier de cette solution hébergée », insiste Johan Christenson, président de City Network, dans ce même communiqué de presse. Il est à noter que les lois européennes imposent aux entreprises de l'UE de sauvegarder leurs données sur le territoire européen. Les deux entreprises suédoises espèrent ainsi jouer la carte de la conformité avec les régulations du Vieux Continent, tout en surfant sur la vague protection des données. Un élément souvent cités comme l'un des freins n°1 par les DSI quant à l'adoption du Cloud.

Hasard du calendrier, c'est également cette semaine que Heroku, la filiale Paas de Salesforce se décidait également à dévoiler Heroku Postgres, un service de DBaas reposant sur le base de données Open Source PostGreSQL. Rejoignant ainsi VMware, Oracle, Google, Amazon et Microsoft notamment, autres éditeurs ayant avancé leurs pions dans les bases de données relationnelles dans le Cloud.

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