Atos prépare un Cloud privé au parfum d’infogérance

S’il était encore nécessaire de l’illustrer, ne fait pas du Cloud qui veut. Et même si le mot peut paraître fourre-tout, Atos vient de franchir un pas. Avec Microsoft, la SSII lance une offre dite de Cloud privé qui a surtout le goût de l’infogérance. Et, potentiellement, les coûts qui vont avec. Ce qui n’est pas forcément dans l’ADN du Cloud.

Pour Microsoft, on l’aura compris, le Cloud est stratégique. Le groupe propose Azure, côté plateforme as-a-service et des applications, de CRM, et, surtout, de bureautique et de collaboration, avec Office 365. Et de revendiquer quelques «beaux exemples français : Marie Claire, Picard, Vente Privée, Air Liquide, Mobiles Republic...» 

En ce mardi 20 septembre au matin, Gilles Raymond, président de Mobiles Republic, est d’ailleurs là pour vanter les mérites d’Azure :  «notre application permet à l’utilisateur de composer son propre journal en temps réel. Azure s’est imposé comme un choix assez évident pour des questions de liquidités et en raison de l’impossibilité de garantir le succès des produits. Nous avons d’ailleurs eu un échec sur l’une des quatre applications. Mais les trois autres ont explosé : nous avions clairement besoin d’une solution pour accompagner la rapide montée en charge.» Et d’illustrer son propos à l’aide de chiffres : «Il y a un mois, nous  comptions 10 000 nouveaux utilisateurs par jour. Aujourd’hui, nous sommes passés à 30 000.» Pour lui, la flexibilité offerte par Azure n’a donc pas de prix, notamment lorsqu’il s’agit d’aborder de nouveaux marchés : «configurer Azure pour enter sur les États-Unis, ça s’est fait en une journée.»


Côté Cloud privé, hébergé en interne ou en infogérance, Microsoft mise sur ses offres de collaboration mais aussi sur SQL Server, Dynamics et Windows Server. Mais l’éditeur prévoit aussi de s’ouvrir au Cloud hybride. Windows Server 8 et Hyper-V 3.0, récemment présentés à la conférence Build de Microsoft, devraient constituer une avancée importante dans cette direction.


Mais même pour le Cloud public, Microsoft ne mise pas uniquement sur ses capacités de production propre. Et le lancement d’Office 365 en mode managé par Atos, cette semaine, l’illustre bien. Jérôme Brun, vice-président senior chez Atos, en charge des services Cloud, explique viser surtout le secteur public, avec cette offre : «il y a un intérêt très grand du secteur public pour le Cloud. Et l’on fournit déjà plusieurs applications sous ce mode-là. Mais la principale préoccupation pour le secteur public, c’est la question de la souveraineté des données - qu’elles restent dans l’Union européenne ou, mieux encore, sur le territoire national. D’où le lancement d’une offre basée sur nos centres de calcul en France. Et puis il y a aussi un important besoin de conformité qui induit des contraintes difficilement sinon impossibles à appliquer dans un Cloud public. Nous pouvons garantir que la conformité sera là et même l’auditabilité. Dans le Cloud public, l’auditabilité, c’est hors de portée.» Des offre hybrides seraient en outre en préparation mais des questions telles que celle de la facturation restent en suspend.


Se pose toutefois la question de la maintenance et de l’accès aux nouvelles versions. Jérôme Brun explique alors que «Microsoft a exigé que nous fournissions les dernières releases à nos clients. Toutefois, cela peut être un problème pour nous en cas d’étroites interconnexions des applications. Et si une nouvelle release change beaucoup de choses au niveau des interfaces, la migration fera probablement l’objet d’un nouveau projet.» La perspective d’un véritable casse-tête, alors que Jérôme Brun reconnaît que «les clients s’attendent à avoir un flot continu d’innovation qui viennent du Cloud», qu’Atos s’est engagé auprès de Microsoft à fournir les dernières versions à ses clients et mais que ceux-ci pourraient se trouver contraints de payer un projet de migration... qu’ils n’auraient pas vu venir ni planifié au préalable.
Outre le service public, Jérôme Brun se dit «impressionné par l’appétit des grands groupes industriels en terme de Cloud, notamment pour les messageries ».

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