Le W3C ouvre en grand ses bras aux entreprises françaises

Le W3C a décidé de renforcer un peu plus sa présence en France en créant un bureau officiel. Très logiquement, le consortium s'est associé à l'un des piliers de la recherche en France, l'Inria, son compagnon historique dans l'Hexagone. Au programme, un vaste programme de séduction des industriels français qui doit faire gonfler la communauté mondiale du W3C.

Le W3C a décidé de monter d'un cran sa présence sur le sol français. Le consortium, en charge de standardiser le Web, a souhaité étendre sa participation dans l'éco-système du développement web hexagonal en ouvrant son premier bureau officiel. Et très logiquement, c'est avec l'Inria que le consortium entend développer sa communauté en territoire français.

Historiquement hébergé par l'Inria à Sophia Antipolis, le W3C entend se souder davantage à l'un des symboles de l'innovation en France en matière de nouvelles technologies. Et cela ne tient pas du hasard, semble dire Ian Jacob, un représentant du consortium : "L'Inria et le W3C entretiennent des relations très étroites. L'Inria héberge les équipes du W3C en Europe depuis des années (désormais l'Ercim joue ce rôle). Les organismes de recherche sont de formidables sources d'innovation qui peuvent à terme accoucher de standards. […] L'Inria dispose également de connexions avec l'industrie française (et en Europe plus généralement), ce qui en fait un partenaire idéal pour toucher des acteurs clés." Le mot est lâché : le W3C veut s'implanter au plus près des industriels français afin, d'une part, de mieux connaître leurs problématiques, et d'autre part, de favoriser leur "recrutement" au sein de ses précieux groupes de travail et de sa communauté.

"Ce bureau français vise à nouer des relations avec des acteurs de l'industrie en France […], à encourager leur adhésion, et récupérer leurs retours sur les chantiers techniques afin d'aider le W3C à assimiler les exigences régionales (comme par exemple, les problématiques de langages)" résume alors Ian Jacob. Avec ce bureau français, le W3C se crée ainsi un point de contact officiel et clairement identifié, qui devra représenter les intérêts du consortium en France. Une avancée coordonnée en somme pour livrer un message unifié et commun.

Surtout, ce rapprochement avec les communautés et l'industrie avait été esquissé en août dernier lors de l'annonce de la création des Business Group, une plate-forme de verticalisation des développements qui vise à adresser les problématiques métiers d'industries spécifiques. Une stratégie d'ouverture, en somme.

Les clés à l'Inria

Les clés du bureau français ont été confiées à Bernard Odier, un représentant de l'Inria. Il sera le nouveau visage du W3C en France. "Les représentants de l'industrie peuvent faire bien mieux que suivre l'évolution rapide du Web, ils peuvent en être les instigateurs. L'environnement du W3C favorise l'innovation et crée des opportunités de partenariats et de business", explique-t-il alors dans un communiqué, espérant placer le consortium au coeur des entreprises Web françaises. Les travaux de standardisation purs resteront quant à eux au niveau international. "Le nouveau bureau n'organisera pas en direct les activités de standardisation, mais doit apporter de nouveaux participants français à la communauté internationale du W3C. Ils vont organiser et participer à des événements régionaux, par exemple", précise Ian Jacob.

D'autant que la France constitue un "choix naturel" pour lui, citant un fort intérêt de l'industrie (notamment dans les secteurs de l'aéronautique, les télécoms, l'industrie pharmaceutique, l'automobile et le jeu) pour la plate-forme du W3C ainsi qu'un poids technique historique dans la communauté.

Surtout, il est à noter que le consortium a, sur le dos, un très lourd dossier : celui de standardiser les composantes techniques de HTML 5. La norme que toute l'industrie s'arrache : les développeurs web bien sûr, mais également les éditeurs d'applications mobiles, les constructeurs de téléphones mobiles et même les spécialistes du client lourd. A l'image de Microsoft, par exemple, qui en a fait un socle de base de Metro, une des interfaces de son prochain Windows 8.

Il faut également noter que le W3C a mis sur les rails une vaste stratégie de conquête de sa communauté et des développeurs. Pour cela, le consortium avait reçu une aide financière de l'Isoc en décembre 2009 (à hauteur de 2,5 M$). A l'époque, cet apport était notamment motivé par un élargissement de la communauté et une recherche de proximité des développeurs.

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