IBM et SAP lancent en France une offre commune de CRM en mode Saas

Décidés à ne pas se faire manger par les jeunes loups du Saas, IBM et SAP France ont décidé d’être offensifs. Et de proposer en exclusivité mondiale dans l’Hexagone une offre de CRM packagée et en mode Saas. L’occasion surtout de valoriser un savoir faire historique et de promouvoir une approche hybride et donc flexible face aux tenants du tout web.

IBM France et SAP France vont faire cause commune dans le CRM en mode Saas. Une première mondiale puisque l’annonce des deux géants – partenaires de longue date – ne concerne pour l’instant que l’Hexagone. C’est en effet en France que l’idée d’une offre packagée en mode Saas est née en début d’année. Il s’agit de répondre à une demande croissante selon l’éditeur mais également de couper l’herbe sous les pieds des pure player – Salesforce en tête – en faisant valoir l’expérience des deux groupes face à ce que Nicolas Sekkaki, directeur général de SAP France, dénonce comme la prolifération dangereuse des offres sur le cloud.

Hébergée dans un datacenter IBM basé à Amsterdam, la solution repose sur CRM RDS, un outil de gestion de la relation client standard et clé en main reposant sur SAP CRM 7.0. Elle sera commercialisée par les équipes commerciales des deux partenaires mais IBM conserve le lead sur le contrat signé en son nom. Commercialisée au prix de 105 € par utilisateur et par mois pour 100 postes nommés minimum avec un contrat de 3 ans, l’offre est préconfigurée et paramétrable avec une adaptation premium possible via un catalogue de fonctionnalités optionnelles.

Un tarif relativement élevé, donc, au regard des offres Saas concurrentes mais plutôt meilleur marché par rapport aux offres non Saas actuelles, surtout concernant des entreprises qui pourront être des PME - sur la frange haute du segment.

Si SAP connait une histoire compliquée mais déjà relativement longue avec le mode Saas – notamment à travers la saga By Design, l’ERP Saas mid market maison qui revendique 500 clients dont une centaine en France –, l’annonce n’en est pas moins un moment fort dans la vision du groupe. Il s’agit – en s’appuyant sur IBM, n°1 de l’infogérance – d’affirmer sa croyance dans un modèle à venir qui sera hybride et non pas purement web. Nicolas Sekkaki insiste ainsi beaucoup sur la notion de réversibilité de l’offre proposée avec IBM, permettant de garantir au client des possibilités de migration rapide vers d’autres modèles en fonction de ses besoins. Une vision d’autant plus importante pour SAP que finalement, en dépit de l’engouement remarqué pour le cloud computing en général, le Saas ne concernera en 2015 que 10% des 20 milliards d’euros de chiffre d’affaire de l’éditeur.

Cette nouvelle offre IBM / SAP s’adresse dans un premier temps au marché français exclusivement. Mais les ambitions sont bien d’étendre l’initiative à d’autres pays et à un plus grands nombre d’applications. De même si, pour l’instant, seuls les commerciaux d’IBM et de SAP proposeront l’offre, l’éditeur envisage de s’appuyer sur d’autres partenaires dès lors que la solution aura été validée par les premières signatures commerciales. L’objectif affiché est d’arriver à convaincre une dizaine de clients d’ici la fin de l’année et une centaine sur 2012.

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