Mariage dans la sécurité française : Skyrecon vient s’adosser à Arkoon

Les deux éditeurs de solutions de sécurité français Skyrecon et Arkoon viennent de décider d’un rapprochement. Une acquisition en fait, dans laquelle l’éditeur spécialiste de la protection du poste de travail, avec son outil StormShield, prévoit toutefois de conserver une certaine indépendance. Et surtout de s’ouvrir des marchés que sa taille lui interdisait, jusqu’ici, de convoiter.

Skyrecon n’est plus indépendant. Ou presque. Patrick Prajs, président du directoire de l’éditeur,  l’assure : « Skyrecon restera Skyrecon ; il deviendra simplement une division d’Arkoon. » Pas question donc, de voir Skyrecon disparaître dans les entrailles d’un prédateur. Ni même son outil phare de protection du poste de travail, StormShield. Non, pour Patrick Prajs, StormShield devrait même profiter, à terme, des compétences d’Arkoon en matière de chiffrement des données – acquises via le rachat de MSI SecurityBox en 2005 –, un point « important face à la concurrence. » D’autant plus que « en tirant profit de la connaissance d’Arkoon du milieu de la certification, Skyrecon va pouvoir adresser des comptes sensibles : la Défense, des grands groupes pétroliers ou industriels, etc. » De fait, la suite logicielle SecurityBox est certifiée EAL4+ ; les appliances de sécurité FAST360 du Lyonnais sont elles certifiées EAL2+.

En outre, Patrick Prajs souligne que Skyrecon pourra s’appuyer sur « un réseau de partenaires bien établi » ainsi que « sur une structure financière très solide ; ce qui n’a jamais été le point fort de Skyrecon ».

Lutter contre les grands du secteur

A cela s’ajoutent des gains en termes d’image et d’échelle : « face à un McAfee ou un Symantec, nous avions un problème de crédibilité. Notre taille ne nous permettait pas de garantir un programme d’évolutions à cinq ans, par exemple. Mais nous avons une avance technologique sur la protection du poste de travail et nous allons la garder », affirme Patrick Prajs. Certes Skyrecon affronte sur son domaine de grands éditeurs américains, qui ont réalisé des acquisitions pour bâtir une offre complète de protection du poste de travail, mais « nous pensons qu’il y a de la place pour de grands acteurs européens. Et notre stratégie consiste d’abord à travailler sur notre marché domestique. »

Le rachat de Skyrecon par Arkoon doit se faire par échange d’actions pour un montant non communiqué ; l’opération doit être finalisée d’ici à la fin octobre.

Bientôt un nouveau moteur antiviral ?
StormShield, l’outil de protection du poste de travail de Skyrecon s’appuie actuellement sur le moteur antivirus de l’éditeur Panda Software. Quand bien même celui-ci ne servirait « qu’au nettoyage » des postes protégés, il pourrait être remplacé. Parmi les moteurs potentiels, si Patrick Prajs, président du directoire de SkyRecon, évoque, sans précision, des briques d’origine allemande – Avira, G Data ? –, les regards peuvent se tourner légitimement vers Sophos, dont le moteur antiviral équipe les appliances FAST360 d’Arkoon. Pour autant, chez ce dernier, on assure qu’aucune discussion n’a encore été engagée dans ce sens avec l’éditeur finlandais. Et même si Pierre-Yves Hentzen, directeur financier d’Arkoon, assure que le partenariat avec Sophos est « solide », il n’en concède pas moins qu’un rachat comme celui de Skyrecon « interpelle » un spécialiste de l’antivirus qui, lui-même, ne manque pas de chercher à étendre son portefeuille. Comme il a pu le faire en venant chasser sur les terres d’Arkoon et de sa SecurityBox avec le rachat d’Utimaco, en juillet 2008. Et dont la solution Security and Data Protection, présentée en juin dernier, concurrence clairement Stormshield de Skyrecon… Contacté par téléphone, Sophos n’a pas souhaité faire de commentaire.

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