HP-EDS : après les managers, les salariés français à leur tour invités à réduire leurs salaires

Après les managers de la filiale, les salariés de HP et EDS France vont être, dans les jours qui viennent, invités par leur direction à accepter des réductions de salaires. Les organisations syndicales organisent des assemblées générales jeudi 18 juin pour inciter les employés du groupe à refuser cette mesure. D'autant que les managers français eux-mêmes semblent avoir largement traîné les pieds.

Après les managers de HP-EDS - qui ont reçu au printemps une lettre de la direction leur demandant d'accepter une baisse de leur salaire de base de 5 à 10 % dès le mois de mai -, les autres salariés du groupe vont eux aussi être invités à participer au plan d'économies décidé par le patron du groupe, Mark Hurd, conformément au plan de marche annoncé en mars dernier. De source syndicale, les salariés d'EDS sont sur le point de recevoir la lettre recommandée les invitant à accepter une baisse de salaires. Ceux de HP suivront, probablement avant la fin du mois. A réception, ils auront un mois pour faire parvenir une lettre de refus à la direction, faute de quoi la baisse de salaires sera considérée comme acceptée. Pour les cadres (90 % de l'effectif), il s'agit d'une baisse de 5 % du salaire de base. Pour les non-cadres, le niveau d'amputation est limité à 2,5 %.

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Reste que les salariés français, protégés par la loi qui prévoit que la mesure soit conditionnée à l'accord individuel de chaque salarié, semblent peu enclins à participer à l'effort demandé par la direction américaine. Selon diverses sources syndicales interrogées par LeMagIT, les managers français ont ainsi en majorité rejeté la proposition. Selon un syndicaliste, la France obtiendrait, avec l'Allemagne, les plus mauvais résultats du groupe en la matière, ce qui aurait poussé la direction américaine à demander des explications à la filiale hexagonale.

Des AG le 18 juin pour organiser le front du refus

Fort de ce flop, les organisations syndicales organisent jeudi 18 juin des assemblées générales sur les sites des Ulis, d'Issy-les-Moulineaux et de Grenoble afin d'inciter les salariés à rejeter eux aussi la baisse des salaires. Une mesure qui, pour ces personnels, est censée entrer en vigueur début septembre.

Depuis l'annonce de cette mesure (via un mail de Mark Hurd à la mi-février), les critiques sont vives contre ce projet. Les organisations syndicales pointent du doigt essentiellement deux points. Primo, alors qu'il s'agit de répondre aux défis d'une crise par nature passagère, la baisse de salaire n'est pas limitée dans le temps. Secundo, elle est proposée sans contrepartie. "La direction ne prend aucun engagement quant au maintien de l'emploi", souligne Jean-Paul Vouiller, délégué syndical central de la CFTC chez HP. Alors que, précisément, dans son mail aux salariés justifiant cette mesure, Mark Hurd la présentait comme une alternative à des coupes claires dans les effectifs du groupe.

Des craintes pour l'emploi en France

Rappelons qu'après les 25 000 licenciements annoncés suite à la fusion avec EDS, HP a corsé l'addition en mai avec un nouveau plan de départ portant cette fois sur 6 400 postes (2 % de l'effectif). Les organisations syndicales redoutent de voir cette mesure se traduire par un plan social particulièrement drastique dans l'Hexagone : ce dernier pourrait concerner jusqu'à 20 % des effectifs des trois sociétés que compte le groupe en France, selon des sources convergentes. Les représentants du personnel s'attendent à des annonces de la direction en ce sens d'ici à la fin juin.

Une période qui s'annonce particulièrement chargée en matière d'actualité sociale chez HP France : le 26 juin, le tribunal administratif de Nanterre examinera le projet de transfert de 600 salariés de la branche services de HP au sein d'EDS France, suite à une plainte déposée par les syndicats. Ces derniers critiquent le choix de la direction de conserver trois entités juridiques en France, ainsi que le transfert des salariés sous un régime jugé moins favorable que celui qui prévalait chez HP.

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