Résultats : HP en (léger) recul supprime 6 400 postes supplémentaires

En dépit de résultats relativement solide au regard de la crise - résultats notamment portés par l’activité services musclée par l’arrivée d’EDS -, HP poursuit dans la voie des licenciements. 6 400 postes supplémentaires seront supprimés. Ils s’ajoutent aux 25 000 emplois déjà sacrifiés. Une logique de réduction des coûts qui vise surtout à maintenir le niveau des bénéfices.

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Nouvelle cure d’amaigrissement chez HP qui, juste un an après avoir racheté EDS pour se concentrer sur le développement de son activité services, a profité de la présentation de ses résultats trimestriels pour annoncer une nouvelle vague de licenciements portant cette fois sur 6 400 emplois, soit 2 % de ses effectifs. Les départs auront tous lieu d’ici à 12 mois. Ces suppressions de postes viennent s’ajouter aux 25 000 départs annoncés en septembre, au moment de finaliser le rachat d’EDS. Ce premier round de licenciements concernaient tous l’activité services. Cette fois, se sont les divisions industrielles qui seront touchées.

Les résultats ne sont pourtant pas si mauvais pour HP, qui a enregistré pour son deuxième trimestre clos le 30 avril un bénéfice net de 1,7 milliard de dollars – en recul de 17 % - sur un chiffre d’affaires de 27,4 milliards de dollars (- 3 %). Surtout, ils sont en ligne avec les attentes des analystes et les différentes projections du groupe, preuve d’une certaine maîtrise dans un environnement de crise pourtant particulièrement incertain.

Chouchouter les actionnaires

La réduction d’effectifs est donc surtout provoquée par le désir de la direction de ne pas décevoir ses actionnaires. Dans son communiqué, la direction financière laisse d’ailleurs peu de doutes expliquant que si on pouvait être pessimiste sur l’exercice 2009 en terme de revenus – avec une baisse plus importante que prévue et désormais attendue autour de 4 à 5 % par rapport à 2008 –, la prévision de bénéfice par action – entre 3,76 et 3,88 dollars - est elle maintenue. Un prévisionnel supérieur à celui attendu par les 26 analystes interrogés par Thomson Financial, qui prévoient pour leur part un bénéfice de 3,71 dollars par action.

Mark Hurd, patron de HP, semble d’ailleurs avoir fait son deuil de l’activité pour 2009 expliquant que les clients du groupe l’alertaient régulièrement de reports dans leurs investissements. Selon lui, la consigne a été donné aux DSI de tenir aussi longtemps que possible avec les infrastructures existantes, de bien peser les besoins en terme de nouveaux projets et, si ces derniers pouvaient être évités, de ne pas hésiter à les geler.

HP-EDS en France : les cessions avant la fusion

Dans le détail, le deuxième trimestre a confirmé la montée en puissance de l’activité services – avec l’entrée d’EDS – qui double quasiment (+99 %) à 8,5 milliards de dollars. On est cependant encore loin du modèle IBM, après lequel semble courir HP depuis le début des années 2000. Rappelons que Big Blue réalise plus de la moitié de son revenu en services depuis quelques années, contre moins d'un tiers pour HP. Si les chiffres d'affaires de HP Services et de EDS sont déjà intégrés, cela prend plus de temps pour les activités elles-mêmes et les effectifs concernés. Mark Hurd a estimé qu’à ce niveau le calendrier prévisionnel était respecté.

Rappelons que, pour la France, une procédure est actuellement engagée mais elle s’annonce de longue haleine, la nouvelle entité – 4ème SSII de l’Hexagone – procédant d’abord à une cession de certains actifs issus d’EDS, avant l'intégration proprement dite. Après l'arrivée des 600 salariés de HP dans le giron d'EDS, la direction du groupe procédera ensuite au plan social prévu dans le cadre de la fusion. Celui-ci est censé porter sur 580 des 6 500 salariés de l'Hexagone. Mais sans qu'on sache très bien si ce chiffre intègre - ou non - les départs liés à la vente des services applicatifs venus d'EDS.

En dehors de services dont l’évolution est difficile à évaluer du fait de la fusion, tous les segments sont dans le dur et subissent les effets de la crise. Le chiffre d’affaire stockage est en recul de 22 %, et les ventes de serveurs baissent de 21 à 29 % selon les gammes. Côté PC, la chute atteint 24 %. Même le marché portable est touché avec un recul des ventes de 13 % tandis que l’activité impression – longtemps vache à lait du groupe – chute de 23 %.

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