Cisco menace Obama de ne plus investir aux USA

Si les Etats-Unis ne baissent pas le taux d’imposition appliqué pour les rapatriements d’argent, Cisco investira à l’étranger a menacé John Chambers, qui vante la politique fiscale du Canada et de la Russie.

Google, Oracle, Microsoft, Cisco… La plupart des géants américains de l’IT se trouvent à la tête de sommes colossales entreposées à l’étranger, bien souvent dans des paradis fiscaux. Si l’on en croit Business Insider, les entreprises américaines détiendraient ainsi 1 700 Md$ hors des Etats-Unis. Près de 87 % des 6,6 milliards de dollars engrangés par Microsoft, 80  des 31,6 milliards de dollars générés par Oracle et 68 % des 121,3 milliards de dollars gagnés par Apple dormiraient dans des comptes à l’étranger. Si une partie de cet argent provient des activités internationales de ces entreprises, une autre partie est le fruit de l’optimisation fiscale pratiquée à grande échelle par ces entreprises ; cela pour le plus grand déplaisir du Congrès américain qui a d’ailleurs diligenté une enquête à ce sujet. Alors que la plupart des entreprises dans le collimateur des élus pratique plus ou moins ouvertement le lobbying afin d’obliger les élus à revoir le mode de taxation sur les avoirs à l’étranger, il en est une qui a décidé d’amener le débat sur la place publique : Cisco. L’équipementier de San José aimerait en effet rapatrier une partie des quelque 37 milliards de dollars thésaurisés hors des Etats-Unis, sans avoir à payer les 35 % d’impôts applicables sur ces transferts.

Plus aucun investissement aux Etats-Unis Son Pdg, John Chambers a donc profité d’une interview accordée à NBC pour menacer l’équipe Obama. Celui qui fut un conseiller de Georges Bush pour les affaires économiques, a prévenu : si le taux n’est pas revu fortement à la baisse ou, mieux encore, carrément supprimé, il n’investira plus un centime aux Etats-Unis. « Je suis un citoyen américain loyal et Cisco est une entreprise loyale mais concernant notre future croissance et celle de notre personnel, c’est la politique fiscale américaine qui déterminera où elle se déroulera. Si la plupart de notre argent reste hors des Etats-Unis, ce qui dépend des taux d’imposition, c’est aussi là que nous investirons. » On notera à ce propos que les trois dernières acquisitions de Cisco se sont déroulées hors des USA, la première en Grande-Bretagne (NDS Group), la seconde en Israël (Intucell), la troisième en République Tchèque (Cognitive Security). Si l’on en croit John Chambers, les deux meilleurs pays pour investir seraient le Canada et la Russie. C’est du moins ce qu’il a affirmé dans un entretien accordé à Fox Business Networks à l’occasion du Forum économique de Davos.

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