Avec CloudForceOne, Ikoula marque sa volonté de développement international

Fin du Cloud Gaulois. Ikoula passe du combat du Cloud souverain au combat du Cloud mondialisé avec un développement à l'étranger et en changeant l’identité de sa marque Cloud. Qui devient CloudForceOne.

Changement dans l’écosystème du Cloud français. Depuis ce mois de juillet 2016, Ikoula a décidé de revisiter son image de marque, représentée depuis 3 ans par l’image du Cloud gaulois en colère. Une image née avec le financement très controversé par l’Etat (via la Caisse des dépôts et consignations) des deux Clouds souverains, Cloudwatt (finalement racheté à vile prix par Orange) et Numergy (racheté également pour une bouchée de pain par SFR). Ce financement public avait alors hérissé le poil d’acteurs privés du secteur, dont Ikoula qui était quelque peu entré en résistance. Ce Cloud gaulois était alors apparu. 

Depuis, « le cloud étatique n’existe plus et selon une récente circulaire du gouvernement (NDLR : référence à une note gouvernementale qui rappelle aux administrations leur obligation d’héberger leurs données sur le territoire), tous les clouds français sont des clouds souverains », explique Réda Belouizdad, le directeur marketing.

Aujourd’hui, donc, « tout est clair, on abandonne donc cette image de Cloud gaulois. » Désormais l’identité d'Ikoula devra représenter l’un des axes clés de la société : l’international.

Il faut dire qu’à côté de cette image quelque peu franchouillarde, la société a fait évoluer, outre son offre,  son ambition à toucher l’étranger. Résultat, quatre points de présences en Europe, une aux Etats-Unis et une en Asie. En plus de deux datacenters en propre implantés sur le territoire français (à Reims et en Picardie), la société a en effet choisi d’ouvrir d'autres instances, en passant des partenariats avec des acteurs locaux. Ces zones dédiées sont situées aux Etats-Unis (à Miami), à Singapour ainsi qu’en Allemagne (Francfort) et aux Pays-Bas (Amsterdam).

En mars dernier, sa présence aux Pays-Bas était également montée d’un cran avec le rachat de l’hébergeur néerlandais Ermis. Ouvrant officiellement une filiale dans le pays.

Avec cette stratégie, Ikoula ne possède pas ses propres datacenters dans ces pays mais la société peut toutefois offrir Cloud privé et Cloud public aux clients locaux. Aux Etats-Unis, où le Cloud privé était déjà disponible, le Cloud public vient d'ouvrir cet été, précise la directeur marketing.

Logique dès lors d’opter pour une identité aux consonances anglo-saxonnes (CloudForceOne), histoire de bien marquer cette stratégie internationale, explique-t-il en substance. Cette identité risque néanmoins de frotter se frotter à des marques bien installées de Salesforce (Salesforce1 et Force.com), mais « les deux métiers sont bien différents », répond Réda Belouizdad.

Pas de levée de fonds dans le radar

Reste que cette internationalisation demande des fonds. Autofinancé depuis ses débuts (1998), Ikoula avait accueilli en mars 2014 ses premiers investisseurs externes. La société d’investissement Ardian était montée au capital de la société à hauteur de 20%. Cet investissement avait pour vocation de soutenir la croissance à l’international, notamment en Europe.

Reda Belouizdad souligne que ce soutien a permis à Ikoula d’ouvrir les différentes zones à l’étranger et à financer l’acquisition aux Pays-Bas. 

Depuis le marché du Cloud français a un peu évolué. Et certains acteurs sont parvenus très récemment à attirer les investisseurs pour financer leur croissance internationale. D’abord LinkByNet (50 millions d’euros auprès de Kensight Capital), puis OVH qui pour la première fois a ouvert son capital à des fonds américains (250 millions d’euros) – la société d’Octave Klava avait déjà ouvert un datacenter au Canada pour attaquer le marché américain.

Ikoula compte de son côté poursuivre sur sa lancée. Si Réda Belouizdad estime qu’il n’y a pas « de volonté (chez Ikoula) d’aller chercher des investisseurs étrangers » pour financer cette internationalisation, celle-ci devrait bien se poursuivre avec l’ouverture d’autres zones.

Ikoula sonde actuellement ses clients sur leur souhait : la Chine et l’Amérique du Sud sont évoquées. D’autres rachats d’hébergeurs sont également l’étude, confie-t-il, tant en France qu’à l’étranger.

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