Paiement biométrique : Natural Security livre son bilan

Pendant six mois, certains habitants de Villeneuve d'Ascq et d'Angoulême ont pu payer leurs achats en s'authentifiant de façon biométrique. L'expérimentation finie, Natural Security en tire le bilan et dévoile ses projets d'avenir.

D’octobre 2012 à mars 2013,

Natural Security, une start-up lilloise, qui compte banques et enseignes de grande distribution parmi ses actionnaires, a lancé un pilote technique à grande échelle pour authentifier un paiement par la biométrie. En effet, 948 particuliers et 200 points d’acceptations (grandes enseignes et commerces de proximité) à Villeneuve-d’Ascq et Angoulême ont servi de cobayes à une technologie qui associe des données biométriques (l’empreinte digitale à Angoulême, le réseau veineux du doigt à Villeneuve-d’Ascq) à un système de communication sans contact (à la norme IEEE 802.15.4, et non au standard NFC) pour accélérer le paiement. Mardi dernier, l’expérience terminée, la société en a tiré son bilan et présente son futur. Au final, sur les 948 utilisateurs enregistrés, 60 % d’entre eux - soit 568 porteurs -étaient particulièrement actifs avec en moyenne 7 paiements par cette méthode sur l’ensemble de la période. A la fin, 68 % des particuliers auraient aimé continuer à l’utiliser pour payer. Les autres se plaignaient surtout du manque de points d’acceptation (notamment aux stations services). Si la société se réjouit de ces résultats, elle reste très évasive sur ses projets en France, et n’envisage pas l'usage de sa solution dans la sécurisation des e-wallet de paiement, dans le corporate ou le paiement sur Internet. Des discussions sont en cours. Rien ne se formalisera avant l’été. " En attendant, elle s’exporte aux Etats-Unis en s’intégrant aux offres de paiements proposées par Discover, et en servant au contrôle d’accès et au paiement de la cafétéria de l’université de San José, en Californie. La société veut surtout lancer une alliance durant l’été pour promouvoir sa conception de la biométrie respectueuse de la vie privée avec trois règles de base : pas de bases de données stockant les informations biométriques, pas de traçabilité du support de stockage personnel, et confidentialité et intégrité garantie des échanges entre le support et le lecteur.

Tester l’authentification à distance Du côté des banques présentes, l’intérêt est important, mais il faut une deuxième phase de test. Charles-Antoine de Seguier, responsable de projet au sein du département innovation et nouveaux moyens de paiements de BNP-Paribas, explique : « Au niveau des banques, l’un des enjeux est désormais l’authentification du client en multicanal. Nous sommes intéressés par des solutions transverses comme celle de Natural Security, simple et pratique. » Sa banque, comme le Crédit Mutuel Arkea, va désormais organiser un deuxième pilote basé sur les technologies de Natural Security à destination des clients professionnels. Il s’agira alors de permettre aux responsables financiers des entreprises de s’authentifier sur le site de la banque pour faire leurs opérations en ligne de manière sécurisée, y compris pour les transferts importants d’argent ou pour les télédéclarations. Le Crédit Mutuel Arkea veut même passer à l’étape supérieure et discuter avec les grands émetteurs de cartes (Visa, American Express ou le GIE Cartes bancaires) pour accepter l’authentification par biométrie comme un moyen de signer une transaction par carte, équivalent au code PIN actuel.

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