Défense du statut d'auto-entrepreneur : après les Pigeons, les Poussins

Après le mouvement des Pigeons, le gouvernement fait face à une nouvelle fronde menée cette fois par les auto-entrepreneurs, inquiets de la réforme de leur statut. Ceux qui se sont auto-baptisés les Poussins sont bien décidés à chahuter le gouvernement sur les réseaux sociaux.

Après le mouvement des Pigeons, menés par des entrepreneurs qui s'étaient révoltés contre la hausse de la taxation des plus-values de cession, celui des Poussins entend défendre le statut d'auto-entrepreneurs. Avec les mêmes armes : militantisme sur les réseaux sociaux (via notamment le hashtag #pioupiou et une page Facebook) et  pétition en ligne (quelque 8 700 signataires à ce jour). Dénonçant une situation "déjà fragilisée par la récente hausse des cotisations sociales", le mouvement s'oppose à la volonté du gouvernement de limiter dans le temps le régime de l'auto-entrepreneur. 

Un projet de loi, attendu pour septembre, doit en effet ramener à deux ans maximum le bénéfice de ce statut pour les auto-entrepreneurs qui en font leur activité principale (les autres ne devraient pas être affectés par cette mesure). 

Lancé le 13 avril 2013 à l'initiative d'Adrien Sergent, un créateur de jeux vidéos de 19 ans, le collectif des Poussins se lance dans une phase active de militantisme numérique, appuyé par la Fédération des auto-entrepreneurs (Fedae). Hier, cette dernière a quitté la table des négociations, négociations ouvertes par Sylvia Pinel, la ministre du Commerce et de l'Artisanat, afin de discuter de l'avenir du statut en amont du projet de loi. 

Interpeller François Hollande et Fleur Pellerin

"En l'état des discussions, nous estimons que le débat est faussé, explique Grégoire Leclercq, le président de la Fedae. Le rapport sur le statut, commandé par la ministre à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et à l’Inspection des finances (IGF), renfermait 28 mesures concrètes et peu coûteuses. Mais la ministre a choisi de mettre ce rapport à la poubelle." Si la Fedae a quitté la table des négociations, c'est donc qu'elle a l'impression de ne pas être entendu par la ministre et de faire face à un projet de réforme aux contours très flous. "La ministre veut distinguer activité principale et activité secondaire, mais sans plus de détails sur ce qui définira l'une et l'autre", s'énerve Grégoire Leclercq. Autre casus belli et non des moindres : l'introduction annoncée d'une restriction supplémentaire du chiffre d'affaires, qui limiterait l'activité des auto-entrepreneurs à quelque 10 000 euros par an (chez ceux pour qui il s'agit d'une activité complémentaire). 

Pour Grégoire Leclercq, la volonté de la fédération des auto-entrepreneurs est aujourd'hui "d'accélérer la mobilisation. Nous avons rassemblé 10 000 fans en 5 jours sur notre page Facebook. Nous voulons réveiller les consciences, en nous adressant au Président de la République et à sa ministre, Fleur Pellerin". C'est d'ailleurs à cette dernière qu'est adressée la pétition des Poussins, preuve que le dialogue semble bel et bien rompu avec Sylvia Pinel. 

On dénombre environ un million d'auto-entrepreneurs en France. Ces derniers représentent plus de la moité des créations d'entreprises en France et pèsent plus de 15 milliards d'euros de chiffre d'affaires, selon les chiffres communiqués par les Poussins. Début 2012, on dénombrait environ 75 000 informaticiens ayant recours à ce statut, 55 % d'entre eux travaillant dans les services aux entreprises.

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