Open World Forum : une édition 2012 placée sous le signe de l’emploi

L’édition 2012 de l’Open World Forum, qui se veut toujours l’un des plus grands carrefours de l’Open Source en Europe, sera témoin de la publication de la Charte Emploi Libre qui devra identifier les entreprises actives dans la filière. Une façon de structurer l’emploi et d’identifier les entreprises respectueuses des pratiques Open Source afin de soutenir la croissance promise du marché.

L'open World Forum se tiendra à Paris du 11 au 13 octobre 2012.

«Tout le monde a à l’esprit la circulaire et j’espère que cela ouvrira la voie et fera des émules». Visiblement,  la circulaire Ayrault sur le logiciel lible, publiée la semaine dernière, a mis du baume au coeur de Patrice Bertrand, le directeur général de la SSLL française Smile, qui est aussi le président de la 5e édition de l’Open World Forum, le grand raout de l'Open Source et du logiciel libre qui se déroulera du 11 au 13 octobre prochain à Paris. Un optimisme partagé par Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris chargé de l'innovation, de la recherche et des universités, selon lequel l’éco-système du logiciel libre hexagonal représente «un bassin d’emploi pour la région» et constitue la base d’un nouveau «modèle d’innovation». Toutes les conditions semblent ainsi réunies pour un bon cru 2012 de l’OWF, un événement qui s’inscrit dans la continuité, en reprenant les grands thèmes chers aux organisateurs, comme l’intégration de l’Open Source par les DSI, les solutions - le cloud y tiendra évidemment une place toute particulière- , les enjeux humains et juridiques, la communauté et la R&D (qui formeront les piliers de la thématique Think). Sans oublier l’aspect développement et communautés de développeurs au coeur du mécanisme du Libre (Code), et enfin le grand public (via le pilier Experiment). Dans le modèle libre ce dernier est ainsi vu comme un maillon de la société du numérique. 

Autant d'éléments que devraient «confirmer l’Open World Forum en tant que carrefour européen de l’Open Source et des démarches ouvertes et de plate-forme collaborative», écrivent les organisateurs de l’événement. 

Il faut dire qu’en France, l’Open Source commence à peser sur le marché des logiciels et services. Selon le cabinet d’étude Pierre Audoin Consultants (PAC), le segment de l’Open Source a ainsi représenté un CA de 2,5 milliards d’euros en 2011, comptant notamment pour 6% du marché des services en France. Cettepart devrait passer à 9% en 2015, selon les anticipations de PAC. L’autre exemple de l’adoption des logiciels Open Source par les entreprises françaises vient d’une étude de l’Insee : 21% des sociétés en France sont équipées au moins d’un poste sous un OS Open Source et quelque 43% affirment posséder un logiciel bureautique libre (comme LibreOffice par exemple). Surtout, la filière emploie désormais 30 000 personnes dans l'hexagone. 

Pour ces promoteurs, la filière du libre français doit s’organiser pour maintenir les précieux mécanismes du logiciel libre et de l'open source. Et inciter notamment les étudiants et futurs ingénieurs à opter pour le mouvement du code ouvert et à s’y former. Bref stimuler l’éco-système. Pour Roberto Di Cosmo, directeur de l’Irill (Initiative de Recherche et Innovation sur le Logiciel Libre), les enseignements actuels souffrent de l’absence des connaissances clés, comme les bonnes pratiques des communautés, comme contribuer à l’Open Source. Car si le mouvement prend de l’ampleur comme le montrent les statistiques, la filière souffre d’une pénurie de compétences et de profils spécifiques, explique Philippe Montargès, co-président d’Alter Way, président du PLOSS et vice-président du CNLL (Centre national du Logiciel Libre). 

C’est dans cet esprit que le PLOSS, le Groupe thématique logiciel libre de Systematic et le CNLL ont rédigé une Charte du Libre Emploi - qui sera présentée le 12 octobre à l’occasion de l’OWF. Une charte dont la vocation est de «permettre à des étudiants et aux professionnels désireux de travailler dans le domaine du logiciel libre de connaître les entreprises qui s’inscrivent dans une démarche durable au sein de l’éco-système», comme l’expliquent les rédacteurs de cette charte. Aussi, traduira-t-elle indirectement les besoins des entreprises en matière de compétences. 

Cette Charte du Libre Emploi reposera ainsi sur 5 engagements qui serviront à repérer les entreprises actives au sein du logiciel libre et surtout, en ligne avec les mécanismes qui animent la filière. Ces 5 engagements sont:

  • Fournir un environnement professionnel libre à chacun des collaborateurs qui le souhaite ;
  • Favoriser la contribution des collaborateurs aux communautés du logiciel libre, notamment en encourageant la redistribution des modifications sur les logiciels libres existants effectués dans le cadre des activités d’entreprise ;
  • Participer, via les collaborateurs et/ou un soutien financier, aux événements de l’écosystème libre ;
  • Permettre aux collaborateurs de se former tout au long de leur carrière sur des technologies libres afin de leur assurer une évolution professionnelle dans le domaine du libre ;
  • Lors du versement de la taxe d’apprentissage obligatoire, considérer en priorité les formations supérieures qui proposent un enseignement des méthodes, des techniques et des outils propres au logiciel libre.

Une dizaine d’entreprises seraient déjà signataires. «L’idée est de la répercuter vers les grands clusters», souligne enfin Philippe Montargès. «On pourrait même imaginer créer un label pour les éditeurs», lance Patrice Bertrand, affirmant que l’Open Source et le Libre en France «ont besoin de repères et d’indicateurs» sur leur degré d’implication dans le mouvement. Il en va de la fameuse croissance attendue par les acteurs de la filière.    

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