Franck Cohen, SAP : « Nous devons encore accentuer nos efforts d’évangélisation »

2ème trimestre solide en dépit d’une croissance à un chiffre pour SAP. L’éditeur enregistre un fort ralentissement de son activité en Asie et évoque une accélération forte de la transition vers le cloud aux Etats-Unis. Pour l’Europe et la France, Franck Cohen, président de SAP pour la zone Europe, revient pour LeMagIT sur les grandes tendances.

2ème trimestre solide en dépit d’une croissance à un chiffre pour SAP. L’éditeur enregistre un fort ralentissement de son activité en Asie et évoque une accélération forte de la transition vers le cloud aux Etats-Unis. Pour l’Europe et la France, Franck Cohen, président de SAP pour la zone Europe, revient pour LeMagIT sur les grandes tendances.

Au cours de son second trimestre fiscal, SAP a enregistré un chiffre d'affaires de 4,06 Md€, en progression de 4% sur un an (8% à taux de change constant). L'éditeur allemand a aussi vu son bénéfice net progresser de 10% à 724 M€ (5% à taux constant). 

Le trimestre a été marqué par un recul de 7% des ventes de licences (à 982 M€), tandis que les abonnements cloud progressaient de 206% pour atteindre 159 M€. La maintenance logicielle et cloud affiche de son côté un CA étal, à 1,14 Md€, tandis que le support progresse de 8%, à 2,17 Md€. Enfin, les activités de services ont progressé de 6% sur un an, pour s'établir à 3,3 Md€. Pour faire le point sur l'activité de l'éditeur, LeMagIT s'est entretenu avec Franck Cohen, président de SAP pour la zone Europe. 

Franck Cohen est Président de SAP pour la zone EMEA (crédit photo : SAP)

LeMagIT : En 2012, le 2eme trimestre avait été une période record en termes d’activité. Cette année la croissance ralentit assez fortement mais demeure solide, comment interprétez-vous ce résultat ? 

Franck Cohen : Si l'on regarde la performance pure, on a une croissance de 8% du CA global à taux de change constant. Sur la partie Licences et maintenance, on est même à 10%. C’est le point positif. En dépit du contexte, SAP maintient solidement un cap positif. Maintenant, nous sommes conscients qu’il n’y a pas de changements macro-économiques profonds à attendre. Nous - l’ensemble de l’industrie et nos clients - nous habituons à évoluer dans ce contexte de croissance économique très faible. On fait avec la crise : les entreprises cherchent à investir afin d’innover et de gagner des points de croissance, et nous devons faire la preuve – beaucoup plus qu’avant – du RoI de nos solutions. Dans ce contexte l’Europe se maintient portée par l’Allemagne, mais également par un regain en Europe du Sud avec des croissances à 2 chiffres. On observe également un recul en Russie. 

Mais d’où vient le ralentissement observé sur ces trois derniers mois ? 

Franck Cohen : Les points plus négatifs de la période qui vient de s’achever concernent essentiellement le ralentissement fort des investissements en Asie, que l’ensemble de l’industrie constate également. Ensuite, nous sommes dans une période de mutation particulièrement forte aux Etats-Unis. Nous observons une transition très rapide en Amérique du nord vers le cloud computing. Du coup, l’impact sur les licences est assez fort. L’ensemble des lignes concernées chez SAP connaît des croissances à 3 chiffres. 

En termes de tendance, qu’en est-il justement du développement européen pour les offres liées au cloud computing ? 

Franck Cohen : Sur la zone EMEA, le cloud est également une réalité. Mais la bascule s’opère moins vite qu’aux Etats-Unis. Si je prends l’exemple des applications RH, la ligne on Premise est également en croissance, même si la partie cloud – avec SuccesFactor – progresse plus rapidement. Par ailleurs l’Europe présente toujours un aspect contrasté. Le marché britannique ressemble plus à ce que l’on rencontre outre-Atlantique, avec une forte croissance du cloud. En Afrique, en revanche ce n’est pas la question. Sur la zone euro, cependant on a des tendances homogènes. Et on commence même à avoir de belles signatures en Europe du Nord. En France, cela va arriver dans les trimestres qui viennent. Car nous en sommes sûr, le cloud est la clé des trimestres à venir. Il faut – et nous le faisons – prendre cette vague très au sérieux. C’est pourquoi nous avons aligné l’ensemble de nos équipes pour tirer parti de cette tendance forte. Les commerciaux notamment sont concernés et cette mise place stratégique doit être plus visible au second semestre 2013 et commencer à porter ses fruits. 

Au-delà du cloud, SAP porte depuis de nombreux trimestres maintenant un discours sur l’innovation. Comment cela se traduit-il en termes d’activité ? 

Franck Cohen : En réalité, au-delà du cloud computing, c’est l’ensemble de notre portefeuille d’innovations qui est porteur. La croissance vient clairement de là, avec cependant des niveaux d’adoption plus important au nord qu’au sud de l’Europe. Il y a cependant des exemples – notamment Guerbet  (spécialiste des technologies de contraste dans l’imagerie médicale) en France sur le dernier trimestre – qui montrent que dès lors que l’on est sur un nouveau client, l’offre d’innovation vient comme une évidence, notamment autour d’Hana. Séduire la base installée peut s’avérer plus complexe, mais c’est à nous de faire l’effort d’explication pour montrer la valeur apportée. Nous devons de ce fait encore accentuer nos efforts d’évangélisation autour de nos innovations. Nous ne sommes finalement qu’au début de cette vague technologique et si nos clients habituels se montrent très intéressés, ils attendent de nous que nous fassions la démonstration du RoI et que nous montrions les premiers cas concrets d’adoption. Après avoir rivalisé et parlé techno, il s’agit de mieux présenter nos innovations en termes d’usages. 

En termes de marché, les tendances sont-elles les même toutes tailles d’entreprises confondues ? 

Franck Cohen : La France est intéressante de ce point de vue. La partie de notre activité reposant sur les partenaires et adressant les PME progresse rapidement. La dynamique lancé par Henri van der Vaeren il y a un peu plus d’un an et très portée sur les partenaires porte ses fruits. Notre volonté clairement affichée d’aider les partenaires sur les PME a séduit.  

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