Les API OpenStack font débat au sein de la fondation

Nos confrères de SearchCloudComputing nous emmènent dans un débat qui anime fortement la communauté OpenStack depuis la fin juillet. La plate-forme Open Source doit-elle ou non devenir plus compatible avec les API AWS. La question divise la communauté.

Les membres de la communauté OpenStack se sont réunis la semaine dernière et pris part au débat qui anime actuellement la communauté : la compatibilité de la plateforme avec les API d’Amazon Web Services. Deux membres cadres de l’OpenStack Foundation se sont ainsi affrontés sur ce terrain lors d’un débat.
D’un côté, Randy Bias, directeur technique de la société Cloudscaling, défend son point de vue : celui de travailler à rendre compatible OpenStack avec les API et l’architecture d’AWS. Ce membre de fondation s’est notamment fait remarquer fin juillet en adressant une lettre ouverte à la communauté, gravitant autour de la plateforme cloud. Son message, qui a provoqué une polémique et quelque peu divisé la communauté : le futur d’OpenStack dépend de son niveau de compatibilité avec la plate-forme d’Amazon. Il estime notamment qu’en rendant OpenStack compatible avec les API AWS, la plateforme, déjà bien positionnée sur le Cloud dit privé, pourrait se placer en «pôle position» pour dominer le cloud hybride. De l’autre côté, Boris Renski, co-fondateur et directeur marketing de la société Mirantis, qui milite quant à lui pour le renforcement des API OpenStack. Même si tous deux affirment n’être pas en profond désaccord, les jurons et autres cris parmi les participants montrent qu’il en est autrement.

En tant que modérateur et prenant également part aux débats, Joe Arnold, CEO de SwiftStack, qui propose des services de stockage Cloud, a ouvert les hostilités en interrogeant Randy Bias sur l’alignement d’OpenStack sur des API tiers et le risque potentiel d’étouffer l’innovation. «Il est quelque peu ridicule de dire que les [API AWS] étouffent l’innovation, a-t-il répondu. D’une part, elles ne sont qu’une des APIs présentes dans OpenStack. D’autre part, elles sont extrêmement stables, donc nous ne parlons pas d’API susceptibles de briser la compatibilité rétroactive.» L’innovation ainsi que la standardisation peuvent être effectuées de façon simultanée, ajoute Bias, arguant qu’il devrait être plus facile de faire migrer les clients hors d’AWS et vers OpenStack, si les deux services ont une compatibilité affirmée.
Puis vient la question sur les clouds hybrides et sur le déplacement des traitements entre AWS et OpenStack. «La compatilibilité de la plate-forme Amazon dans OpenStack n’est peut-être pas importante pour les entreprises qui bâtissent aujourd’hui des clouds hybrides, renchérit Boris Renski. «Je ne crois pas qu’il soit vraiment possible de mettre en place une compatibilité cross-platform entre deux écosystèmes indépendants, qui innovent et développent leurs API natives séparément», insiste-t-il. «Quiconque, sain d’esprit, essaie de faire tourner une application sur OpenStack installé sur site, puis tente de la distribuer vers AWS, utilisera une forme de proxy entre les deux.»

Les commentaires des participants étaient tout aussi passionnés. «Il serait complètement fou que l’ensemble de la communauté puisse affirmer : OK nous avons carte blanche, nous allons répliquer toutes les API Amazon - Amazon est une entreprise commerciale qui poursuit ses propres intérêts ; ils n’ont pas les mêmes intérêts à l’esprit, en aucun point», lance un participant. «Alors où placez-vous les limites ?» Renski concède que donner un parfum AWS à OpenStack ne serait pas une si mauvaise idée. «Mais j’imagine que la question est : quel sens cela a-t-il de se concentrer sur ce point maintenant ?»

Le rôle de Rackspace questionné

Le débat a ensuite pris une dimension plus concrète lorsque le cas de Rackspace, l’un des co-fondateurs d’OpenStack et son plus grand contributeur, a été abordé. L’API originale d’OpenStack reposait sur Amazon Elastic Compute Cloud, mais Rackspace a plus tard proposé sa propre version qui a servi de base aux jeux d’API aujourd’hui présents dans OpenStack, affirme Randy Bias. «En de nombreux points, Rackspace a placé le ver dans la pomme. Les API de Rackspace ne sont pas là par accident. Il s’agit d’un acte volontaire.» Une API différente de bas-niveau supprimerait ce «parti-pris inhérent», soutient-il. «Cela a prit une telle dimension que les anciennes API Rackspace sont devenues les API natives d’OpenStack», réplique Renski. «Je ne dis pas qu’il s’agit d’API parfaites, mais je suis en désaccord avec l’hypothèse que l’API est toxique par nature.»

Lors d’un entretien avec nos confrères de SearchCloudComputing, après le débat, le CTO de Rackspace, John Engates s’est élevé contre les propos de Bias. Le module de «compute» Nova était très immature lorsque Rackspace est entré en jeu, affirme-t-il. «Rackspace n’a pas détruit cela pour y placer ses propres API et répondre à ses propres besoins.»
A cette époque, la NASA utilisait les API AWS car elle était en pleine phase de transition depuis Eucalyptus, ajoute Engates. «Les développeurs de Rackspace ont ainsi vu une opportunité de l’améliorer plutôt que d’avoir à faire du reverse-ingineerring sur Amazon et d’essayer de copier ce qu’ils avaient développé.» «Au premier jour, lorsque nous avons annoncé OpenStack, la communauté s’est mise en place et a commencé à développer ce dont le monde avait besoin, selon nous. Nous étions une communauté dès ce premier jour.»

AWS n’a pas commenté cet article avant sa publication.

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