La naissance de la fondation Cloud Foundry relance le débat du Paas Open Source

La naissance de la Cloud Foundry Foundation relance le débat autour du PaaS Open Source et constitue une menace pour les alternatives comme Solum ou OpenShift.

Les informaticiens à la recherche d’un standard pour le déploiement d’une solution de PaaS sont aujourd’hui confrontés à une offre cacophonique et le débat sur les standards PaaS vient de connaître une nouvelle vague avec la création d’une nouvelle fondation Open Source autour de Cloud Foundry.

La Cloud Foundry foundation, initiée par Pivotal la semaine dernière, est un défi aux autres initiatives visant à créer un standard PaaS Open Source, notamment autour d’OpenStack et d’OpenShift, le PaaS de Red Hat.

Cloud Foundry est un PaaS open source sous licence Apache 2.0 créé par Pivotal, une des divisions d’EMC. La nouvelle fondation va permettre à d’autres acteurs du secteur, parmi lesquels EMC, Hewlett-Packard, IBM, Rackspace Hosting, SAP et VMware de participer à la gouvernance du projet.

L’adoption des PaaS en entreprise est encore balbutiante, mais il est de plus en plus évident qu’une offre Open Source appuyée par les supports de grands fournisseurs est l’avenir, s’accordent les experts du secteur.

La question est de savoir lequel des projets libres en lice va l’emporter. La « Balkanisation » des offres, chacune revendiquant le statut de « standard » est un risque potentiel pour d’adoption par les entreprises désireuses d’expérimenter avec le PaaS explique John Scott, vice -président du développement de Windward IT Solutions, un fournisseur de services basé à Washington.

« Tout le monde souhaite les bénéfices de la standardisation et lorsque plusieurs standards s’affrontent, cela inhibe les progrès de l’open source » indique Scott. « Et je pense que c’est un problème en matière d’adoption par les entreprises ».

Cloud Foundry doit faire face à de multiples concurrents open source

Certains spéculent sur le fait que la création de Cloud Foundry foundation sonne le glas pour les efforts en cours visant à créer un PaaS sur OpenStack. D’autres en revanche affirment que la concurrence dans le monde des PaaS libres ne va faire que s’intensifier alors que les standards alternatifs s’affrontent pour une part du marché.

Un embryon de PaaS OpenStack, dont le nom de code est Solum, est notamment au cœur de ce débat.  Solum, si l’on en croit sa page officielle sur le Wiki OpenStack, “est conçu pour rendre les services cloud plus simple à consommer  et à intégrer dans le processus de développement d’applications » et s’appuie sur un autre projet open source, le projet de conteneurs Linux portables Docker.

Le projet Solum en est au tout début de sa phase de développement, et suit les consignes de développement d’OpenStack, mais n’a pas encore été sélectionné par le comité technique OpenStack et n’a pas été retenu pour intégration dans OpenStack.

“Solum est né car il y a beaucoup d’avantages à disposer d’un service natif à la plate-forme » indique Boris Renski, vice-président exécutif de Mirantis, un intégrateur  OpenStack basé à Mountain View en Californie.

Cloud Foundry, qui est en cours de transfert au sein d’une fondation indépendante ne change rien à la situation explique Renski.

Les partisans de Cloud Foundry ont bien sûr un avis différent, puisque Rackspace qui est à l’origine de Solum a désormais rejoint la Cloud Foundry Foundation.

“Jusqu’alors les clients avaient tendance à se tourner vers Rackspace pour un support sur Solum,” explique Josh McKenty, CTO de Piston Cloud, un éditeur de distribution OpenStack, membre du comité de direction de la fondation OpenStack qui a aussi réalisé la première intégration entre OpenStack et Cloud Foundry.

“Rackspace supporte Cloud Foundry de la même façon que tout le monde et de ce fait, il n'y a plus aucune raison d’utiliser Solum,” explique McKenty.

Rackspace est toutefois prêt à tenter de jouer la carte des deux projets plutôt que d’abandonner Solum en rase campagne. RackSpace considère qu’il y a une demande pour deux types de couche de plates-formes de services selon que les clients viennent d’un monde orienté PaaS ou IaaS,” indique John Igoe, vice-président de RackSpace en charge des offres de cloud privé. « Les clients orientés PaaS auront tendance à privilégier la portabilité inter-cloud que permet Cloud Foundry alors que ceux qui sont plutôt orientés IaaS apprécieront la capacité de Solum à tirer pleinement parti de leur couche existante de IaaS ». 

Un autre acteur, Red Hat, n’entend pas abandonner ses ambitions et a développé son propre PaaS Open Source, baptisé OpenShift qui s’intègre à son offre OpenStack. La fondation Cloud Foundry représente une menace claire pour les efforts Red Hat, qui en tant que principal contributeur à OpenStack ne devrait pas rester sans réagir.

“Il s’agit d’une attaque frontale contre OpenShift », explique Shlomo Swidler, CEO de la société de conseil Orchestratus en parlant de Cloud Foundry. “Pivotal vient de lancer un vrai défi à Red Hat, en indiquant non seulement que « vous êtes soit avec nous soit contre nous », mais aussi que « si vous êtes contre nous, vous êtes aussi contre l’écosystème ».

Chez Mirantis, Renski s’attend à ce que Red Hat redouble dans ses efforts autour d’OpenStack. « Cela va doper Solum car il y a un certain nombre d’acteurs, dont Red Hat, qui ont un intérêt à voir émerger un PaaS neutre » explique-t-il. Red Hat s’est refusé à tout commentaire.

Une tempête dans un verre d’eau ?

Pour certains, ce jeu de ping-pong entre acteurs du PaaS ne résout pas la question fondamentale des standards PaaS. Ce que beaucoup d’entreprises attendent d’un standard PaaS est un processus de développement applicatif plus efficace et plus abordable permettant également la portabilité des applications entre plates-formes d’infrastructures. Pour l’instant on est très loin de cette vision explique John Treadway, vice-président senior de Cloud Technology Partners, une société de conseil en cloud basée à Boston.

“Le débat que l’on devrait avoir est comment on fait en sorte que les clients aient suffisamment confiance pour déployer du PaaS » explique Treadway. “Ce dont on devrait discuter est comment les entreprises peuvent espérer faire confiance à un fournisseur alors que tous ces PaaS opèrent pour l’instant de façons si différentes. ”

Le marché va évoluer vers un ensemble de standards best of breed hétérogènes prédit Swidler. Dans le monde open source, OpenStack fournit l’infrastructure de calcul, et l’avantage semble être à Cloud Foundry pour le PaaS. Un troisième composant, celui des services Big Data, prend forme avec l’émergence d’Hadoop, un domaine vers la fondation Cloud Foundry devrait concentrer ses efforts.

“Le choix des utilisateurs s’oriente vers Hadoop pour un grand nombre de workloads » explique Swidler. “Et c’est une composante qui n’est pour l’instant pas encore bien intégrée aux écosystèmes OpenStack et Cloud Foundry.”

 

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