Services : Cheops résiste et mute habilement vers le Cloud

A côté des grandes SSII cohabite un secteur dense et en pleine mutation de plus de 2 000 partenaires à valeur ajoutée et de 5 000 petits partenaires. Parmi les plus importants, Cheops vient d’annoncer des résultats plutôt rassurants. Et cela grâce en partie à un modèle fortement hybride sur le Cloud. Une mutation obligée selon son PDG Nicolas Leroy Fleuriot.

Alors que les partenaires informatiques et les SSII vivent une mutation sans précédent, accompagnant notamment le mouvement vers le Cloud, LeMagIT mettra désormais régulièrement en lumière l’activité des partenaires des DSI, notamment ceux des entreprises de taille moyennes et intermédiaires. A côté des grandes SSII cohabite un secteur dense et en pleine mutation de plus de 2 000 partenaires informatiques à valeur ajoutée. Parmi les plus importants, Cheops vient d’annoncer des résultats plutôt rassurants.  Et cela grâce en partie à un modèle fortement hybride sur le Cloud. Une mutation obligée selon son PDG Nicolas Leroy Fleuriot.

 

LeMagIT : En dépit de la morosité ambiante il semble que Cheops amortisse bien le choc ?

Nicolas Leroy Fleuriot : Effectivement Cheops tient bon la barre sur fond de transformation vers le Cloud. Malgré un chiffre d’affaires en recul de 8% sur l’exercice, nous sommes parvenues à maintenir un bon niveau de rentabilité et à générer des cash flows significatifs. Il en résulte une solidité financière encore renforcée permettant de poursuivre notre politique d’investissements massifs en faveur de nos offres de Cloud Computing iCod et iCod Healthcare, pour le secteur de la santé. Les divisions Infrastructure et Modernisation Technologique ont accusé une baisse sensible de leur niveau d’activité comparé à celui de l’exercice précédent. Le recul des investissements informatiques des entreprises, conséquence de la conjoncture économique, le « mouvement de fond » vers les offres Cloud au détriment des projets d’investissements portés par la division Infrastructure, ainsi que la restructuration nécessaire de l’une des agences en sont les raisons. A contrario, la division Infogérance & Cloud a une nouvelle fois dépassé les attentes, grâce au succès d’iCod, avec un taux de croissance excédant 45%. Nous avons dégagé, sur 2012/13, un résultat net de 1,66 M€ contre 1,80 M€ l’année précédente, soit, au final, une légère baisse qui démontre la belle résistance des résultats de la société et sa capacité à traverser presque sereinement les périodes économiquement défavorables.

 

LeMagIT.fr : Ces bons résultats s'inscrivent dans le cadre de la mutation du secteur de la distribution informatique vers de nouveaux business models. Quelle est votre analyse ?  Et comment Cheops a anticipé ces mutations ?

Nicolas Leroy Fleuriot : Toutes les études confirment que l’adoption du Cloud est massive, nous sommes en France en train de passer de deux entreprises sur cinq à trois entreprises sur cinq adoptant le Cloud pour tout ou partie de leur système d’information. Selon moi, seuls réussiront sur le Cloud, les ESN (Entreprises de services du numérique, nouvelle appellation des SSII proposée par Syntec, ndlr) ayant une double compétence Infrastructure et  Production Informatique. Il est en effet indispensable de savoir dimensionner, choisir et acheter au meilleur prix les technologies utilisées par le Cloud et de garantir aux clients une capacité à superviser leurs applications pour les maintenir en conditions opérationnelles. C’est cela qu’attendent nos clients composés principalement de PME et d’ETI. C’est cette double expertise que nous cultivons depuis 2009, date à laquelle nous avons lancé notre offre de Cloud iCod qui vient de franchir la barre des 100 clients en production. En outre, au-delà d’équipes de production et de normalisation ITIL, nous avons également investi très tôt dans un datacenter en pleine propriété qui nous permet de conserver une certaine agilité attendue par nos clients, que nous ne pouvons avoir dans des datacenters où nous sommes locataires. La maîtrise de toutes les briques du Cloud est indispensable pour réussir.

 

LeMagIT.fr : Vous semblez plutôt dans une position de consolidation avec votre récent rachat du groupe Ocealis. Quels sont les autres axes qui sont intéressants à moyen terme pour Cheops ?

Nicolas Leroy Fleuriot : Nous venons effectivement de procéder à l’acquisition du groupe lyonnais Ocealis. Spécialisée sur 2 métiers, les réseaux et la sécurité d’une part, l’infogérance d’autre part, l’entreprise compte 70 salariés et réalise 14 M€ de chiffre d’affaires consolidé. Cela va nous permettre de faire un bon au niveau du chiffre d’affaires. A moyen terme, je ne peux pas tout vous dévoiler à ce stade, mais nous ferons prochainement des annonces majeures en matière de Cloud, notamment avec l’un des Cloud souverain français en annonçant autre chose qu’un partenariat marketing qui fait partie de la communication traditionnelle de beaucoup d’acteurs dans notre secteur. Nous lancerons également de nouvelles offres très originales de Cloud en matière de sécurité, d’authentification pour les utilisateurs mobiles, ainsi qu’une offre de communications unifiées. Nous investissons énormément pour conserver notre avance technologique et poursuivre notre prise de parts de marché sur le Cloud, en cohérence avec notre stratégie « rester un grand faiseur en infrastructure tout en devenant un leader du Cloud sur le Mid-Market ».

 

LeMagIT.fr : Enfin, nous sommes bientôt à la fin de l'année et après une année 2013 un peu difficile, pensez-vous que les DSI vont disposer de nouvelles marges de manœuvres pour 2014 et si oui, dans quelles directions vont se diriger leurs investissements ? 

Nicolas Leroy Fleuriot : Tant que les économies mondiale et européenne - française en particulier - resteront chancelantes, il n’y aura pas d’extension des budgets pour les DSI. Toutes les études s’accordent - au mieux - sur une stagnation des budgets. Par contre, la transition du Capex à l’Opex va encore s’accélérer, avec le Cloud comme solution majeure. Pour les DSI qui ne veulent ou ne peuvent externaliser, ils seront condamnés à faire plus avec moins et à démontrer des RoI très courts. Tout ce qui touchera à l’automatisation et à l’orchestration de processus devrait connaitre une embellie, et à l’instar de ce que nous avons fait chez Filhet Allard Assurances ou Thelem Assurances, nous avons de belles compétences à apporter à nos clients pour la construction de véritables Cloud Privés internes apportant de l’agilité et du RoI.

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