Entretien avec Jean Marc Defaut, VP Cloud Computing (HP)

Jean Marc Defaut, VP Cloud Computing chez HP revient sur la maturité des DSI par rapport au Cloud Computing, ainsi que sur leurs attentes.

« Notre activité est un bon baromètre des tendances cloud chez les DSI »

 

LeMagIT.fr : Comment se développe votre activité dans le Cloud en France ?

Jean Marc Defaut : HP a mis en place pour ses clients une organisation spécifique au niveau mondial. Une approche complétement intégrée permettant à nos clients de pouvoir avoir accès à toutes nos ressources technologiques, logicielles et de service pour bâtir leurs projets  de Cloud Computing.  En addition de cela, en France,  c’est une équipe de 15 spécialistes qui sont dédiés à la conception et réalisation de ces projets. Cela nous a permis de concevoir et réaliser de très gros projets. Je peux en citer deux : le courtier Filhet Allard et Numergy avec notamment un cloud public intégrant plus de 10 000 machines virtuelles (VM). Aujourd’hui nous avons à notre actif plus de 30 projets réalisés et surtout une centaine de projets en gestation.  On peut dire que le marché a réellement décollé depuis cet été.

 

LeMagIT.fr : Justement par rapport aux demandes actuelles des DSI, notez-vous des évolutions ?

Jean Marc Defaut : La maturité des DSI en matière de Cloud public et privé a beaucoup évolué ces derniers mois. Au départ leur perception du Cloud reposait sur une vision technologique limitée à la virtualisation et à des services d’infrastructure informatique à faible valeur ajoutée autour de la disponibilité des ressources informatiques. Depuis, la réflexion des DSI sur le Cloud  s’est  considérablement élargie et elle est bien plus sophistiquée. Nous avons des projets informatiques sur le Cloud plus complexes à traiter autour,  par exemple,   de  l’automatisation de la livraison d’environnements applicatifs ou middleware, de la réduction des cycles de développement du logiciel, de l’interopérabilité, du décloisonnement des infrastructures par l’intermédiaire d’une meilleure administration logicielle du Cloud. C’est d’ailleurs l’un des domaines de compétence clé de Hewlett Packard sur le Cloud Computing, à travers notamment sa solution Cloud Service Automation qui suscite un vif intérêt de la part des DSI dès lors que l’on cherche à rendre agile son infrastructure informatique.

 

LeMagIT.fr : Est-ce que cela veut dire que l’on est en train de basculer  dans une  informatique complexe et coûteuse avec le Cloud ?

Jean Marc Defaut : Non pas du tout. Bien sûr il y a toujours une réflexion de fond sur la maîtrise des coûts informatiques. Sur les projets en cours, nous avons en moyenne des réductions d’investissement de 30 % par rapport à une approche traditionnelle d’investissement en informatique, notamment sur le logiciel et les tests de développement. Au delà des économies liées à la mutualisation des infrastructures,  il y a aussi des économies sur le temps passé par les équipes. L’industrialisation des process du cloud permet de réduire l’administration des infrastructures. Cela permet aux DSI de redéployer leurs effectifs sur des projets plus innovants. Maintenant, on le voit dans de nombreux projets le Cloud, c’est aussi une réponse aux nouveaux usages de l’informatique. Permettre l’accès à des applications par l’intermédiaire d’un portail de service, c’est un facteur de modernité pour beaucoup d’entreprises. Difficile d’expliquer à un cadre de moins de 30 ans que l’accès à des ressources ne peut pas se faire de manière immédiate sur la base d’un login et d’un mot de passe. Je dirais plutôt qu’en passant au cloud, les DSI sont en phase sur le plan de la production informatique avec la consommation des nouveaux services informatiques. Cela modernise la DSI mais aussi l’entreprise.

 

LeMagIT.fr : Quelles sont les tendances nouvelles  qui vont émerger  dans les mois qui viennent ?

Jean Marc Defaut : Très clairement les DSI veulent renforcer l’industrialisation, l’interopérabilité et la sécurité de leur cloud. Au niveau de l’industrialisation, j’ai de plus en plus de DSI qui veulent faire de la mise en production automatique. A ce titre, il n’y a pas plus débats entre le cloud public et privé. Je rencontre de plus en plus d’entreprises où Amazon cohabite avec des clouds privés qui permettent d’optimiser la mise en production des applications innovantes. Il ne faut d’ailleurs pas confondre les services de cloud privés que l’on doit pouvoir actionner dans un certain nombre de cas et l’informatique cachée (le fameux shadow IT) qui fait de l’informatique le département fonctionnel le plus couteux de l’entreprise. L’arrivée, pas toujours souhaitée, de Google ou de services de cloud publics achetés directement par les métiers dans certains grands comptes,  joue également un rôle d’émulation assez sain pour la DSI. .

 

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