Dexia : ce qu’IBM a racheté à la banque franco-belge

IBM récupère 1.3 milliard de dollars de contrats, 3.000 serveurs et crée une structure, ISFF, pour renforcer son offre de Cloud Privé pour les établissements financiers. Le prix de la transaction reste confidentiel.

Dexia, la banque franco-belge, vient de vendre sa branche informatique Associated Dexia Technology Services (ADTS) à IBM.

ADTS était en charge de toute l’infrastructure IT de l’établissement financier et de ses filiales. Cette cession n’est pas une surprise puisqu’elle était initialement envisagée pour juin de cette année, puis repoussée à mi-juillet.

En pleine tempête, Dexia a essuyé plusieurs revers qui ont abouti à sa faillite en 2011. Mauvaise gestion de son ancien dirigeant Pierre Richard avant 2008 - épinglée par la Cour des Comptes - puis crise des sub-primes et enfin crise des dettes souveraines de la zone Euro, autant de tribulations qui ont terminé d’achever le plan de sauvetage de l’établissement.

2 centres de données, 3.000 serveurs physiques, 4 mainframes, 4 Petaoctet de stockage

C’est donc dans ce cadre d’un démantèlement programmé, avec une extinction totale prévue pour « après 2020 » par la Cour des Comptes, qu’IBM a mis la main sur la filiale ADTS. Cette dernière devient une société IBM à part entière et se voit renommer Innovative Solutions for Finance (ISFF).

Associated Dexia Technology Services avait été fondée en 2006 pour fournir une infrastructure IT aux institutions financières faisant ou ayant fait partie du groupe Dexia.  Avec ce rachat, IBM récupère concrètement deux centres de données, 3 000 serveurs physiques, 4 mainframes et plus de 4 pétaoctets de stockage de données brutes, le tout au Benelux. Sans oublier 500 informaticiens - 350 en Belgique et 150 au Luxembourg.

« Après une longue et rigoureuse phase de sélection, Dexia a choisi un partenaire solide pour garantir un avenir prospère à l'entreprise et à ses employés », assure Karel De Boeck, PDG du Groupe Dexia lors de l’annonce du rachat. Interrogé par LeMagIT, la banque confirme qu’il n’y aura pas de licenciement. « Nous nous sommes assurés qu’il y ait une certaine garantie sociale », nous déclare une de ses porte-paroles à Paris. Même son de cloche chez IBM Benelux. « Tous les emplois sont conservés », promet Yves van Seters, un des responsables de la communication de Big Blue à Bruxelles.

En plus de l’infrastructure et des équipes techniques, IBM récupère 1,3 milliard de dollars de contrats. « Suite à l’accord, les contrats des clients ADTS se sont terminés et des nouveaux avec ISFF ont été signés en même temps qu’IBM et Dexia ont signé leur accord », explicite Yves van Seters. Ces contrats s’étalent sur sept ans.

En parallèle, IBM utilisera ces nouveaux actifs pour « pénétrer de nouveaux marchés » en renforçant encore un peu plus son infrastructure Cloud. En clair, il pourra proposer plus de Cloud Privé aux établissements financiers – y compris, voire surtout, hors de la sphère de Dexia – même si l’ouverture de nouveaux centres de données n’est pas à l’ordre du jour.

Le PDG du Groupe Dexia replace, lui, cet accord stratégiquement en des termes très diplomatiques en la qualifiant d’« autre étape importante dans la mise en œuvre de la résolution ordonnée du groupe».

Dernier candidat au rachat, IBM était en position de force pour négocier

En juillet, IBM avait annoncé un accord du même type : un partenariat stratégique de dix ans avec l’italien UniCredit pour lui fournir des services cloud. Cet accord  de « plusieurs milliards de dollars » incluait la création d’une joint-venture avec la filiale IT de la banque. Le but de cette entreprise commune est de commercialiser des services d’infrastructure informatique à d’autres institutions qu’UniCredit dans plusieurs pays européens (Italie, Allemagne, Autriche, Italie, Slovaquie, République Tchèque).

Au moment de cette annonce, en Belgique, les autres candidats à l’acquisition de la branche IT de Dexia - Accenture et Fujitsu - se désistaient, laissant IBM seul en position de force pour négocier le rachat d’ADTS. Totalement seul même, puisqu’initialement, l’Américain avait monté un attelage avec Telindus/Belgacom, avant que l’entreprise de télécommunications belge ne se retire.

Ce partenaire technique reste cependant présent. Telindus/Belgacom sera en effet sous-traitant de la nouvelle structure. « IBM a trouvé plus simple et plus global de réaliser la transaction avec ISFF, mais en arrière-plan, ce sont bien les équipes d’IBM, de Belgacom et de Telindus qui exécuteront le partenariat », nous explique Yves van Seters.

Le prix déboursé par IBM pour mettre la main sur ADTS reste confidentiel. « IBM ne divulgue pas les détails financiers de cet accord », conclue le porte-parole bruxellois.

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