Le serveur de HDS excelle finalement... dans les bases de données

La plate-forme UCP (Hitachi Unified Compute Platform) de Hitachi, initialement conçue pour la virtualisation, trouve également refuse dans l’exécution des bases de données In-Memory. A commencer par Hana de SAP.

Depuis qu’elle a acquis un serveur UCP d’Hitachi Data Systems, Sagem Défense Sécurité, la filiale de Safran qui fabrique du matériel d’appoint pour l’aviation civile et l’armée, aurait divisé par 22 les temps de calcul de sa base de données décisionnelle. « Cela faisait 7 ans que nous utilisions SAP Netweaver avec une base de données Oracle exécutée sur un serveur Superdome de HP. La solution était tellement vieillissante, que nous avons consenti à tout changer. Nous avons migré vers la base de données Hana de SAP, qui travaille exclusivement en mémoire. Avec, ils nous ont livrés le serveur UCP, que HDS avait plutôt conçu pour le stockage », raconte Thierry Milhé, le DSI de Sagem DS.

Les résultats sont sans appel. Le temps d’exécution des requêtes les plus courantes est passé de 2 minutes à 7 secondes. Certaines opérations durent maintenant 12 secondes et plus 25 minutes. La durée du batch nocturne a été réduite de cinq heures. Arrivant aujourd’hui sur le marché européen comme une solution serveur dédiée à SAP Hana (une appliance), l’UCP de HDS pourrait s’imposer, avec de tels résultats, dans le monde des bases de données In-Memory. Et, ça, c’était à la base totalement inattendu.

Initialement un serveur pour la virtualisation

Lancé il y a un an et demi, l’UCP de HDS (Hitachi Unified Compute Platform) ne devait servir initialement qu’à exécuter une centaine de serveurs de fichiers dans un seul petit châssis de lames x86. Il s’agissait d’accompagner les baies de stockage US 1x0 ou VSP, fleurons du constructeur, d’un bloc de calcul de la même marque. Rien à voir ici avec le Superdome 2 de HP, un serveur haut de gamme Itanium sous Unix censé concurrencer les mainframes d’IBM. HDS doutait d’ailleurs tellement du succès de sa machine qu’il a tout de suite peuplé son catalogue d’une offre alternative « UCP Select » dans laquelle on trouvait... un serveur UCS, c’est-à-dire le produit concurrent de Cisco, adapté aux baies de stockage HDS ! Apparemment, on n’était alors pas sûr que le serveur maison parvienne à convaincre les clients.

C’est en définitive l’éditeur SAP qui aura su, l’été dernier, déceler sous le capot l’idée géniale de cette configuration : le chipset HVM (Hitachi Virtual Manager) du châssis de l’UCP permet de faire du partitionnement logique dans les ressources matérielles, comme la technologie LPAR que l’on trouve dans les serveurs Unix d’IBM. Censé apporter une couche de virtualisation plus efficace que celle de VMware, ce dispositif permet surtout d’unifier quatre lames de l’UCP, combinant ainsi leurs capacités mémoire pour en faire un seul bloc de grande taille. Au point de rendre possible l’exécution d’une base de données sans passer par les disques. En l’état, l’unification de quatre cartes dans l’UCP ne fonctionne qu’avec Suse Linux, le système d’exploitation que SAP nécessite pour exécuter ses logiciels.

Un bloc de 80 cœurs et 4 To de mémoire

Dans sa version appliance dédiée à SAP Hana, l’UCP est un châssis 10U équipé de quatre lames serveurs, chacune dotée de deux Intel Xeon de 10 cœurs et 512 Go de RAM, soit un total de 80 cœurs et 2 To de mémoire. Néanmoins, ces lames supportent désormais 1 To de mémoire, soit 4 To unifiés. Le châssis peut accueillir 8 lames (160 cœurs, 8 To), mais il faudra attendre la prochaine révision du chipset, voire celle de Suse Linux, pour toutes les unifier. Il est possible d’étendre encore la capacité avec des modules PCI de mémoire Flash , sous la forme de cartes ioDrive2 de Fusion-io qui prennent place dans le bac d’extension PCI sous la machine. Chaque carte dispose de 1,2 To de capacité et le bac peut en contenir 16, plus 48 autres dans un bac optionnel (soit 76,8 To). Ces cartes étant vues comme des disques, on ne peut dès lors plus parler d’exécution In-Memory.

Néanmoins, SAP estime que les performances restent équivalentes entre une base de données non compressée sur mémoire Flash et la même compressée en RAM.

Et s’il fallait tout de même ajouter une baie de disques supplémentaire, Hitachi peuple aussi ses baies de modules Flash à la place des disques. Ces modules, dits FMD, arrivent justement aujourd’hui dans une nouvelle version qui double la capacité du modèle original, soit 3,2 To chaque au lieu de 1,6. De format propriétaire, les modules FMD se veulent 3 à 4 fois plus rapides qu’un disque SSD, grâce à une puce embarquée qui élimine à la volée les commandes du système d’exploitation pour des disques magnétiques à moteur.

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