HDS va faire mieux que du stockage en Europe

Avec ses serveurs d’infrastructure qui deviennent des appliances dédiées SAP et son offre de cloud qui s’importe enfin en Europe, Hitachi Data System tente de montrer qu’il vaut mieux qu’un simple vendeur de disques.

Petit à petit, Hitachi Data System (HDS) devient autre chose que le cinquième fournisseur de matériels de stockage. « Le datacenter n’est plus le seul fournisseur d’infrastructure. Les opérateurs à qui nous vendons depuis toujours du matériel veulent désormais des briques de fonctions à proposer à leurs clients », a ainsi martelé Michel Alliel, le directeur marketing des produits, lors du forum parisien que le constructeur avait organisé début février.

En vedette, le châssis de serveurs UCP tout-en-un, jusqu’ici accessoire dans le catalogue, devient une appliance dédiée à l’application décisionnelle Hana de SAP. Lancée en 2012, cette offre servait initialement, tout comme l’UCS de Cisco, à condenser des machines virtuelles dans le datacenter. Mais là où Cisco avait optimisé les interconnexions réseau, HDS avait choisi d’accélérer les serveurs virtuels de fichiers avec beaucoup de mémoire tampon, marché historique oblige. De fait, l’UCP contient jusqu’à 8 To de mémoire, répartis sur 8 lames, et jusqu’à 64 ports PCI pour accueillir des cartes de mémoire Flash extrêmement rapides de style FusionIO. Or, avec de telles capacité, il est finalement apparu que ce matériel sied particulièrement bien à l’exécution d’une base de donnée In-Memory (sans accès disque, pour le coup), comme l’est  SAP Hana.

Après trois ans, Cloud Service 360 arrive enfin

Et puis HDS va évoluer cette année en opérateur européen de cloud privé. Lors de son forum, le constructeur a d’ailleurs fait passer le message, étude Gartner à l’appui, qu’en 2015, un tiers des investissements informatiques réalisés par les entreprises serait de l’achat de services dans le cloud. Alors, son service d’infrastructure en ligne Cloud Service 360, vendu au Japon depuis 2011 juste comme une zone tampon pour accueillir les données des clients qui débordent de leurs datacenters, devrait arriver comme « l’alternative aux cloud IaaS américains infectés par Prism », se plait à dire Michel Alliel.

Une quinzaine de centres de données devrait être ouverts en Europe courant 2014. Principalement, trois sont prévus en Allemagne, deux au Royaume-Uni, mais un seul en France. « Tout sera possible. Les clients français pourront avoir leurs données qui resteront en France, qui se baladeront sur le reste du continent ou qui seront dupliquées à l’international pour les collaborateurs qui ont besoin d’y accéder plus rapidement depuis l’étranger », explique Michel Alliel en précisant qu’il s’agit là de cloud privé en option, réservé exclusivement aux clients qui achètent déjà du matériel chez HDS.

Surtout, l’offre comprendra des fonctions clés en mains, comme l’e-mail, le bureau virtuel et la gestion documentaire (indexation, partage entre collaborateurs...). En France, l’enjeu de la filiale est de s’imposer comme prestataire de services. Présent lors du forum parisien, l’entreprise AG2R La mondiale témoignait ainsi que le déploiement de son infrastructure s’était passé sans intermédiaire, HDS ayant intégré la solution en direct après avoir remporté l’appel d’offres grâce à une batterie d’outils d’indexation des données qui ont fait la différence.  

Encore un challenger

Reste, justement, les outils. La suite logicielle Hitachi Data Discovery Suite, qui faisait jusqu’ici mine de parent pauvre dans les moteurs de recherche analytiques tant ce produit semblait ne jamais sortir de sa phase de développement, commence à creuser son chemin sur des marchés de niche, comme l’identification faciale en temps réel dans les flux vidéo des caméras de surveillance.

Pour l’heure, HDS fait bien partie du quintet de tête des fabricants de baies de stockage dans le monde, avec 8,3% de parts de marché derrière EMC (30,6%), NetApp (13%), IBM (11,4%) et HP (9,5%), selon les chiffres d’IDC parus fin 2013. Mais son chiffre d’affaires est en baisse (-17,3% entre 2012 et 2013) et, pire, le constructeur ne parvient pas encore à s’imposer comme un vendeur de solution de stockage globale. Sur ce segment, où les fournisseurs proposent des baies avec les serveurs et les logiciels qui vont de pair, le gros du marché est aujourd’hui entre les mains d’EMC (23,7%), HP (17%), IBM (12,9%), Dell (11,4%) et NetApp (10%), toujours selon IDC.  Seule consolation, le chiffre d’affaires de HDS a grimpé de 50% en Europe de l’ouest l’année dernière, tout comme celui d’Oracle sur les matériels de stockage.

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