Ariba, le cheval de Troie de SAP dans le Cloud

Le principal réseau de e-commerce, racheté par SAP en octobre 2012, poursuit sa croissance à un rythme soutenu malgré la crise.

Ariba est une solution de e-commerce B2B, aujourd'hui entièrement en mode SaaS dans le Cloud. C'est un vaste réseau d'affaires qui met en relation acheteurs et fournisseurs dans le monde entier. Différents modules logiciels fluidifient les échanges, la gestion des vendeurs, le processus de commande, de facturation et de paiement, etc. Avec les salaires, les achats représentent les principaux postes de dépenses des entreprises...

Ariba a organisé récemment sa conférence annuelle, Ariba Live, occasion de faire le point sur la stratégie de la société. Depuis sa création aux Etats-Unis, en 1996, Ariba n'a cessé de croître. Elle compte aujourd'hui pas moins de 1,5 million de fournisseurs dans 190 pays, soit quelques 6 millions d'utilisateurs. Les acheteurs et grands donneurs d'ordre sont moins nombreux, environ 2000 entreprises dans le monde. Ariba affirme que sa plate-forme facilite les transactions pour un montant global de 500 milliards de dollars.

Un service gratuit pour les petits fournisseurs
Le modèle économique est simple : les services achats des grandes entreprises paient un abonnement qui varie selon les modules qu'ils choisissent d'utiliser. « Ces entreprises ont un budget achats de 700 millions de dollars par an en moyenne », précise Rachel Spasser, vice-présidente et Chief marketing officer (CMO) d'Ariba. Les fournisseurs quant à eux sont d'une très grande variété puisqu'il s'agit aussi bien d'une multinationale de la pharmacie ou de l'informatique que d'une coopérative de femmes en Afrique du Sud. Ceux qui font peu d'opérations sur le réseau y accèdent gratuitement. Ceux qui reçoivent au moins 5 commandes par an et traitent des montants supérieurs à 35 000 euros par an également paient proportionnellement au montant facturé. « Un tiers des 1,5 million de vendeurs font des transactions régulièrement et 20% seulement d'entre eux sont éligibles du paiement, qui est en moyenne de 700 euros par an », détaille Philippe Delebarre, directeur commercial France Bénélux.

Facturer 70% du commerce mondial
La stratégie d'Ariba consiste à croître encore et encore. La société est en train de déployer la conformité de la facturation ; elle vise 50 pays en 2014 et plus de 75 en 2015. Elle affirme qu'elle couvrira alors 70% de la facturation dans le commerce mondial ! A l'occasion d'Ariba Live, elle a également présenté une nouvelle interface pour mobile, qui permet de consulter et de gérer le processus d'approbation. En test auprès de quelques clients, cette interface devrait être disponible à l'automne prochain. Ariba a annoncé la disponibilité prochaine de la base de données « in-memory » Hana pour effectuer des analyses en temps réel.

Autre étape importante dans les prochains mois, Ariba va déployer de nouveaux data centers « locaux ». « La question de la sécurité porte plus sur la localisation que sur les données elles-mêmes », remarque Philippe Delebarre, qui ajoute : « après le data center que nous avons ouvert en Allemagne en début d'année, avec son back up aux Pays-Bas, nous sommes en train d'ouvrir un data center en Chine et d'autres suivront en Russie et au Brésil ».

Servir de modèle Cloud à SAP
Ariba a été rachetée par SAP en octobre 2012 pour 4,4 milliards de dollars. Depuis, l'Allemand a également acheté SuccessFactors, une solution de gestion des ressources humaines dans le Cloud. « Ces solutions représentent actuellement environ 90% du chiffre d'affaires de SAP dans le Cloud », note Rachel Spasser.

« Acheter Ariba a permis à SAP d'apprendre comment passer au Cloud, car Ariba est la première entreprise de logiciels à avoir effectué ce passage avec succès ! ». Car passer dans le Cloud ne signifie pas seulement adopter un modèle économique par abonnement, « l'éditeur doit s'impliquer fortement auprès des clients sans quoi ils ne renouvellent pas leur abonnement ! ». SAP a tout récemment annoncé le rachat de Fieldglass, qui gère les salariés occasionnels et les prestataires, également dans le Cloud. Cette solution viendra étoffer l'offre SAP dans le Cloud.
Reste à SAP à ne pas vouloir « SAP-iser » les clients d'Ariba dont 40% seulement sont utilisateurs des logiciels SAP. Les autres clients commencent à s'inquiéter de ce que les efforts de développement portent beaucoup sur l'intégration de la solution Ariba aux modules de la maison mère. « Nous resterons agnostiques, comme nous l'avons toujours été », affirme sans hésiter Philippe Delebarre. L'histoire dévoilera la suite !

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