Cet article fait partie de notre guide: Le Stockage Objet, l’autre révolution du stockage

Fujitsu propose un système de stockage Ceph clé en main

Avec le CD10000, Fujitsu fait le pari de proposer un système de stockage basé sur des composants standards et sur un OS libre. Encore jeune, le système devrait progresser rapidement avec les prochaines itérations de Ceph.

Fujitsu a profité du salon Powering The Cloud de Francfort (ex Storage Networking World Europe) pour dévoiler un nouveau système de stockage scale-out basé sur la technologie Ceph. L’Eternus CD10000 s’appuie sur des nœuds serveurs Fujitsu standards (reliés par Infiniband en Back-End et utilise le logiciel Ceph de Red Hat au-dessus de CentOS). Trois nœuds plus ou moins performants et plus ou moins capacitifs sont proposés dont certains avec des disques SSD (Ceph étant capable de gérer le tiering entre disques SSD et disques durs traditionnels).

Surfer sur l’intérêt pour Ceph et OpenStack

L’objectif du constructeur japonais avec ce nouveau système est de surfer sur l’intérêt des clients pour Ceph – et notamment des clients OpenStack, mais pas seulement. Alors que Ceph reste une solution « jeune », Fujitsu entend proposer une version « durcie» de Ceph associée à un support industriel sur une solution matérielle optimisée, prétestée, et prévalidée. Il s’agit aussi, alors que les besoins en capacité ne cessent de progresser, de proposer une solution de stockage évolutive dans le temps et dont les capacités peuvent évoluer dynamiquement au gré des besoins des clients.

Dans sa version initiale, le système s’appuie sur la dernière version stable de Ceph, nom de code FireFly, et peut prendre en charge jusqu’à 56 Po de données en agrégeant jusqu'à 224 nœuds de stockage. Le système est fourni avec des interfaces en mode bloc et en mode objet et cible clairement dans un premier temps le monde OpenStack et le monde des entreprises désireuses d’offrir à leurs développeurs un stockage objet capacitif et performant.

En l’état, le CD10000 s’appuie sur une version quasi standard de Ceph « FireFly ». Fujitsu a toutefois apporté quelques améliorations, notamment son propre portail d’administration ainsi qu’un système de plug-in permettant de déployer sur les nœuds de stockage certains services comme le partage et la synchronisation de fichiers, etc… Dans un premier temps, ces plug-ins devront être validés par Fujitsu afin de s’assurer que leur fonctionnement n’interfère pas de façon détrimentale sur les performances du stockage. Mais à l’avenir le constructeur travaille sur un système de conteneurisation qui permettra de limiter les ressources allouées aux plug-ins afin de garantir qu’ils n’ont pas d’impact sur les performances.

Des fonctions SAN et NAS limitées, mais un support objet évolué

Il est à noter que le CD10000 est pour l’instant dépourvu de fonctions NAS et que ses fonctions de stockage en mode bloc sont pour l’instant limitées par l’absence de support Fibre Channel et iSCSI. En l’état le système support un mode Raw Block Device dans RHEL et plusieurs distributions OpenStack (via des plug-ins Cinder et le support des API Nova et Glance). La partie objet supporte quant à elle les API Swift et Amazon S3. Fujitsu n’a pas précisé à quelle vitesse il adopterait les prochaines moutures de Ceph sur le CD10000, mais le support protocolaire devrait sensiblement s’améliorer dans les mois à venir. D’ici la fin de l’année, la version Ceph « H » apportera ainsi le support d’iSCSI, le support du mirroring de Block Device, ainsi que le support de LDAP et Kerberos.

Interrogé sur la possibilité de faire cohabiter des services Nova en parallèle de Ceph sur les nœuds du CD10000, Fujitsu s’est montré prudent. Le CTO du constructeur nous a ainsi expliqué que la firme était prête à discuter de tels déploiements avec des clients si nécessaire, mais qu’elle ne souhaitait pas non plus tomber dans les travers du sur-mesure.

Une alternative aux systèmes de stockage traditionnels

En fait, Fujitsu, qui ne figure pas parmi les leaders mondiaux du stockage, voit dans le CD10000 une nouvelle façon de proposer du stockage aux entreprises. Clairement, le constructeur est conscient que les marges d’un tel système ne seront pas celles d’un système de stockage traditionnel mais il n’a pas grand-chose à perdre face aux EMC, NetApp et autres HDS. Le CD10000 en pariant sur l’utilisation de composants standards et d’un OS de stockage open source entend porter le fer face aux systèmes de stockage existants à un coût plus abordable. Un pari qui n’est pas absurde au vu de l’intérêt porté par les entreprises à OpenStack face aux solutions de VMware et Microsoft.

 

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