Suse et ARM : le support est prêt, mais quid du marché ?

En matière de support de l’architecture ARM, la question pour Suse est davantage d’ordre commercial que technologique. C’est une des conclusions à retenir quant à la compatibilité des solutions Linux de l'Allemand avec la plate-forme ARM 64 bits, que l’on dit promise à un bel avenir sur le marché des serveurs.

En matière de support de le l’architecture ARM, la question pour Suse est davantage d’ordre commercial que technologique. C’est l'une des conclusions à retenir quant à la compatibilité des solutions Linux de l'Allemand avec la plate-forme ARM 64 bits, que l’on dit promise à un bel avenir sur le marché des serveurs.

Si l’architecture ARM a gagné le monde des terminaux mobiles et embarqués - plus de 40 milliards de CPU reposent sur une architecture ARM, 16 millions sont commercialisés chaque jour -, les offres censées attaquer le marché des serveurs ne font que démarrer. Logiquement les utilisateurs devraient suivre. « Depuis cette année, les premiers serveurs ARM ont été commercialisés, notamment chez AMD, chez HP avec les systèmes Moonshot, chez Cavium (Thunder-X, une plate-forme qui permet d’adapter le hardware pour un workload particulier, Cloud, stockage en mode distribué, serveurs telcos et appliances de sécurité Web). Paypal utilise également Moonshot pour supporter Apache Plume, système de log distribué », explique Dirk Müller, membre de la communauté OpenSUSE, lors de la conférence SuseCon 2014.

La distribution communautaire travaille d’ailleurs sur le support de ARM depuis 2011 et supporte pleinement la plate-forme 64-bit du Britannique. « OpenSUSE a été la première communauté à annoncer le support de l’architecture AArch 64, avec OpenSUSE 12.3, en mars 2013 ». La communauté a même identifié des cas d’usage clé, là où par exemple, « les performances CPU ne sont pas tout le temps une nécessité, mais où la mémoire ou les IO sont importants  ». Comme le stockage, les technologies de caching ou encore l’hébergement.

SLE : le support est prêt

Mais quid de SLE ? « SLE 12 est entièrement disponible pour ARM 64-bit. Une build est prête en interne pour la plate-forme que nous testons aujourd’hui sur des émulateurs. Nous avons également collaboré avec certains de nos partenaires hardware qui ont des projets en pré-production et selon nos tests, nous savons que cela fonctionne. Donc la base de code de SLE 12 est déjà prête pour la plate-forme ARM 64 bit », répond Ralf Flaxa, le patron de l’ingénierie chez Suse.

A cette réponse technologique, il oppose une réponse d’ordre commerciale. Ainsi si d’un point de vue technologique, Suse Linux est prêt, si les travaux de la communauté openSUSE avancent également sur le support de la plate-forme, il reste encore des questions quant au marché : « quelle demande avons-nous sur ARM ? Quel OEM, parmi les plus importants, investit ? Au final, supporter une nouvelle plate-forme est très couteux, car nous nous engageons sur 10 ans de support traditionnel, plus 3 ans de support étendu. La plate-forme a probablement besoin de se renforcer. Le fait qu’une build soit disponible ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de bug spécifique à la plate-forme 64 bits », soutient encore Ralf Flaxa.

« Nous ne sommes pas forcément sûrs que les entreprises soient prêtes à opter pour un support sur le long terme avec ARM. […] Nous en sommes à bâtir une relation avec les OEM pour nous assurer du bon hardware car il nous faut certifier le support », répond de son côté Dirk Müller.

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