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IA, la France veut être la championne de l'Europe

Étude sur les investissements, mapping des start-up, forums en tout genre, la France multiplie les initiatives pour affirmer sa place sur la scène mondiale de l’IA. Avec le soutien d’Emmanuel Macron, venu clôturer le « Global Forum on AI for Humanity ».

« Pour la première fois, en 2019, les start-up françaises de l’Intelligence artificielle (IA) ont attiré plus d’investissements que leurs homologues britanniques ou israéliennes ». C’est l’un des principaux résultats d’une étude[1] réalisée par France Digitale (FD) avec le cabinet-conseil Roland Berger. FD a présenté cette étude lors du « France is AI day », qui s’est tenu fin octobre, et a publié un mapping des start-up françaises du secteur. À cette date, l’Hexagone comptait 432 jeunes pousses spécialisées.

Forte augmentation

L’étude considère 30 pays – les 28 pays européens plus la Norvège et la Suisse – et y ajoute Israël. Pas moins de 80 % des fonds levés par des startups du secteur toutes catégories confondues (business angels, capital-risque, private equity…) le sont par le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et Israël. En projetant les résultats du premier semestre 2019 sur l’ensemble de l’année, l’étude fait apparaître une forte augmentation des montants levés par les startups IA dans les pays étudiés : 4 724 milliards de dollars en tout contre 2 992 milliards de dollars en 2018.

Mais c’est surtout la France qui sort du lot. Rien qu’au premier semestre 2019, les startups IA françaises ont levé plus que pendant toute l’année 2018, respectivement 634 millions de dollars et 567 millions de dollars. Sur tout 2019, elles auront levé 1,268 milliard de dollars, passant ainsi devant le Royaume-Uni (1,241 milliard de dollars) et Israël (902 millions de dollars).

Investir encore et plus

L’étude souligne que les fonds levés proviennent majoritairement des investisseurs du pays des startups. Certes les Américains, les Chinois et les Européens sont présents dans les levées de fonds réalisées, mais ce sont les investisseurs nationaux qui sont largement majoritaires au Royaume-Uni (65 %), en Allemagne (64 %) et en France (73 %).

Toutefois, l’étude pointe que l’Europe progresse moins vite que les États-Unis dans ce secteur et que les montants investis en IA sont plus importants aux USA qu’en Europe, alors que le nombre de deals est inférieur, car les Américains investissent de plus gros montants. Le tour de table moyen aux États-Unis s’inscrit à 24 millions de dollars contre seulement 4,6 millions de dollars en Europe… FD fait plusieurs propositions pour combler cet écart, notamment multiplier les investissements transnationaux et favoriser par la réglementation l’émergence de scale-up et de licornes. 

Volonté gouvernementale

Quelques jours plus tard, à l’occasion du Global Forum on AI for Humanity (GFAIH), organisé par Inria, le Président de la République a prononcé un discours de clôture dans lequel il insistait sur la nécessité de « faire mieux au bénéfice des citoyens et des entreprises ». Un an et demi après avoir lancé la stratégie nationale en matière d’IA, Emmanuel Macron a souligné les opportunités, mais surtout les questions d’éthique que ces technologies soulèvent. Prenant acte du fait que la confiance dans l’IA était entamée, il a insisté sur la nécessité de travailler sur la transparence et sur la capacité à auditer et à expliquer les algorithmes. Pour cela, il a annoncé la création de deux centres d’expertise, à Paris et à Montréal (Canada), qui s’inscrivent dans le cadre du Global Partnership on AI (GPAI). Cette initiative lancée par le Canada et la France avec l’OCDE fin 2018, va réunir des experts internationaux qui réfléchiront aux risques et aux opportunités de l’IA à une échelle globale.

[1] « The Road to AI : Investment dynamics in the European ecosystem »

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