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5G : lâouverture des enchĂšres pose trois questions Ă©conomiques
Pourquoi les opérateurs français vont-ils acheter moins cher leurs fréquences que leurs voisins européens ? Pourquoi les industriels sont-ils exclus ? Et à quoi servent véritablement ces fréquences ?
Câest ce 29 septembre quâa dĂ©marrĂ© en France la seconde phase des enchĂšres pour octroyer aux quatre opĂ©rateurs nationaux des plages de frĂ©quences utilisables par leurs futurs rĂ©seaux mobiles 5G. Ces frĂ©quences seront attribuĂ©es aux laurĂ©ats entre fin octobre et dĂ©but novembre. Par-delĂ les sujets sanitaires dĂ©battus par des associations et des Ă©lus, ces enchĂšres soulĂšvent trois points Ă©conomiques importants.
Dâabord, les opĂ©rateurs français paieront moins cher ces frĂ©quences que leurs voisins europĂ©ens et il est lĂ©gitime de se demander pourquoi. Ensuite, ils seront les seuls Ă y avoir droit â alors quâen Allemagne, par exemple, des industriels vont en obtenir. Enfin, ces enchĂšres ne concernent que des frĂ©quences comprises entre 3,4 et 3,8 GHz, alors que tous les cas dâusage inĂ©dits et fortement plĂ©biscitĂ©s de la 5G â dont lâautomatisation des usines et la mĂ©decine Ă distance â utiliseront vraisemblablement dâautres frĂ©quences.
« Les enchÚres actuelles ne concernant pas la 5G directement, mais juste certaines fréquences utiles à la 5G. » Jean-Paul SmetsFondateur Nexedi
« Les enchĂšres actuelles ne concernant pas la 5G directement, mais juste certaines frĂ©quences utiles Ă la 5G », lance Jean-Paul Smets, le fondateur de Nexedi. Utiles pour quel usage exactement ? La raison dâĂȘtre de ces enchĂšres sur ces frĂ©quences-lĂ semble essentiellement de commercialiser de nouveaux abonnements mobiles pour le grand public sans empiĂ©ter sur les frĂ©quences encore utilisĂ©es par la 4G.
Un rĂ©cent et trĂšs complet rapport de lâArcep, intitulĂ© « DeÌploiement de la 5G en France et dans le monde : aspects techniques et sanitaires », est sans Ă©quivoque sur ce sujet. On peut y lire : « la bande 3,5 GHz sera dĂ©ployĂ©e pour rĂ©pondre Ă la croissance du trafic de donnĂ©es (environ 50 % par an) et au problĂšme de capacitĂ© des rĂ©seaux mobiles dans les zones urbaines denses. Les opĂ©rateurs interrogĂ©s Ă©voquent un manque de ressources attendu vers 2022 en France, avec un risque de baisse de la qualitĂ© de service pour lâutilisateur. »
Nexedi, la sociĂ©tĂ© de Jean-Paul Smets est impliquĂ©e dans la 5G, mais uniquement pour proposer aux entreprises un accĂšs mobile Ă ses services cloud Rapid.Space. Dans ce contexte, ni les enchĂšres actuelles ni les laurĂ©ats de certains blocs de frĂ©quences parmi les quatre opĂ©rateurs nationaux nâauront dâincidence sur son activitĂ©. Nexidi utilise des frĂ©quences libres de licences, celles du Wifi, et les exploite avec les protocoles de la 5G via des Ă©quipements dâantennes entiĂšrement virtualisĂ©s, des vRAN, inventĂ©s par le Français Amarisoft.
« En Europe, depuis les réformes du Paquet Télécom de 2009, la gestion des fréquences est indépendante de la technologie. » Jean-Paul SmetsNexidi
« En Europe, depuis les réformes du Paquet Télécom de 2009, la gestion des fréquences est indépendante de la technologie. Chacun est donc libre de déployer la technologie de son choix sur la fréquence de son choix », argumente Jean-Paul Smets.
La 5G, deux innovations qui nâont rien Ă voir avec les frĂ©quences
Mathieu Lagrange, qui chapeaute les sujets RĂ©seaux et SĂ©curitĂ© au sein de l'institut de recherche technologique b<>com, abonde : il faut sĂ©parer le dĂ©bat des avancĂ©es techniques de la 5G de celui des frĂ©quences. « La question des frĂ©quences nâest quâun volet de la 5G. La vĂ©ritable Ă©volution technologique de cette nouvelle gĂ©nĂ©ration de communications mobiles est plutĂŽt dans son fonctionnement », dit-il.
Le vrai apport de la 5G tient en effet surtout dans deux avancées techniques.
La premiĂšre est le « slicing ». Il sâagit de la facultĂ© dâattribuer Ă des flux de communication des vitesses et des prioritĂ©s diffĂ©rentes.
LâidĂ©e est de prendre dĂ©sormais en compte que certaines communications sont des applications ayant besoin de tĂ©lĂ©charger trĂšs vite des flux continus (par exemple du streaming vidĂ©o), que dâautres sont des conversations tĂ©lĂ©phoniques surtout sensibles Ă la latence, et que dâautres, encore, sont de simples impulsions dâobjets connectĂ©s qui nâont pas besoin de toute la bande passante habituellement disponible.
Pouvoir dĂ©finir qui est quoi, Ă©ventuellement en le vendant aux professionnels sous forme dâabonnement dĂ©diĂ© Ă un usage particulier, servira Ă optimiser le trafic, Ă faire passer plus de communications sur une bande passante donnĂ©e, afin dâĂ©viter que les connexions ne sâengorgent et, in fine pour les opĂ©rateurs, Ă mieux rentabiliser leur rĂ©seau.
La rentabilitĂ© des rĂ©seaux mobiles est un point Ă garder en tĂȘte dans les semaines qui viennent. Selon le rapport de lâArcep indiquĂ© plus haut, les revenus des services de communication Ă©lectronique mobile stagnent en France : « ils ont atteint environ 13 milliards dâeuros en 2019, contre 19,4 Mds ⏠en 2010 » y lit-on. On subodore que le nombre dâabonnĂ©s augmente peu, mais que les prix des abonnements ont beaucoup baissĂ©.
Le slicing doit ĂȘtre implĂ©mentĂ© au niveau des cĆurs de rĂ©seau, Ă savoir toute lâinformatique qui se trouve entre les datacenters des opĂ©rateurs et les nĆuds de raccordements des antennes. Or, ses fonctions, qui prennent la forme de serveurs rĂ©seau virtualisĂ©s, ne seront pas dĂ©ployĂ©es avant au moins 2022 et pas gĂ©nĂ©ralisĂ©es avant 2025. En attendant, les communications dites « 5G » de nos opĂ©rateurs nationaux fonctionneront toujours avec les cĆurs de rĂ©seau de la 4G, sans aucune optimisation.
La seconde innovation est de passer par un multiplexage plus efficace des signaux radio, le TDD (Time Division Duplexing). En clair, il sâagit dâutiliser la mĂȘme frĂ©quence pour les donnĂ©es qui vont et qui viennent entre une antenne et un appareil mobile.
« Par rapport au FDD utilisĂ© jusquâalors (Frequency Division Duplexing) et qui consistait Ă utiliser deux frĂ©quences, une pour la communication descendante et lâautre pour la communication remontante, le TTD permet de rĂ©duire la latence des communications et dâaugmenter le nombre de terminaux par antenne », explique Mathieu Lagrange.
Lâavantage est que cette innovation-lĂ est Ă implĂ©menter dans les Ă©quipements situĂ©s au pied des antennes et que, dans la plupart des cas, ces Ă©quipements sont suffisamment modernes pour quâune simple mise Ă jour logicielle soit nĂ©cessaire. « On dit que Free pourrait dĂ©jĂ allumer la 5G sur ses antennes par une simple mise Ă jour logicielle, du jour au lendemain », commente Jean-Paul Smet.
« En revanche, il faudra dĂ©ployer de nouvelles antennes, chacune ne pouvant communiquer quâen TDD ou quâen FDD », pondĂšre Mathieu Lagrange. Il prĂ©cise que lâeffort de dĂ©ploiement sera a priori minime aux endroits oĂč se trouve dĂ©jĂ la 4G : il sâagira simplement de fixer de nouveaux Ă©lĂ©ments dâantenne sur les pylĂŽnes et les installations urbaines existantes et de les relier aux Ă©quipements tĂ©lĂ©coms dĂ©jĂ en place. Il reste que les opĂ©rateurs attendaient de savoir Ă quelles frĂ©quences ils auraient le droit dâĂ©mettre avant dâinstaller des modules dâantennes rĂ©glĂ©es pour.
à chaque bande de fréquence son usage
« Pour un opérateur national, la bande de fréquence autour des 3,5 GHz est un bon compromis. » Mathieu LagrangeDirecteur du domaine réseaux et sécurité, b<>com
Revenons aux frĂ©quences. En Europe et dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale dans le monde, il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© que les communications 5G utiliseraient trois bandes de frĂ©quence : aux alentours de 700 MHz, de 3,5 GHz et de 26 GHz. « Plus la frĂ©quence est Ă©levĂ©e, plus le dĂ©bit est Ă©levĂ©, mais moins le signal se propage », indique Mathieu Lagrange. « Pour un opĂ©rateur national, la bande de frĂ©quence autour des 3,5 GHz est un bon compromis. Car autour de 700 MHz, il nâest pas possible dâavoir un dĂ©bit meilleur quâen 4 G. Et autour de 26 GHz, il faudrait installer trop dâantennes pour maintenir la couverture. »
Il existe une formule mathĂ©matique pour connaĂźtre le dĂ©bit que lâon peut atteindre Ă une certaine frĂ©quence, le thĂ©orĂšme de Shannon-Hartley. On retiendra que lâaugmentation des hertz (nombre dâimpulsions par seconde) a un double effet : non seulement cela accĂ©lĂšre la vitesse Ă laquelle les bits dâinformations se succĂšdent dans une communication, mais cela permet aussi Ă chaque opĂ©rateur dâavoir une fenĂȘtre de tir plus large â plus de frĂ©quences â pour envoyer des bits dâinformation durant une seconde.
En 4G, dans la bande de frĂ©quence de 2,6 GHz par exemple, un opĂ©rateur utilise au mieux un canal large de 20 MHz pour vĂ©hiculer un total de 150 Mbit/s (soit environ 18 Mo/s, que se partagent tous les utilisateurs connectĂ©s au mĂȘme module dâantenne) avec une latence de 10 millisecondes. En 5G, aux alentours de 3,5 GHz, un opĂ©rateur pourra utiliser un canal large de 100 MHz pour vĂ©hiculer environ 1 Gbit/s (environ 120 Mo/s) avec une latence de 1 milliseconde.
Ă noter que ces chiffres valent par module dâantenne, mais ils ne correspondent toutefois pas Ă la pratique ; Orange, par exemple, utilise en mĂȘme temps plusieurs canaux en 4G pour grimper jusquâĂ une bande passante de 750 Mbit/s sur certaines antennes.
Le principe reste le mĂȘme aux autres Ă©chelles de frĂ©quences. Aux alentours de 26 GHz, il sera possible dâutiliser un canal large de 1 GHz pour une bande passante de 10 Gbit/s (environ 1,2 Go/s). Ă 700 MHz, en revanche, les canaux pourront ĂȘtre aussi petits que 3 ou 5 MHz et les dĂ©bits seront infĂ©rieurs Ă ceux de la 4G.
« Ă 26 GHz, les signaux ne traversent pas les murs. Ces frĂ©quences, encore expĂ©rimentales, sont celles qui intĂ©ressent les industriels. Elles leur permettent de communiquer en trĂšs haut dĂ©bit avec les Ă©quipements dâun site de production, dont des chariots automatisĂ©s. Et elles leur garantissent en mĂȘme temps une sĂ©curitĂ© naturelle, puisque les communications ne sont pas Ă©mises au-delĂ du site », explique Mathieu Lagrange.
Quand les opérateurs ont priorité sur les industriels
Selon lui, les antennes Ă 26 GHz seront nĂ©anmoins Ă considĂ©rer comme de super-hotspots wifi plutĂŽt que comme de vraies infrastructures de tĂ©lĂ©phonie mobile : lâArcep accordera a priori Ă chaque demandeur les mĂȘmes frĂ©quences, le seul impĂ©ratif Ă©tant que chacun les utilise dans un endroit diffĂ©rent. La question de savoir comment seront revendues ces frĂ©quences nâest de toute façon pas dâactualitĂ© : les Ă©quipements qui les gĂšrent nâexistent quâĂ lâĂ©tat de prototypes et seuls onze industriels les testent pour le moment en France.
« Il est probable que la plupart [des entreprises] dĂ©lĂšgueront la gestion de ces frĂ©quences Ă lâun des quatre opĂ©rateurs nationaux. » Viktor ArvidssonDirecteur stratĂ©gie et innovation, Ericsson
« Les entreprises pourront confier la gestion de ces frĂ©quences Ă un opĂ©rateur interne â comme AĂ©roports de Paris qui a son propre opĂ©rateur, Hub One, ou EDF. Elles pourront passer par un opĂ©rateur alternatif, spĂ©cialisĂ© dans leurs problĂ©matiques mĂ©tier. Mais il est probable que la plupart dĂ©lĂšgueront la gestion de ces frĂ©quences Ă lâun des quatre opĂ©rateurs nationaux, car ce sont eux qui sont les plus proches des Ă©quipementiers chargĂ©s de fournir lâinfrastructure », estime Viktor Arvidsson , directeur de la stratĂ©gie et innovation chez lâĂ©quipementier Ericsson.
Lâavis de Viktor Arvidsson est manifestement celui qui prĂ©vaut en France : au-delĂ de sites circonscrits dans une zone gĂ©ographique donnĂ©e, dâautres industriels, ceux des transports, ceux de lâĂ©nergie, pourraient vouloir des frĂ©quences utilisables Ă lâĂ©chelle du pays. En Allemagne, Bosch et Siemens obtiendront ainsi leurs plages de frĂ©quences dĂ©diĂ©es entre 3,4 et 3,8 GHz, Ă cĂŽtĂ© de Vodaphone et Deutsche Telekom. En France, les voitures connectĂ©es de Peugeot ou Renault devront souscrire un abonnement Ă Orange, SFR, Bouygues ou Free.
« En France, il nây avait quâune bande de 310 MHz disponibles, les 90 MHz restants Ă©tant dĂ©jĂ occupĂ©s depuis des annĂ©es par le WiMax de BollorĂ©, ou de la 4G fixe. » Pierre FortierDirecteur activitĂ©s 5G, Capgemini Invent
Le lobby des tĂ©lĂ©coms serait-il plus puissant en France ? Pierre Fortier, directeur des activitĂ©s 5G au sein de Capgemini Invent, qui accompagne les industriels dans leurs projets 5G, se veut plus pragmatique : « en Allemagne, il y avait une bande de 400 MHz disponible entre 3,4 et 3,8 GHz. Les opĂ©rateurs ont eu 300 MHz et les industriels auront 100 MHz. En France, il nây avait quâune bande de 310 MHz disponible, les 90 MHz restants Ă©tant dĂ©jĂ occupĂ©s depuis des annĂ©es par le WiMax de BollorĂ©, ou de la 4G fixe. Il sâagissait donc de donner autant de frĂ©quences aux opĂ©rateurs français que leurs voisins allemands, tout simplement. »
Des fréquences moins chÚres inciteront-elles les opérateurs à couvrir tout le territoire ?
Les frĂ©quences aux alentours de 700 MHz sont lâexact inverse de celles aux alentours de 26 GHz : peu performantes en termes de dĂ©bit, elles prĂ©sentent lâintĂ©rĂȘt dâune couverture sur de trĂšs grandes distances, de passer Ă travers les forĂȘts, Ă travers les maisons en pierre. Ce sont elles qui portent la promesse dâune tĂ©lĂ©mĂ©decine pour les personnes isolĂ©es, celles qui habitent loin dâune connexion Internet fixe. Mais elles ne font pas partie des enchĂšres actuelles.
La prioritĂ© qui transparaĂźt dans ces enchĂšres est plutĂŽt que la France rattrape son retard en matiĂšre de 5 G. Pour y parvenir, lâĂtat fait le pari quâen vendant ses frĂ©quences moins chĂšres que partout ailleurs en Europe â et moins cher que dâhabitude â il restera suffisamment de ressources financiĂšres aux opĂ©rateurs pour quâils investissent vite dans les infrastructures.
« Au total, cette opĂ©ration rapportera Ă lâĂ©tat 2,17 milliards dâeuros, soit bien moins quâĂ lâĂ©poque de la 3G, oĂč chaque opĂ©rateur avait dĂ©boursĂ© 4 milliards dâeuros. » Mathieu Lagrangeb<>com
« Entre 3,4 et 3,8 GHz, il y a 310 MHz mis Ă disposition par lâĂ©tat. Au dĂ©but de lâannĂ©e, chacun des quatre opĂ©rateurs nationaux a dĂ©jĂ dĂ©boursĂ© 350 millions dâeuros pour obtenir une bande 50 MHz. Les licences pour les 110 MHz restants devraient ĂȘtre vendues lors de ces enchĂšres par lot de 10 MHz Ă 70 millions dâeuros chaque. Au total, cette opĂ©ration rapportera Ă lâĂ©tat 2,17 milliards dâeuros, soit bien moins quâĂ lâĂ©poque de la 3G oĂč chaque opĂ©rateur avait dĂ©boursĂ© 4 milliards dâeuros », dĂ©taille Mathieu Lagrange. En Italie, les enchĂšres ont dĂ©jĂ eu lieu et ont coĂ»tĂ© 8 milliards dâeuros aux opĂ©rateurs. En Allemagne, chaque opĂ©rateur a dĂ©pensĂ© 2 milliards dâeuros.
En contrepartie, lâĂtat français exige de ses opĂ©rateurs quâils respectent un calendrier strict : chacun dâeux devra dĂ©ployer 3 000 antennes 5G dâici Ă 2022, 8 000 de plus dâici Ă 2 024 et 10 500 de plus dâici Ă 2025. Ă partir de 2024, 25 % des antennes devront forcĂ©ment ĂȘtre dĂ©ployĂ©es dans les territoires Ă faible densitĂ© de population.
En attendant que les cĆurs de rĂ©seau passent Ă la 5G, 75 % des sites 4G existants, soit un peu plus de 47 000 actuellement en service sur le territoire, devront ĂȘtre modernisĂ©s pour fournir une bande passante au moins Ă©gale Ă 240 Mbit/s en 2022. Tous les axes autoroutiers fin 2025 et toutes les routes principales fin 2027 devront avoir une couverture mobile avec un dĂ©bit par antenne dâau moins 100 Mbit/s. « Nous estimons que la modernisation des sites 4G pour supporter au moins 240 Mbit/s coĂ»tera 1 milliard dâeuros Ă chaque opĂ©rateur », illustre Mathieu Lagrange.
Faut-il croire Ă cet accord entre lâĂtat et les opĂ©rateurs ? Jean-Paul Smets en doute. Il rappelle que cet accord avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© passĂ© en 2018 : pour exactement les mĂȘmes contreparties, lâĂtat a dĂ©jĂ renoncĂ© Ă demander aux opĂ©rateurs de payer le renouvellement de leurs licences 4G, soit un cadeau Ă©valuĂ© Ă 3 milliards. Les licences, en effet, ne donnent normalement droit quâĂ une exploitation des frĂ©quences pour une durĂ©e limitĂ©e. Cette durĂ©e sera dâailleurs de 15 ans pour les frĂ©quences de 3,4 Ă 3,8 GHz mises ces jours-ci aux enchĂšres.
« LâĂtat avait alors fait promettre aux opĂ©rateurs de recycler leurs Ă©quipements 3G en zone blanche pour garantir la couverture du territoire. Or, cela ne pouvait pas marcher techniquement, car la 3G urbaine nâest pas adaptĂ©e Ă la couverture des territoires ruraux », dit le patron de Nexedi. Surtout, il regrette que les opĂ©rateurs ne se soient mĂȘme pas intĂ©ressĂ©s Ă une solution basĂ©e sur les vRAN, qui leur aurait coĂ»tĂ© 1 000 ⏠par antenne et qui leur aurait permis de couvrir lâensemble des zones blanches pour 200 millions dâeuros.
Peut-ĂȘtre Ă©tait-il trop tĂŽt ? La question des Ă©quipements â que les opĂ©rateurs devront aller chercher chez Ericsson, chez Nokia, chez le dĂ©chu Huawei, chez lâĂ©toile montante Samsung ou encore parmi les vRAN â est justement celle qui sera mise sur la table juste aprĂšs la clĂŽture des enchĂšres.
