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Ransomware : France, des victimes trop promptes à payer ?
À croire Semperis, les entreprises françaises victimes de rançongiciel tendent à payer, dans des proportions non négligeables. La faute à une certaine impréparation, peut-être.
Selon Semperis, 35 % des victimes françaises de ransomware céderaient au chantage et paieraient la rançon demandée. Ce chiffre est issu d’une enquête conduite par Censuswide auprès de 1 200 professionnels de l’IT et de la cybersécurité dans 9 pays, et issus de 8 secteurs d’activité différents, le Semperis 2026 Ransomware Risk Report.
Selon ce sondage, l’attaque est très majoritairement survenue en soirée ou week-end (95 %). Sans surprise, elle a provoqué des perturbations de l’activité (71 %), et du vol, voire de la destruction, de données (65 %). Venant de rançongiciels, difficile d’en attendre moins.
Selon 18 % des sondés, l’attaque aurait conduit à une annulation de la police de cyberassurance ou à l’augmentation des primes. Quelques 16 % font également état d’amendes ou de poursuite. Ils sont autant à parler d’atteinte à la réputation, oubliant peut-être le rôle clé de la communication de crise sur ce point. Surtout, près d’un tiers des sondés fait état d’un impact sur les ressources humaines.
Tous les sondés disent avoir été attaqués avec succès à plusieurs reprises. Ce n’est qu’une demi-surprise : penser régler le problème en payant la rançon, c’est souvent faire l’impasse sur un travail de nettoyage en profondeur et se maintenir dans une posture de sécurité peu robuste. Et quand toutes les leçons d’un tel incident n’ont pas été retirées, des acteurs malveillants peuvent plus facilement revenir.
La surprise est à chercher du côté de… l’IA : des acteurs cybercriminels l’utilisent pour conduire leurs attaques, mais ils ne se sont manifestement pas encore montrés en France ; seul 1 % des sondés affirme que les assaillants ont utilisé l’IA. En revanche, ils sont 95 % à assurer que l’IA leur a permis de détecter, voire de répondre, à la cyberattaque, avec succès. Un chiffre qui a de quoi surprendre toutefois, alors que 19 % des sondés assurent que leurs outils de détection et réponse dopés à l’IA ont… échoué.
L’étude de Semperis se penche aussi sur l’impact sur les collaborateurs. Là, 14 % des sondés disent avoir été victime de doxxing, voire même de swatting pour 32 %. Et plus d’un quart indique qu’un suivi psychologique a été nécessaire.
Pour Semperis, le principal point faible des sondés pour la France se résume à des plans de réponse à incident dépassés, associé à un manque de personnel qualifié.
Ainsi, 40 % des attaques ont touché l’infrastructure d’identité, mais seulement 31 % des sondés disent disposer de systèmes de sauvegarde pour celle-ci, et 30 % de systèmes de restauration automatisés.
