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Java : Oracle perd du terrain face à l’open source, selon Azul
L’étude d’Azul dresse un constat sans appel : le modèle tarifaire d’Oracle dédié à Java pousserait les entreprises à migrer massivement vers des alternatives open source. Si les entreprises semblent avoir pris le pas de la cadence de mise à jour imposé par Oracle, le rapport ne tire pas de liens avec l’adoption de l’IA, qui serait pourtant en forte croissance chez les développeurs Java.
Comme à son habitude, Azul profite de ce début d’année pour publier son étude State of Java 2026, consacrée à l’adoption de Java et des frameworks associés. Pour cela, il a interrogé plus de 2000 personnes familières avec le sujet sur cinq continents en septembre 2025. Le concurrent d’Oracle signale que tous les participants ont bénéficié d’une « compensation symbolique ».
Java : Oracle n’a plus la cote
Les informations récoltées tendent à démontrer, selon Azul, « l’accélération de la migration hors d’Oracle Java ». De fait, le modèle tarifaire introduit en 2023 par la firme de Larry Ellison est très majoritairement impopulaire. Seuls 7 % des sondés ne sont pas du tout préoccupés par les prix pratiqués par Oracle. Notons toutefois que 53 % des participants se disent « peu » à « modérément » inquiet. Il faut dire que les contacts d’Azul sont généralement ceux qui cherchent à s’éloigner de ce fournisseur historique. Remarquons aussi qu’Oracle lui-même anime la communauté open source, sans trop s’angoisser pour son activité. Ses porte-parole estiment offrir le meilleur support sur le marché.
En parallèle, Azul souligne que 64 % des sondés ont plus de 50 % de leurs applications et charges de travail qui s’appuient sur Java ou la JVM. Les langages Scala (47 %), Groovy (43 %) et Kotlin (39 %) sont largement utilisés à travers la machine virtuelle Java.
Environ 43 % des personnes interrogées affirment que plus de la moitié de leurs dépenses en cloud public, privé et hybride sont liées à son exécution. Et le surprovisionnement est un problème pour 74 % du panel.
Du même coup, leur questionnement au regard du positionnement tarifaire d’Oracle se justifie aisément. 63 % des participants disent que leur entreprise a, est en train ou prévoit de migrer l’ensemble de leur parc d’une distribution Oracle vers une alternative open source. Soixante-douze pour cent des sondés concernés estiment que ces transhumances se font en un an environ. Les deux raisons principales ? Les coûts (37 %) et l’adoption de l’open source (31 %).
D’autres indices semblent aller dans le sens d’Azul. Ainsi, les entreprises accéléreraient la migration vers les versions LTS les plus récentes. L’OpenJDK 25 n’avait été lancé que quelques semaines avant la réalisation de l’étude que 18 % des sondés disaient l’avoir installé. L’éditeur explique que cette accélération par la fin du support gratuit du JDK 21, prévu en septembre 2026.
« Cette accélération s’est déjà produite par le passé. Oracle a mis fin au support gratuit du JDK 17 en septembre 2023 et, en l’espace d’un an, 30 % des entreprises avaient déjà migré vers le JDK 21. Mais la courbe d’adoption pour le JDK 25 semble prête à aller encore plus vite », écrivent les auteurs de l’étude.
Le JDK 21 reste tout de même la version la plus populaire (37 %), devant le JDK 17 (26 %) et le JDK 11 (24 %). Il faut plutôt voir le déclin des versions 6, 7, et 8, arrivée en fin de vie et une adaptation progressive au rythme de publication de l’OpenJDK imposée par Oracle. Azul ne fait pas le lien avec le recours au cloud public, qui, normalement, simplifie ces changements. En revanche, l’adoption des plateformes Java haute Performance (à l’aide des outils CRaC, GraalVM, Quarkus, Helidon, Azul PlatformPrime, etc.) par 41 % des sondés visent à la fois optimiser l’exécution des applications et à baisser les coûts du cloud. L’OpenJDK 25 vient lui aussi avec des améliorations de performances.
Java et l’IA : une vision partielle et partiale
En même temps, la majorité des sondés disent employer ChatGPT (58 %) et Gemini (51 %) suivis d’Amazon Q (32 %) et de Claude.ai (31 %) pour mettre à jour Java, changer de version, recherche des vulnérabilités et d’autres tâches d’administration.
Malgré tout, le code mort ou inutilisé (63 %) et la gestion hebdomadaire des CVE (56 %, contre 41 % en 2024) demeurent des problèmes de taille. 30 % des responsables interrogés formulent que leurs équipes perdent plus de la moitié de leur temps à gérer les faux positifs remontés depuis les JVM.
Étrangement, Azul ne s’arrête pas sur les potentiels impacts d’adoption de la GenAI sur l’accélération des migrations et sur la recrudescence des vulnérabilités.
Tous les développeurs utiliseraient plus ou moins fréquemment des assistants IA (en premier lieu GPT-Codex, Gemini Code Assist, Visual Studio Intellicode, GitHub Copilot, CodeWhisperer et Claude) et 30 % d’entre eux déclarent que l’entièreté du code qu’ils supervisent est générée par un LLM. Il semble déjà bien loin le temps où la méfiance régnait dans le discours des développeurs interrogés par StackOverFlow.
D’ailleurs, au sein de l’écosystème Azul, Java (62 %) et JavaScript (57 %) détrôneraient Python (45 %) au moment de composer des fonctionnalités d’IA. Dans son Octoverse 2025, GitHub rapporte la montée en puissance de TypeScript, devant Python et JavaScript. Java est bon quatrième. Pour autant, Azul dit voir un regain de confiance dans le langage qu’il porte au moment de passer l’IA en production. En juin 2025, New Relic remarquait que 45 % des applications d’IA surveillés avec sa plateforme étaient écrites en Python, devant Node.js (JavaScript). Néanmoins, il observait une croissance de 34 % des services Java.
