La France plait aux géants de l’IT

Intel, Cisco, Huawei, Facebook implantent des centres de recherche dans l’hexagone. Qualité des formations et crédit d’impôt recherche font partie des facteurs d’attractivité.

Début juin, Facebook faisait la une de l’actualité française , non pas en raison de sa politique de protection des données, mais pour annoncer l'ouverture à Paris d'un centre de recherche consacré à l'intelligence artificielle et qui emploiera à terme de 25 à 30 chercheurs.

« Nous avons choisi Paris pour notre centre européen en raison de la concentration de talents en recherche informatique et en intelligence artificielle », a déclaré Yann LeCun, le directeur du nouveau centre également professeur à l’université de New York.

Quasiment le même jour, Intel inaugurait dans l’Essonne son premier labo de recherche européen dédié au Big Data.

Cet intérêt des deux géants de l’IT pour la France n’est pas isolé. Il y a quelques mois, SAP et Cisco avaient fait sensation en déclarant vouloir investir 100 millions d’euros/dollars dans des start-up hexagonales. Sans compter Huawei, qui a mis en place un laboratoire en région parisienne, ou encore HP qui, au siècle dernier, avait fait de Grenoble l’un de ses principaux centres de production européens.

Mais pourquoi ces entreprises technologies courtisées par tous les gouvernements mondiaux souhaitent-elles investir en France ? « Quand John Chambers, (ex PDG de Cisco désormais Executive Chairman, ndlr) est venu en France en 2014, il a vu que nous avions beaucoup d’atouts. Une économie qui allait redécoller, des start-ups très prometteuses, des incubateurs… Il y avait de nombreux faisceaux positifs », explique Hélène Sancerre, directrice de la conduite du changement chez Cisco. Lorsqu’il est revenu en France, 120 jours plus tard, John Chambers a donc signé une convention de partenariat avec le gouvernement qui prévoit outre l’investissement de 100 millions  de dollars, le financement de cinq chaires de recherche et un accompagnement pour former sur les trois prochaines années 200 000 personnes sur les secteurs des réseaux et de l’Internet des objets.

35 000 emplois devraient être créés dans l’industrie du numérique en 2015

Si tous les acteurs mettent en avant l’excellence de la formation technologique française pour expliquer leur choix, d’autres raisons sont également invoquées.

Intel reconnaît par exemple que le crédit d’impôt recherche a été un facteur incitatif. De son côté Facebook a choisi Paris pour s’implanter en Europe car il y avait davantage de talents disponibles qu’à Londres où se sont déjà implantées beaucoup d’entreprises.

Certains observateurs pensent aussi que Facebook souhaite redorer son image en s’installant dans l’Hexagone.

Quoiqu’il en soit, ce sont des bonnes nouvelles pour la filière. Si l’on en croit les chiffres de Syntec Numérique, 35 000 emplois devraient être créés dans l’industrie du numérique en 2015.

Reste maintenant à mettre en parallèle les formations qui vont accompagner ce besoin de compétences puisqu’aujourd’hui l’offre d’emplois, notamment dans des métiers récents, -architecte réseau, data scientist - est nettement supérieure à la demande.

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