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Qlik : un rachat pour se donner du temps et adapter son modèle au Cloud

En se revendant au fonds d’investissement Thoma Bravo, Qlik se donne le temps de s’adapter.

La semaine dernière, l’éditeur Qlik, spécialisé dans la visualisation des données et la BI, a décidé à son tour de sortir des marchés boursiers et a fait le choix de la revente au fonds d’investissement Thoma Bravo pour presque 3 milliards de dollars.

Ce fonds est loin d’être un inconnu du secteur. Il a acquis un portefeuille de sociétés IT conséquent, avec Landesk, Blue Coat, Riverbed, ou encore Compuware. Et désormais Qlik. Ce dernier, ex-QlikTech, est un acteur bien connu du monde de la BI et de l’analytique. La société adosse ses outils à une technologie d’associativité, qui permet de découvrir et d’établir automatiquement les relations entre les données. Cette technologie réalise ces traitements en mémoire. En 2015, Qlik a publié un chiffre d’affaires de presque 613 millions de dollars en hausse de 10% sur un an.

Reste donc à comprendre les raisons de ce rachat.

Ce rachat peut voir plusieurs grilles de lecture. La première est d’avantage d’ordre financier : si le titre Qlik avait fortement baissé ces derniers mois, au même titre  que d’autres éditeurs de logiciel, la société avait quant à elle été mis sous pression par le fonds d’investissement vautour Elliott Management en mars dernier. En s’accaparant presque 9% du capital de la société, le fonds avait alors poussé Qlik à envisager une revente, comme le précisent nos confrères de Reuters.

La deuxième raison est que finalement, en s’extrayant des marchés boursiers et de la pression associée, Qlik se donne le temps de se porter davantage dans le Cloud. Un mode de consommation devenue indissociable du monde de la BI et de l’analytique en mode libre-service.

Ce que soutient Hervé Uzan, directeur général France et Europe du Sud de Keyrus (un partenaire clé de l’éditeur en France et dans le monde). « Je pense que Qlik avait une certaine volonté de sortir de la bourse pour disposer de davantage de sérénité et changer de modèle économique », résume-t-il. Comprendre installer une feuille de route Cloud sans les échéances trimestrielles de la bourse. « La société cotée en bourse, ce changement ne pouvait pas se passer dans la sérénité ». D’ailleurs, « nous pensons que la transaction correspond au mieux aux intérêts des actionnaires de Qlik et apporte à la société de la flexibilité supplémentaire pour exécuter notre plan stratégique » a expliqué Lars Björk, le CEO de Qlik, cité dans un communiqué.

Qlik est certes déjà présent dans le Cloud avec l’ensemble de sa gamme Qlik Sense notamment. Mais il s’agit là de changer de modèle économique.

D’ici à la fin de l’année, Qlik préparerait d’ailleurs une offre Cloud pour les PME, et d’ici à 2017, une offre pour les grandes entreprises devrait faire son apparition, croit savoir Hervé Uzan.

Il faut aussi ajouter que sur ce marché de l’analytique de 17 milliards de dollars, le Cloud est devenu la grande tendance, où tous les éditeurs du secteur s’engouffrent. Tableau Software ou Birst en ont fait leur cheval de bataille…atténuant certainement dans la foulée l’empreinte de Qlik.

Avec le Cloud, ajoute Hervé Uzan, « Qlik a également la possibilité d’améliorer sa rentabilité ». Une profitabilité que la société a du mal à atteindre pour une entreprise de cette taille et surtout avec son historique. La société est sur le marché depuis…1993.

 

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