Cet article fait partie de notre guide: L’essentiel sur l’Oracle OpenWorld 2016

Oracle OpenWorld 2016 : le IaaS et AWS en ligne de mire pour 2017

Pour l'ouverture de la 20ème édition de son évènement Oracle OpenWorld à San Francisco, Larry Ellison - fondateur et à présent CTO d'Oracle - a, comme le veut la tradition, exposé la stratégie du groupe pour l'année à venir. Une stratégie tout feu tout Cloud.

"Nous avons vendu plus de SaaS et de PaaS que n'importe qui dans le monde l'année dernière", se félicite d'entrée l'ex-PDG d'Oracle à l'Open World 2016 qui se tient actuellement à San Francisco.

Mais si les années 2015 et 2016 avaient été celles du SaaS et du PaaS pour Oracle, 2017 sera celle du IaaS.

Tout feu tout cloud

Première saillie du sémillant Larry Ellison - qui aime de plus en plus jouer sur son âge ("ils ont eu peur que j'arrive pas à monter les escaliers") - ses concurrents ne sont définitivement plus SAP ou IBM, des entreprises d'une autre époque qui n'auraient pas réussi leurs transitions, mais Workday et Amazon. Et bien sûr Salesforce.com même si ce dernier, pourtant tête de turcs du CTP ces dernières années, n'a presque pas été cité.

Des compétiteurs 100% Cloud auxquels s'ajoute un Microsoft pour lequel Larry Ellison semble avoir une estime particulière. "Workday peut être une option... mais ils ne sont pas capables de développer une plateforme entière de A à Z, cela demande trop de ressources et des milliers de personnes à temps plein. C'est une chose que seules des sociétés comme Oracle ou Microsoft peuvent faire", lâche-t-il.

"Ce changement dans nos concurrents est à couper le souffle", résume-t-il. Avant de lancer son premier axe stratégique, devant un fond rouge feu où l'on peut lire en lettre capitale " Oracle Cloud 2016".

"Nous allons investir massivement et de manière agressive dans le IaaS cette année".

L'infrastructure à la demande est devenue une commodité. Autrement dit, les prix sont (normalement) bas. "Le coût est important sur ce marché", analyse justement Larry Ellison. Le but sera donc pour Oracle, dans les mois qui viennent, de confirmer qu'il peut être "plus performants et 20% moins cher qu'AWS". Voila qui est dit. Le chiffre sera à vérifier (encore que la complexité de la facturation du IaaS puisse rendre difficile les comparaisons).

Cette attaque contre AWS est - comme pour Microsoft teintée d'une certaine clémence. "Amazon a créé le marché". Le vieux lion se serait-il adouci ? Que ses fans se rassurent, non. "Avec la deuxième génération de notre IaaS, le leadership d'AWS est à présent terminé".

Ouverture

A l'heure d'aborder le PaaS, Larry Ellison a presque pris des airs de Satya Natella. "Il n'y a pas que Java", lance-t-il comme après avoir accepté une évidence. Le PaaS d'Oracle s'ouvre donc aussi à Ruby, Node.js ou encore Docker ou Xen VM. On n'en est pas encore à parler de .NET mais cette ouverture n'est pas véritablement la chanson habituelle de l'éditeur, qui pourrait bien ici amorcer un virage à la Microsoft.

Dans le SaaS, en revanche la vision d'Oracle reste la même. Elle est toujours "complète et intégrée" et s'oppose au Best of Breed.

Larry Ellison confirme que l'éditeur continuera par ailleurs à investir en continue dans de nouveaux verticaux et de nouvelles fonctionnalités (ce qui est l'essence même de l'engagement d'un éditeur SaaS).

Une nécessité impérieuse face à la progression continue d'un Workday - que le CTO connait trop bien pour le mépriser. Le fondateur de l'ERP/HCM 100% Cloud n'est en effet personne d'autre que le créateur de... PeopleSoft.

Cloud@Customer et Oracle Database 12c Release 2

Deux annonces viennent appuyer cette stratégie désormais entièrement tournée vers le Cloud sous toutes ses formes (public, privé, hybride).

La première, dans le IaaS, est une appliance baptisée Cloud@Customer.

En résumé, Oracle propose d'installer dans le datacenter d'un client les mêmes machines que celles du Cloud d'Oracle "mais derrière votre pare-feu, avec la vitesse de votre réseau local". L'appliance n'est pas achetée mais disponible sur une base d'abonnement et managée par Oracle.

Elle sera disponible en "3 parfums" : Infrastructure (pour installer les données ou les applications que l'entreprise souhaite), Big Data  et Exadata - au courant des prochains mois de 2016.

Autre marqueur Cloud du temps, la sortie d'Oracle Database 12c Release 2. Une des principales nouveautés de cette version est de mettre le sharding au niveau de la base et non plus au niveau de l'application.

Mais le plus notable est qu'elle est d'abord disponible dans le Cloud d'Oracle.

Ce qui a d'ailleurs été l'occasion du lancement d'un troisième service maison de DBaaS, baptisé Exadata Express Cloud Services -  dédié aux développeurs et aux PME.

Ce service vient s'ajouter aux services de SGBD Cloud "Enterprise" et "Exadata".

2 milliards de dollars de revenus Cloud

"Nous sommes l'entreprise Cloud qui croît le plus rapidement", conclue Larry Ellison. Une devise martelée et affichée sur tous les murs de San Francisco. Une fanfaronnade ?

Un peu, certes, on ne refait pas Larry Ellison.

Mais avec un CA Cloud prévu pour 2016 de 2 milliards de dollars, dont 1 milliard sur le dernier trimestre, la fanfaronnade n'en est peut-être pas tant une que cela.

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