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« L’extinction du PSTN est une opportunité pour l'UC », Bernard Etchenagucia, DG de Mitel

Dans un entretien avec LeMagiT, le patron de Mitel fait le point sur les activités du spécialiste des communications IP en France, sur les annonces de Mitel.Next Paris et sur les opportunités qu'offrent la montée du cloud et l'arrêt programmé du réseau de téléphonie historique d'Orange.

Mitel est aujourd'hui l’un des leaders du marché français des communications d'entreprise depuis son rachat d’Aastra (ex-Matra Nortel Communications), le concurrent historique en France d’Alcatel-Lucent. À la fin du mois d’octobre 2016, l'équipementier télécom canadien a tenu sa conférence mondiale Mitel Next à Paris. Dans le mois qui a suivi, LeMagIT s’est entretenu avec Bernard Etchenagucia, l'ex-patron d'Aastra, aujourd'hui directeur général de Mitel France. Celui-ci fait le point avec nous sur les activités du spécialiste des communications IP dans l'hexagone, revient sur les principales annonces effectuées lors de Mitel Next et sur les opportunités qui s'offrent à Mitel avec la montée du cloud et l'arrêt programmé du réseau de téléphonie historique d'Orange.

LeMagIT : Pouvez-vous nous dire où en est l’activité de Mitel en France et comment Mitel voit le marché des communications d’entreprises dans l’hexagone ?

Bernard Etchenagucia : Notre activité est aujourd’hui centrée sur les communications unifiées avec une grosse base installée, héritée notamment de notre rachat d’Aastra. Nous sommes l’un des acteurs clés du marché avec 30 % de parts de marché. L’entreprise a un triple positionnement, sur les communications d’entreprise, les services cloud et la mobilité. Et ces trois domaines convergent. Les activités de téléphonie IP et de collaboration prennent un virage cloud. Les terminaux mobiles sont de plus en plus utilisés pour accéder aux fonctions de téléphonie et de collaboration en entreprise.

LeMagIT : De ce point de vue, vous faites un chemin similaire à celui de Cisco, qui a sans doute pris un peu plus tôt que vous le virage cloud. Comment vous comparez-vous à eux aujourd’hui ?

Bernard Etchenagucia : Sur le plan européen, Cisco ne contrôle qu’une dizaine de pour cent de parts de marché. En France, ils sont plutôt en recul. Cisco est en fait très présent sur le segment grand comptes, mais largement absent des autres segments du marché.

Bernard Etchenagucia, directeur général
de Mitel France

LeMagIT : On parle beaucoup de communications IP en entreprises, mais la réalité est que le marché français a été plutôt lent à basculer vers l’IP et qu’il y a encore beaucoup de systèmes hybrides et de systèmes propriétaires dans les entreprises. Où en est-on aujourd’hui de l’adoption des technologies de communications IP en France ? De la même façon, où en est-on de l’adoption des services cloud et des services opérés de type centrex ?

Bernard Etchenagucia : On a franchi la barre des 57 % d’IP dans les entreprises françaises largement du fait des grands comptes. Mais ce que l’on voit est que la progression ralentit. L’IP a notamment du mal à pénétrer dans les PME qui n’en perçoivent pas forcément les bénéfices.

Au niveau mondial, les solutions de communication dans le cloud ont franchi la barre des 15 % d’adoption, mais il y a de gros écarts d’une région à l’autre. Dans les pays nordiques par exemple, la pénétration de ces solutions est importante. En France, on est aujourd’hui plutôt plus proche des 10 % pour les systèmes opérés.

LeMagIT : Quelles sont les principales évolutions que vous avez constatées dans les usages de vos solutions au cours des dernières années ?

Bernard Etchenagucia : Autrefois, les entreprises avaient une approche très technique de la téléphonie. Elles se concentraient sur le niveau de redondance des call managers, sur les fonctions disponibles… Aujourd’hui, elles raisonnent usages, intégration aux métiers. Les fonctions de communications sont beaucoup plus faciles à consommer et parfois directement intégrées dans les logiciels métiers.

Il est indéniable que le développement de la téléphonie mobile a participé à cette simplification. D’ailleurs de plus en plus, les smartphones font partie de notre solution.

LeMagIT : En France, Mitel doit gérer des bases installées disparates équipées avec ses propres solutions et les anciennes solutions d’Aastra ou de Matra-Nortel. Comment gérez-vous l’évolution de cet historique vers vos solutions actuelles ?

Bernard Etchenagucia : Notre parti pris est de gérer la transition de nos bases installées avec une stratégie d’évolution sans rupture. Nous avons choisi de faire converger progressivement nos produits en commençant par les terminaux. Les logiciels de collaboration ont convergé et les solutions de mobilité aussi. Nous pouvons ainsi mettre à disposition des utilisateurs nos fonctions les plus récentes tout en laissant l’entreprise libre de continuer à faire évoluer son système d’origine ou de le remplacer par un plus récent.

LeMagIT : Orange a annoncé l’arrêt prochain des services de téléphonies traditionnels sur son réseau. Il ne sera plus possible d’acquérir des services PSTN à compter de 2018 et ces services cesseront de fonctionner à partir de 2021. N’est-ce pas l’occasion pour les d’entreprises qui ont jusqu’alors résisté à l’IP de réfléchir à une évolution de leurs systèmes de communication ? 

Bernard Etchenagucia : L’extinction du PSTN ouvre, en effet, la possibilité pour nombre d’entreprises de renouveler des systèmes très anciens, qui n’utilise pas encore des accès en trunk SIP. C’est aussi une opportunité pour les acteurs du secteur de promouvoir les mérites des solutions de communications unifiées. L’opportunité existe notamment de moderniser le parc des PME qui est aujourd’hui vieillissant.

Lors de Mitel Next, Mitel a beaucoup parlé de services cloud. Mais le cloud veut dire beaucoup de choses différentes. Pouvez-vous nous décrypter ce que sont les services annoncés lors de votre conférence ?

Bernard Etchenagucia : Cela fait longtemps que Mitel investit sur les services cloud. La vague est partie des États-Unis. Nous avons investi dans des datacenters un peu partout en Europe y compris en France. Nous y déployons nos briques technologiques qui permettent à nos partenaires, revendeurs, intégrateurs, fournisseurs de services, etc., de bâtir leurs offres. Nous opérons aussi notre propre cloud en marque blanche pour des tiers.

L’offre World Cloud présentée à Mitel Next est l’aboutissement de ces efforts. Nous avons déployé des solutions cloud à travers le monde dans 14 Datacenters avec des accès dans plus de 40 pays. Cela nous permet d’offrir aux clients multinationaux un service de téléphonie en mode cloud avec des services de collaboration homogènes et avancés. Cela permet aussi de simplifier l’achat de nos solutions.

Avec une seule démarche d’abonnement, on peut équiper ses salariés en service de communications unifiées et disposer d’une enveloppe de communications internationales intégrées dans l’offre de même que les appels nationaux. Ce service est déjà disponible pour nos clients américains et il sera commercialisé au second trimestre 2017 en Europe.

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1 commentaire

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Mais la plupart des PME françaises sont-elles prêtes à la fin du PSTN ??? J'en doute. J'en vois encore qui rechignent à l'idée de ne plus pouvoir utiliser leur fax ou leur TPE sur le réseau RTC. Et ils ne veulent surtout pas entendre parler de Fax sur IP ou de Fax to Mail...
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