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C3DNA mise sur l’interopérabilité des Clouds pour lutter contre les défaillances

C3DNA veut isoler l’application de l’infrastructure pour la rendre plus résistante et plus mobile d’un cloud à l’autre. La technologie de la société permet de faire dialoguer infrastructure et workload pour ajuster les configurations.

Comme une première forme de la très attendue interopérabilité multi-Cloud. C’est ainsi que nous pourrions résumer les travaux engagés par la société californienne C3DNA. Cette société, localisée à Los Altos, s’est fixée pour mission de créer une couche d’abstraction intelligente entre l’infrastructure Cloud sous-jacente et l’application elle-même afin de rendre cette dernière plus mobile, d’une plateforme à l’autre, et surtout, plus réactive aux fluctuations de l’infrastructure. Un gage en soi lorsqu’on connait l’ampleur que peut aujourd’hui prendre la moindre panne de services Cloud.

Outre le fait que cette société compte parmi ses investisseurs Kumar Malavalli, le fondateur de Brocade, également en charge de la stratégie, C3DNA compte bien s’ancrer sur ce marché du Cloud où aujourd’hui « il existe des ilots de technologies, mais pas de technologies qui cimentent le tout », explique Rao MIkkileneni, co-fondateur et CEO de la société. C3DNA entend injecter du cognitif dans cette équation (le premier C de C3, les 2 autres étant computing et communications) en isolant l’applicatif du reste. Et ce, sans modifier l’application, quelque que soit la plateforme cible et les composants cibles.

Cette approche, poursuit Rao MIkkileneni, s’explique notamment par le fait qu’actuellement, « nous sommes trop centrés sur l’infrastructure » et que, surtout, celle-ci est bâtie sur des composants fragiles. Avec son approche, la société compte proposer une réponse dans la mise en place de projets Cloud, dans la migration de workloads vers ce même Cloud et dans la résilience globale de ces mêmes workloads.

Pour cela, l’approche de C3DNA consiste à nouer un dialogue permanent, en temps réel, entre les deux couches, l’application et l’infrastructure : Cognitive Application Management Layer et Cognitive Resource Management, respectivement.

«  L'application identifie ce qui ne va pas, et réagit d'une façon proactive. On ne prédit certes pas une panne ou un dysfonctionnement, mais on peut anticiper notre méthode de réaction. Il est question de la sécurité et de la disponibilité des workloads », résume Surendra Keshan, en charge de l’ingénierie et de la technologie. Ces parades anticipées peuvent être gérées par le biais de templates qui définissent les politiques de migration ou d’ajustement des workloads.

Selon son CEO, C3DNA travaille à intégrer le placement intelligent (« Smart placement ») de workloads à sa plateforme. Cela consisterait par exemple à migrer des workloads vers une infrastructure plus adaptée en fonction du contexte présent – moins coûteuse à telle heure, plus sécurisée, des temps de latence moindre pour un traitement temporaire, moins sujette aux pannes dans telle ou  telle région. Si cela fluidifie la migration inter et intra-cloud, la plateforme mise aussi sur l’optimisation de la sécurité et de la résilience pour pousser son offre.

Prendre en compte le contexte

La plateforme de C3DNA prend déjà en compte le contexte autour de la workload. « Des agents sont placés sur les infrastructures pour l’écouter », signale encore Rao MIkkileneni. Ce qui a pour objectif de rendre dynamique la configuration.

Dans une démonstration, nous avons pu constater que la plateforme de C3DNA a permis de découvrir les workloads, de créer une blueprint en sélectionnant les plateformes cibles (ou les règles à appliquer) et de déplacer une workload sur AWS, une autre sur Google et encore une autre sur AWS, et ce dans des datacenters géographiquement distants. Autre aspect : les technologies ciblées étaient également différentes (Ubuntu, Red Hat, ...). En ce qui concerne  les données, « on les migre dans un réplica et on les conserve de façon persistante », ajoute Surendra Keshan.

Un bureau ouvert en France

A ce jour, C3DNA supporte une dizaine de plateformes Cloud. La société a ouvert un bureau à Paris et a recruté deux cadres du secteur pour soutenir l’activité, Kamel Kerbib, au poste de directeur opérationnel EMEA, et  Bernard Salvan, au poste de directeur technique EMEA. La France servira de base pour attaquer le marché avant d’ouvrir des bureaux au Royaume-Uni mi-2017 et en Allemagne courant 2018. 

C3DNA cible logiquement les fournisseurs de Cloud ainsi que les segments des telcos ou des grandes entreprises. Des discussions sont d’ailleurs en cours chez Orange, Vodafone et NTT. D’autres avancent chez IBM, Oracle ou HP autour d’accords OEM.

 

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