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Renault reprend 400 salariés d’Intel pour tenter de maîtriser son avenir dans l’embarqué

Le constructeur automobile a confirmé aujourd’hui son intention de reprendre une partie des salariés d’Intel situés sur les sites de Sophia Antipolis et Toulouse afin de renforcer ses équipes de développement de systèmes embarqués. 400 employés d’Intel devraient rejoindre Renault.

Renault a officialisé aujourd’hui son intention de reprendre les activités de R&D françaises d’Intel consacrées aux logiciels embarqués et à la connectivité, afin, dit la firme, d’accélérer son développement dans le domaine des véhicules connectés et autonomes. L’objectif pour le constructeur est vraisemblablement de s’attacher les compétences de développeurs confirmés pour mieux contrôler son destin en matière de plates-formes embarquées et de véhicules autonomes.

Plus de 400 salariés français d’Intel des sites de Toulouse et Sophia Antipolis, menacés par un plan social de grande ampleur, devraient ainsi rejoindre le groupe automobile dirigé par Carlos Ghosn.

Avec cette acquisition, « le Groupe Renault disposera de l’ensemble des compétences nécessaires pour renforcer le développement de la nouvelle génération de logiciels embarqués dans ses véhicules, notamment capables d’offrir des services personnalisés, de se mettre à jour à distance, en toute autonomie et en temps réel, sans intervention d’un tiers » explique le constructeur automobile dans un communiqué.

L'accord Intel/Renault vu par François Cointe

Selon Renault, certaines des équipes d’Intel disposent déjà de compétences appliquées au secteur de l’industrie automobile, même si ces compétences ne portent pas forcément sur le véhicule connecté ou sur le véhicule autonome, mais plutôt sur le Multimédia et la connectivité.

Un accord qui devrait limiter la casse sociale sur les sites Intel de Sophia Antipolis et Toulouse

La reprise de ces équipes devrait contribuer à minimiser l’impact du plan social massif lancé par Intel en France, qui affecte près de 750 salariés sur les moins de 950 que compte le fondeur dans l’hexagone. La plupart de ces salariés travaillent au sein des équipes mobiles du fondeur, une activité que le groupe a décidé de passer par pertes et profits. Ce plan social devrait se traduire par la fermeture des sites Intel de Sophia Antipolis, Toulouse, Montpellier et Nantes. Il s’inscrit plus généralement dans le cadre du vaste plan de suppression de 12 000 emplois annoncé par Intel en avril 2016, suite à la décision d’abandonner ses activités dans les processeurs pour mobiles.

Intel s’est implanté à Sophia Antipolis en 2011 avec la reprise de certaines activités mobiles d’Infineon (modem en particulier) et le site s’est ensuite beaucoup développé, notamment après la reprise par le fondeur de nombreux anciens salariés de Texas Instruments, après la fermeture du site de Villeneuve-Loubet du constructeur US. À Sophia, Intel employait près de 400 salariés. Le site de la technopole azuréenne hébergeait notamment un laboratoire de la division Intel Mobile Communications travaillant sur les mémoires embarquées, les technologies audio et les modems sans fil. Sophia Antipolis était aussi la base opérationnelle d’une équipe chargée de valider la conformité des produits Wi-FI et WiMax d’Intel aux réglementations internationales.

À Toulouse, Intel avait repris une partie des activités embarquées de FreeScale pour les intégrer à sa division Mobile Communication Group. Spécialisées dans le logiciel embarqué, les équipes de Toulouse (environ 280 salariés) travaillaient notamment sur la défunte plate-forme de téléphonie mobile d’Intel et sur des architectures de référence pour tablettes et téléphones mobiles à base de puces Atom. Comme à Sophia, une partie des équipes travaillaient aussi sur les technologies de modem sans-fil et sur les technologies audio.

 

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