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ERP : riche de ses nouveaux actionnaires, Cegid croque le français Qualiac

La volonté d’expansion de Cegid se concrétise aujourd’hui avec le rachat d’un acteur ERP, à la fois renommé et complémentaire. L’opération est le premier rachat majeur de l’éditeur depuis l’ouverture de son capital aux fonds Silver Lake et AltaOne.

Cegid a racheté ce jeudi l’éditeur français d’ERP Qualiac. Issu des applications comptables et bien implanté dans le secteur de la distribution, Cegid s’est peu à peu diversifié dans le SIRH, puis dans le Cloud. En rachetant un « pure-player » généraliste de l’ERP, la société fondée par le médiatique Jean-Michel Aulas continue de renforcer ses positions au-delà de ses marchés d’origine et se dote d’un véritable fer de lance des progiciels de gestion intégrée.

 « L’ajout du portefeuille des solutions de Qualiac permettra de satisfaire les besoins des clients Grandes Entreprises qui souhaitent étendre leur partenariat avec Cegid au-delà de la Paie, du Talent Management et de la Fiscalité », explicite Cegid.

Vers une disparition de la marque « Qualiac »

Cegid a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 307 millions d’euros, en forte progression par rapport à 2016 (+9%), dont un peu moins de 10% à l’international. Il est le 11ème plus gros éditeur B2B opérant en France devant Adobe, Infor ou Salesforce mais derrière ses concurrent direct SAGE (315 millions d’euros en France) et ADP dans le HCM (320 millions en France).

Fondé à la même époque que Cegid au tournant des années 80, Qualiac est d’une taille plus modeste (19 millions en 2016), mais il dispose d’une offre ERP assez complète qui répond à de nombreux verticaux (industrie agroalimentaire, chimie, Telco, BTP, banque & finance, transport, etc.). Il possède également une offre secteur publique bien implantée (GBCP). En revanche, la solution ne vise pas véritablement le retail, les comptables, ou le textile –secteurs où Cegid est bien positionné.

La cible semble donc bien trouvée pour acheteur qui n’aura pas (ou peu) de recoupements à gérer avec son portefeuille actuel. L’opération semble également bénéfique pour Qualiac qui bénéficiera de la force commerciale de Cegid.

Dans un premier temps, Qualiac continuera son activité. Mais, prévient Cegid, « une nouvelle étape de convergence sera réalisée dans un second temps en regroupant sous une seule et même marque « Cegid » l’ensemble des solutions ERP ».

Une stratégie de croissance externe nourrie par des fonds anglo-saxons

Longtemps basé à Lyon, Cegid a envisagé récemment de devenir Hollandais. Avant d'être abandonné, le déménagement avait été imaginé par les nouveaux actionnaires principaux de l’éditeur – les fonds anglo-saxons Silver Lake Partners et AltaOne.

L’ouverture du capital était nécessaire à Jean-Michel Aulas pour répondre à la triple mutation de Cegid : diversification de sa gamme (vers le SIRH principalement) qui nécessite des rachats et/ou des développements, transition vers le Cloud (modèle SaaS) qui nécessite des infrastructures et de recruter de nouvelles compétences, et ouverture à l’international.

Ces trois mouvements sont très gourmands en investissements. L’apport de Silver Lake Partners et de AltaOne visait à réaliser concrètement ces défis stratégiques. Le rachat de Qualiac– avec ses actifs complémentaires et sa taille raisonnable – en est la dernière manifestation tangible en date.

Le montant de la transaction reste confidentiel.

Qualiac, meilleur rachat français possible dans l’ERP pour Cegid (avec Divalto)

Parmi les éditeurs français d’ERP de tailles similaires à Qualiac, on retrouve des solutions spécialisées comme GCE (Retail), Vif et Infologic (agro-alimentaire), TopSolid (métiers de la mécanique) – ou un plus petites, avec Everwin (prestataires de services) ou ID System (vin). Mais ces offres, trop pointues – ou redondantes avec Cegid pour GCE – étaient moins pertinentes que Qualiac pour la nouvelle stratégie d’expansion de l’éditeur.

Deux acteurs plus généralistes - Proginov (30 millions € de CA) et l’alsacien Divalto (21 millions €) -étaient des cibles plus pertinentes. Mais le premier avait plus de redondances dans les verticaux que Qualiac (négoce, PoS, retail). Quant au deuxième, il n’était visiblement pas à vendre.

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