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Rétropédalage de Munich sur LiMux : le début d'une explication

A l’occasion du Paris Open Source Summit, un membre de l’équipe de développement de la ville de Munich est venu (un peu) expliquer, en son nom propre, la situation qui a conduit la mairie à débrancher LiMux pour revenir à Windows.

Parfois, le moteur Open Source a des ratés. Si certaines administrations et municipalités européennes se sont certes bâties une stratégie Open Source pour y reposer leurs systèmes et plateformes internes, ou leur portail Open Data, d’autres décident purement de l’effacer d’un revers de la main. C’est le cas de la mairie de Munich. Oui Munich. Connu pour être l’une des icônes des déploiements de Linux sur le poste de travail au sein des administrations en Europe, ce projet, initialement connu sous le nom de code LiMux, aura finalement conduit à… un retour en arrière. Courant novembre, le conseil municipal, après maints reports de sa décision, a fait le choix de passer tout son parc de postes de travail à Windows 10 d’ici à 2022. La ville de Munich entend consacrer plus de 50 millions d’euros dans ce projet.

Si Windows 10 sera « proposé » dès 2020, côté bureautique, le déploiement de LibreOffice n’est pour l’heure que stoppé jusqu’en 2018. Mais, 6 000 licences de Microsoft Office ont déjà été achetées pour évaluation, lance l’un des membres de l’équipe en charge de la maintenance de Linux à la mairie, - qui avait d’ailleurs été recruté en février 2005 pour déployer LiMux. Sans se faire trop d’illusions, d’ailleurs. Celui-ci intervenait en son nom propre lors du Paris Open Source Summit qui se tient actuellement à Paris.

Un renoncement coûteux qui semble surtout s’appuyer sur une décision politique, résume-t-il, et qu’il a encore du mal à justifier. Pour lui, le projet LiMux a de toute façon été finalisé en 2014,  avec la migration de 80% des postes  - soit 15 000 PC ; ce qui était en fait l’objectif premier. Il ne considère donc pas le projet LiMux « comme un échec ». Depuis, et sans financement supplémentaire depuis 2014,  15 personnes travaillaient en interne pour assurer développement ad hoc et maintenance. Cela a permis de poursuivre le passage à Linux d’autres postes, portant à plus de 18 500 le nombre de PC équipés de cette distribution Linux maison (bâtie rappelons-le sur Ubuntu et KDE). Mais aujourd’hui, 10 membres de cette équipe sont déjà partis, pour rechercher du travail, « alors que la maintenance doit toujours être assurée », explique-t-il.

Manque de coordination et de coopération

Alors que s’est-il passé ? Difficile d’y répondre, conçoit-il, même si la nomination d’un nouveau maire a probablement servi de catalyseur. Il évoque également un conseil municipal qui ne souhaite pas que la Ville devienne « un éditeur de logiciel » en soi.

Reste qu’il existe d’autres explications, davantage structurelles. Si LiMux a bien suivi sa trajectoire en matière de nombre de postes, d’autres postes d’agents n’ont jamais eu vocation à migrer sous Linux. Résultats, ce sont plus de 10 700 postes sur lesquels est installé un client Windows. Au final, « le conseil municipal a décidé de se séparer de l’un d’eux », juge-t-il.

Autre explication possible : le fait que la ville de Munich s’appuie sur une approche très décentralisée – pas moins de 18 départements. Ce qui ne facilite pas la collaboration entre ces départements et la coordination, résume-t-il au final. « Au niveau de la municipalité, la coopération a été très rare. » On imagine alors que le soutien l’a été également.

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